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(lu 1(11 (le l'i';iii((' , (le ce iiKMiic l'di (|iii alhiil (Mic, si \o\ |»itiii l'Aiii^lc- Ici r(\ si l;ir(l jioiir la l'iaiicc, le roi IMiili{)[)(.'-Aiii;iisl('. AJaiiileiiaiil donc il laiil (jne volie allenlioii se porte eiUlioiisiasle cl vivaiilc sur ce piiiice IJicliard Cd-nr-de-Lion; le nouveau roi de Ki'aiice s est d(''jà, el (le[»uis longtemps, occupi' de ce jeune lionune: ainsi Taisait Scylla pour Jules César, dans le([iiel il vovail plusieurs Marins. ', . ■ ■ '■ .r ■'[.
Nous avons sous les yeux un adniiiable tableau d'AllVed Joliannot, (pii a représenté le roi Henri II au milieu de sa famille. C'est la tout un elia[)i[re dliistoire comme il nous serait impossible de lécrire. Le roi dWnglelei're est si henreu.x! sa femme est si belle! sa famille si nombreuse! Ali! pourtant, pour le roi Henri II, mieux eût valu cent fois perdre toute sa famille dans le naufrage de quebjue autre Hlanche-iS ef , (jue de se voir ainsi abandonné, dans sa gloire, au milieu de sa puissance et de sa vie, par des enfants ingrats ; que disons-nous ï trabi par eux ; que disons nous? désbonoré par ses fils ! Les infortunes étranges dont les prospéi'ités de ce grand roi ont été semées lui ont mérité les sympalbies (le riiistoire. Sa femme, après l'avoir cboisi entre lanl de |Hinces, est devenue son plus cruel ennemi. Tbomas Cecket, son favori, le conseil et l'esclave de son maître, Henri H le rencontre en son cliemin comme le plus rude obstacle de son règne. Lnlin , après un lalieur royal de I rente-cinq années, Henri meurt à cinquanle-liuit ans, étranglé, dit un historien breton, par iteux valets de chambre, dont il avait séduit les femmes! Quelle mort, pour celui de tous les rois d'Angleterre (jui avait possédé les plus vastes Etats du continent! A l'Aiiglelerre il avait ajouté l'Irlande , qu'il avait demandée au pape et ([ue le pape lui avait doniiée pour la purifier, oul)liaiit sans doute ([ue, de[)uis huit cents ans, saint Patrick avait prêché l'Evangile dans cette ile restée lidèle à l'Église (•alholi(pie romaine ! Comme témoignage des douleurs intimes de cet homme illustre, l'histoire a recueilli ses lettres au pape Alexandre : « Laissez-moi gémir, « disait-il, auprès de vous ! Je me jette à vos pieds, éclairez-moi de vos " conseils! L'An(jletcrrc est de votre juridiclion, je suis votre Jeudnlaire; c'est « de vous que je relève, défendez par le glaive le patrimoine du saint Pierre. Je « pourrais repousser par la force l'injure que me font des enfants re- « belles, mais l'affection paternelle l'emporte encore dans mon cœur « sur tous les sentiments que m'inspire leur conduite. Que ne peuvent-ils « l'abjurer! ou du moins, si votre sagesse les ramenait à moi ! Ils retrou- « veraientle cœur d'un père ; je vous promets de tout leur pardonner '. «>
' Opéra omnia l'e/ri ISlesensls, — Epistolcr. Et, chose iligiic df roinai(iiie, l'iitTl)t'\('(|ue (le Kent écrit, avec menaces d'excoainiuniculioii , aux lils de Henri II, (|(i'ils aient à obéir
2()(5 LA N OlliM A M)l K.
Les iiisliliilioiis de ce {^^lîiiid |>i"iiic(; sont iioiiiltreiiscs el d une udiiiiialdc |ii»'V()y;ince. — 11 s'est occupé loiile sa vie de radiiiiiiislialioii de la jiislice. Ijii des [)i'inci|)aiix (diani,a'.ments apportés à la léiiislalioii l»iilaiiniipie par la conquête de Guillaume avait été l'inlroduclion des lois luirniaiides relatives à la chasse et aux forets. Seul dans le royaume, le roi d'Angleterre avait le di'oit de chasse; nul ne pouvait, sans le congé du roi , ahattre une hèle fauve sur son propre domaine. Etait pinii de mort qui venait à désohéir. l^es hètes des forêts étaient des épaves ; or l'épave appartenait au souverain. Henri II eut pitié des excès que cette loi cruelle entraînait avec elle. Il soumit à des règlements sévères k conduite des officiers chargés de mettre à exécution la loi sur la chasse. 11 institua (l'an WSi) les grands maitres des eaux et forêts, destinés à protéger le pauvre peuple contre les exactions des gens de justice. — Le l'oi Henri II, plus équilahle en ceci que Guillaume le Conquérant, n'eut pas une foi très crédule dans cette façon de rendre la justice, qui s'aj»pelait le jugement de Dieu. — L'épreuve par l'eau et l'épreuve par le feu, el le duel, coutumes harhares, furent remplacés par des jurés, (|ui , réunis en assises, ainsi que cela se pratiquait en France sous les rois de la première race, portaient un arrêt souverain. L'étahlissement de la jurée, ou, si vous aimez mieux, de la grande assise, fut un véritahle hienfait royal : lieijale (juoddam hencfieium, clementïà principis , et eoncilio proeerum, populis indultum '. Par ce mot-là : assise, la jurisprudence anglaise exprime tour à tour une ordonnance du prince, — les résolutions prises dans une assemblée générale du royaume, — les assemblées judiciaires dans chaque comté, ou bien encore — l'acte même par lequel on l'éclamait auprès de ces assemblées une terre que l'on avait perdue. — Il y avait les petites assises et les grandes assises, car la loi des liefs est fondée tout entière sur deux droits : le droit de possession et le droit de propriété. — L'assise établie par Henri H se composa de juges nommés dans une assemblée générale du royaume, en 1176, et choisis dans la grande cour du roi. Ces juges furent ambulants : « Justitiorii in itinere ; errantes vel itinérantes justitiani.. . » Us devaient faire, à des épofpies déleiniinées, le tour successif des grandes piovinces pour y juger les causes soumises à leurs tribunaux , les causes civiles aussi bien
an roi leur père. '< Dolcnms, dolorcmqtie dissimulare twu possiinins, quia patrcm (mon « prosequcris : Icrrauique, ipshis, quam nsque ad cffusionem sangninis fueri dehucras, " (jeccris. VIjI est rcrcrcitlia pa/ris ? Vlii. Icx uatiuxr l' i'irt est Ihiior Dei !' » De iiol)lrs paroles, que ces princes rebelles étaient indignes de comprendre.
