‹ La NormandieChapitre 53 sur 118 · I. A NOIIM A M)l K · texte numérisé non relu

I. A NOIIM A M)l K

sirs, SCS Icsliiis, aviiil pris loul d un coiii», au sth'iciix, ccKo i;ramle (liguih; et'clésiastiiiuc (rarclit'vrquc de Caiiloi'lx'ry ! (îcltc l'ois, le gisnlillioiuinc t'tait ilcvciiii nu pnHro; il allail se iiuiiiilcsler (•(Mmiic le plus grand (lii;iiilaire de IKiilise calholitpie , apeshdiqiie el nuiiaiue, et aussi son [dus intrépide dérenseni'. Soudain, o surprise! ce frivole iienlilli(Uiiinc , ce courtisan souple et d('lit'" , llionnne sans frein dans les joies mondaines, le voilà (pii renonce à tontes les j)ompes et à toutes les vanités «le resi»rit et du luxe. An contraire, il se fait l'ami et le père des pauvres, «les memliants, des seris , de (juieonijue criait : ]\lerci et pitii-l An milieu de cette cour des [luissanls et des riches , dont il l'tait naiiui're le lu'illant favcni, le Itel esprit railleur, redouté et cliarmaiit, il ne mcuitre puisqu'un froiil visai;e, un reiiard attristé, le front sévère du vieux Ciat(ui (|ui serait devenu chrétien. L'investiture de cet homme devint tout de suite de l'opposition la plus violente. lV)ur coinnieiu'er, il renvoya au roi stupéfait les sceaux de ce royaume que le roi lui avait conliés ; il refusa de se charger de l'éducation de riiériliei* du tronc, «pie le roi voulait confier à ses soins ; il s'enferma dans son cloître, comme un cons[iirateur, et chaque jour, du fond de ce cloître austère et silencieux, s'éh;vaient des réclamations nouv«;lles, an nom de son Eglise. Si hien «juc cet homme, après av(ur été si fort aimé de son roi, lui devint odieux de toute la haine dune amitié trahie. Pris dans le pi<''ge «juil avait tendu lui-même aux richesses opulentes de l'Eglise d'Angleterre, le roi Henri H chercha sur-le-champ par «piels moyens il jtourrait sortir de ce piège dans letpiel il était tombé ; et «'omme le pape ne pouvait rien lui refuser, il obtint de Rome une bulle par laquelle l'abbé du monastère de Saint- Augustin, dans ce même comté de Kent, restait indépendant de l'archevêqne de Cantorbéry ; l'archevêque , en guise de représailles , redemanda impérieusement à plusieurs barons normands la restitution de terres qui appartenaient à l'arclievêclié de Cantorbéry. C'étaient des terres opulentes que les rois saxons avaient données à l'Eglise, il était juste que l'Église reprit son bien où elle le retrouvait, la violence ne pouvant jamais remplacer le droit de chacun. Ainsi i)arlait rarclievê«pie. A cette prétention incroyable du prélat, l'Angleterre normande fut troublée jusqu'en ses fondements. A quoi donc en voulait-il arriver, ce redoutable primat':' Voulait-il donc changer t«uite la loi nouvelle? Voulait-il reprendre aux vain«pieurs d'Hastings tout ce qu'eux-mêmes ils avaient pris aux vaincus:' C'était là un incident sur lequel n'avait pas compté Guillaume le Con«piérant, lorsque, dans son ardeur de fonder l'autorité sur la terre conquise, il avait séparé l'Eglise du pouvoir royal, tant il

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cspcrail, l;iiil il élail sur que, sur la terre an^^laise, le roi iioniiaini et l'évêciiie noriiiaiid s'enleiidraieiit toujours. Mais cette fois le chef de l'Église d'Angleterre était un Saxon , et liicii eu |>iil aux Normands que les évèques de cette Église proscrite fussciil, en enct, des Noi'niands et des propriétaires; en ce nionieiit diflicile pour les vain<pu;urs, mais pomles vaincus plein de joie et d'espérance , si toute l'Église d'Angleterre eût été unanime pour demander la révision des propriétés territoriales de la Grande-Bretagne , cette révision des violences passées entraînait avec elle le soulèvement de tout le peuple conquis. Au reste, vous voyez les évèques de l'Angleterre, non pas comme évèques, mais comme Normands, prendre parti pour le roi contre l'archevêque de Cantorhéry. Ce que rarchcvôque saxon refusait au roi, les évèques normands le lui accordèrent , car en ceci l'esprit de l'homme d'Église fit place à la prévoyance et à l'hahileté du Normand. Avant d'être les évèques du peuple vaincu, n'étaient-ils pas les frères d'armes du peuple conquérant? Devaient-ils donc hésiter entre la fortune de l'Église et la fortune de la patrie commune? Aussi bien n'eurent-ils pas un moment d'hésitation; car, à tout prendre , dépouiller l'Église d'Angleterre, c'était une façon de recommencer le partage. A ces causes , malgré l'opposition de Thomas Becket, les évêfjues d'Angleterre reconnurent : 1" que le roi présentait les évèques à l'élection du haut clergé ; 2" que , dans les procès ecclésiastiques , le choix des juges appartenait au roi ; 3" qu'il pouvait nommer des évè([ues laïques ; 4" que , pour excommunier un tenancier du roi, l'Église demandait l'autorisation du roi; 5" que pas un ecclésiastique ne pouvait exercer sans la permission du roi. Les évêchés vacants, le roi |)ouvait les donner à qui hou lui semblait; l'Église anglicane acceptait même le service militaire; elle renonçait à son droit d'excommunication. Cette fois, plus de tribunaux ecclésiastiques, c'està-dire que maintenant nul ne pouvait échapper à ces juges laïques, juges anglais, qui se jouaient insolennnent de la fortune et de la vie des Saxons. Ces i)auvres serfs, qu'allaient-ils devenir, maintenant qu'ils ne pouvaient plus en appeler de la sentence du baron , à la justice et à la piété de l'évêque? Or, telles étaient les libertés que défendait, par le sang-froid, par l'éloquence, jtar l'indignation, le courageux archevêque de Cantorhéry ; telle était la question (ju'il avait posée d'une façon si nette et si ferme. De son côté, l'Église universelle applaudit au zèle et au courage du savant apôtre. Les évêchés, les écoles, les églises du continent, retentirent de ses louanges. En Angleterre, les Saxons, malheureux chrétiens, éperdus et comme stupides sous tant d'humiliations

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