‹ La NormandieChapitre 45 sur 118 · I.A NOUMAMMI';. •2l"i · texte numérisé non relu

I.A NOUMAMMI';. •2l"i

mail aux offices de senjcitts; il avail droit d\'l(ni(j, ilntil ih; p('(ige, droil. de passe, droil do {piel ([iio lo nianaiit rachelait en ariioiil; droit de;K'/.çson et de ijhnidee. Parmi les maiiuserits d<inl je parle, il en est un (|ni olïre, « comme la vieille lace de la Normandie, divisée en ducliés, u sous-divisés en marijuisals, en comtés, en ])aronnies. » Dans ce niannscril, l'iiislorien a trouvé (lue la coutume féodale en Normandie offrait de nomlireuses variétés avec la féodalité de la France. Par exemjde, la Normandie (-(tnlenait, entre antres rotures, des rotures seifjneariales, des fiefs fermes, des fiefs sergeiiteries, des fiefs d'(nnesse. Ces variations sont à l'inlini. Par exemple, dans la vicomte d'Arqués, on trouve un arrentementàla charge annuelle d'une preslation: de froment, de seigle, d'avoine, de chapons, de poules, d'teufs, de harengs, d'oies, de brebis, d'agneaux, de coqs, de pigeons blancs ; notre manuscrit se termine par cette innocente malice : « Un fait qui prouve combien le « Normand a toujours été chicanier, ou, pour pailer avec plus de po- « litesse, combien il est observateur de la loi, sévère constitutionnel, « c'est que, tandis que dans les autres provinces les vicomtes, ofli- « ciers judiciaires et financiers étaient devenus dignilaires féodaux, ils « étaient restés dans cette province, ce que dans le commencement ils « étaient.» Et ainsi nous allons étudiant, cherchant, ramassant toujours toutes sortes de papiers, de comptes, de chartes, de preuves, jusqu'à ce que n^tus arivions aux comptes de 17i)2, procès-verbaux de séquestre de biens d'émigrés, de ventes de domaines nationaux, de spoliation de tout genre, par quoi s'est terminé cet antique et innnense monde féodal. Que si vous tenez à savoir quelques-uns des détails de celle souveraineté domestique du chef de famille -propriétaire, sur les habitants de ses domaines, et, en même temps, si vous voulez connaître les mœurs, les costumes, les habitudes de la société féodale, vous aurez à étudier avec soin : le château qui est l'habilation du chef; le village qui est l'habilalion des habitants du fief, non possesseurs. Le château, c'est véritablement la maison féodale. Avant l'invasion germaine, les grands propriétaires du sol habitaient de belles maisons de plaisance dans les plus riches campagnes, au bord des fleuves, sur le riant penchant des collines, dans les villes, dans les fermes, dans les joies fertiles de la campagne. Les vainqueurs et les vaincus vivaient de la vie de famille, sans trop s'inquiéter des menaces encore lointaines, de tant de peuples indignés de leur esclavage. Mais quand les barbares furent accourus, attirés par la vengeance et par le besoin de régner à leur tour, quand la société romaine se fut écroulée sons les efforts de ce torrent qui brisait

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k's peuples el les siècles, les vaincus d'hier élanl les maîlies et des niai- Ires sans rémission, c'en est fait de la vie libre el calme dt;s grands propriétaires d'anlrel'ois. Le laboureur se fail soldai, la tour devienl ciladelle, ces belles maisons de plaisance, séjour de l'oisivelé cbampêlrc el poétique, s'entourent de fossés el de palissades. Maintenant, une fois lra(iués par ces invasions soudaines, terribles, les hommes d'un même bourg, d'une même ville, d'une même terre, ne songent plus (ju'à se défendre, à n'être pas surpris, dans la nuit, par les sauvages (jui viennent de tous les côtés du NorJ. Cette fois on ne choisit plus, pour y vivre à l'ombre heureuse du hêtre de Tilyre ou du saule de Galalée, les beaux ombrages, les douces vallées, les frais paysages; le berger se fail soldat, la pique remplace la houlette, l'homme se bâtit un nid dans les lieux les plus escarpés; plus la montagne est diflicile, hérissée de broussailles el de précipices, plus l'emplacement est favorable. Le château était tour à tour la défense de l'opprimé el la retraite de l'oppresseur; une citadelle de braves soldats el un repaire de bandits. Quiconque possède, se fortilie pour conserver ; qui n'a rien, se fortifie pour être à l'abri du chtàliment. Les monastères ont leurs fossés, les églises ont leurs créneaux, les cathédrales leurs remparts; les nobles, les bourgeois, les villes, les villages, élèvent leurs forteresses. Au sommet du clocher un enfant veille : c'est la vigie de la guerre et des ennemis qui pourront venir. Même dans les villes, cl d'une rue à une autre rue, chacune se dresse sa petite citadelle. M. 3Ionleil nous a donné la description d'un château du quatorzième siècle, plus riant et plus frais que les châteaux des siècles précédents. Avec son habileté charmante, il nous a montré les hommes d'armes, au sommet des deux tours brillantes; la porte du château, flanquée de tourelles, csl couronnée d'un cor[)s de garde, et couverte de têtes de loups. A peine entré, vous rencontrez trois enceintes; vous avez trois fossés à traverser, trois ponts-levis à franchir. Ceci fait, vous pénétrez dans une tour carrée oii sont renfermés les citernes, les écuries, les poulaillers, les colombiers ; les caves, les souterrains, les prisons sont creusés au-dessous de la tour; à l'étage supérieur sont situés les logements, les magasins, les galeries. Les combles sont bordés de màchecoulis, de parapets, de chemins de ronde, de guérites. Au milieu de la cour s'élève le donjon qui renferme les archives et le trésor. Le trésor est entouré d'un fossé profond; le pont est toujours levé. — Les murailles ont plus de six pieds d'épaisseur, et cependant le château est revêtu, à demi -hauteur, d'un second mur en grosses pierres de taille. — A l'intérieur, ce ne sont que grandes chambres voûtées à croisées

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