' Rcddiplie de (;lan\iile (un Normand), iirand justicier d'Angleterre, livre 9,eliap. Vil.
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(liic les iMHses vriiiuiielles. Les queslions de la saisine, de la [lossessioii, liirenl laissées aux petites assises; les grandes assises se réservèrent excliisivenieni, les ([uestions délinilives de la conservation du domaine, de la eonservation de la propriété. Or, cette institution du roi Henri II a survécu à mille années de rév(dutions, d'invasions et de tempêtes. — Il réprima la tyrannie des seigneurs en rendant aux villes les privilèges ipie l'oppression leur avait enlevés. — H protégea le commerce. — Ses lois sur les revenus publics et sur la féodalité sont des plus sages. L'ancienne législation., laite par des barbares, donnait au roi d'Angleterre tout navire qui venait échouer sur les côtes, cela s'appelait en Angleterre et s'est longtemps appelé en Bretagne, le droit de bris ' ; le roi Henri II eut l'honneur de renoncer, le premier à ces tristes épaves. La garantie royale s'appli(iuait également aux vaisseaux échoués sur les rivages des pays qu'il possédait en France, et sur les rivages de son royaume d'Angleterre.
« Hem'i II, dit M. de Pastorel', est le j»lus illustre des rois français u qui ont régné en Angleterre, un des plus illustres de l'histoire bri- « tanniqne tout entière. » Pierre de Blois, l'historien, le confident et ((uelquelois le secrétaire du roi Henri H, nous a lai.ssé le portrait de ce prince : sa taille était médiocre; il était roux; sa lête était ronde; ses yeux sont doux et modestes quand il est tranquille, pleins de feu et pleins de lierlé à ses moments de colère. — Il était toujours debout et ne se reposait qu'a cheval. Sobre, simple dans ses habits; vigilant, aimant trop la chasse: éloquent; tranquille dans le danger, ferme dans le malheur, timide dans le succès; ami dévoué, ennemi plein de rancune; sa joie était de tenir toujours en ses mains un arc, une flèche, une épée, un livre. — Magnifique dans ses aumônes. ^ — Il établit le premier, des taxes personnelles pour les besoins de l'Etat; — grand protecteur des lettres et des beaux-arts. — Quiconque était un poêle, qu'il vint du Poitou ou du Limousin, de la Normandie ou de l'Angleterre, était le bienvenu à cette cour. Tranquilles dans leurs monastères, les moines du Mont- Saint-Michel et des abbayes savantes purent écrire tout à leur aise, les événements de leur temps et ceux des temps passés. — Le roi Henri II eut encore cela de commun avec Guillaume le Conquérant, ((ue ses obsèques furent sans honneurs. De tant d'enfants, légitimes ou bâtards, un seul menait le deuil de ce père illustre, Geoffroi, le fils de la belle Uose-
1 La Brf.tagne, cli. IV. Avec (■ctloflifft'ifnce que les Tirclons .soutoiiaiciil (|ue le ilroil ilo hris, qui fst resté longipmps dans les mœurs de l'antique iirovince, datait de l'invasion des pirates normands. ^ HisTouiE i.iTTÉnuRE DE l.A France. tonie XIV, page 540.
LA NORMANDIIv
inonde, (|ni lui plus liird arclicvèque d'York. Henri II liil enseveli dans rahb.nye de Fonlevraull. (iOninie on allait le niellre dans son cercueil, Richard, son fils, se présente ta l'église; à l'approclie de ce fils ingrat, le radavrc laissa lonilicr qnelqnes gouttes de sang. A la vue de ce sang, Hicliai'd lonilia à genoux, s'éci'iant : « Grâce! pitié! miséricorde! » C'était le cri de la conscience et du remords.
Dans l'abbaye de Fontevraull, fondée par le roi Henri II, le révérend Père Monlfaucon ^ a vu le tombeau du roi d'Angleterre, le tombeau de sa l'ennne et celui de Uicliard, leur fils aîné, et le tombeau de sa bru, Elisabeth de la 3Iarclie, la femme de iGiin-sans-Tcrre. Les figures de ces tombeaux étaient peintes de différentes couleurs cl dorées en quelques endroits. Le roi portail une couronne dorée; son manteau était couleur d'a/Air, sa tunique était rouge. Dans cette même abbaye de Fontevrault, le savant antiquaire a vu aussi le tombeau de Richard Cœurde-Lion; mais cependant étudions-le dans sa vie et dans ses batailles de géani, ce fabuleux, ce poétique héros, — l'Achille et l'Ajax des croisades.
1 Monuments dp, i.a monarchik française. F'aris, 1729; tome II, p.ipe 111.