‹ La NormandieChapitre 44 sur 118 · livre (Irji'l citt · texte numérisé non relu

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21 î I.A NO H. M A. M) U:.

le (Iroil iiicoiileslalile du saiiil-siéi^e. L'Ei^lisc^ ciilliuli(iiie csl soiivoraiiic, elU; lie, elle délie, elle commande, elle est liln'e. Nul ne penl, s'il n'est prêtre, conférer aucun bénéfice de l'Éi^lise. Les rois sont les vassaux du pape, leurs royaumes sont les domaines du pape ; le vicaire de Dieu a pour ses vicaires, les arclievè(pies et lesévè(|ues. Ses ajtpuis sont partout, tous les chrétiens sont ses sujets; la dominai ion universell(% c'est le droit plus que légitime, c'est le droit divin de l'Eiilise. Ainsi parlait Grégoire VII, el, pour avoir voulu résister, l'empereur d'Allemagne lui-même fut oltligé de venir, les pieds nus, et couvert d'un méchant manteau de laine, solliciter le pardon du pontife irrité. Pendant trois jours, dans la cour du saint-père, l'empereur attendit le hou plaisir de celui (pii était désormais le souverain pontife, liohert Guiscard luimême, notre intrépide aventurier normand, maître du royaiune de Naples et du royaume de Sicile, âme de fer, indompté, indomptable, — un geste de Grégoire Vil le rejette tout au loin, tant le Normand a compris quelle est la puissance qui désormais est assise sur ce trône des Césars évanouis. Les autres souverains de l'Europe ainsi domptés, tour à tour, par la patience, par le génie, par la volonté d'un seul, reconnaissent, tout en frémissani, cette monarchie nniverselle fondée sur l'opposition des peuples à leurs maîtres, monarchie qui n'a pas d'autres soldais que des opinions, pas d'autre force que la croyance. Dans cette fondation de la puissance pontificale, se retrouve le plus rare et plus admirable élément de la société féodale. La papauté, maîtresse des opinions et des âmes, rapproclie entre elles les nations chrétiennes; tribunal suprême qui domine l'anarchie, il fait comparaître à sa barre les rois et les peuples. Désormais les peuples se sentent plus libres, protégés par le chef suprême delà croyance catholique; désormais aussi les rois les plus puissants, les esprits les plus impérieux, comprennent qu'ils ont un maître. Du haut du Vatican, devenu le Capitole chrétien, arrivent aux nations la confiance dans le présent, l'espérance dans l'avenir.

Nous n'avons pas la prétention de faire l'histoire de la féodalité, l'histoire de dix siècles. Seulement nous recueillons avec soin ce que nos maîtres en ont dit. Le plus savant et le plus ingénieux de tons ' a ramassé dans la savante poussière dont il s'entoure, plusieurs monuments de cette loi féodale qui était la loi universelle. Les droits du seigneur étaient nombreux. — Droit du moulin banal, et aussi du four banal. Chacun était forcé de moudre son grain dans le moulin du seigneur, de cuire son pain à son four. Au seigneur, appartenaient les amendes civiles prononcées par le juge ; il donnait les places au.r halles : il nom-

' Alexis Monlril. Tioilc (les iiialériaux iiunnisiril.s, lonir 1. py^c 220.

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