‹ La NormandieChapitre 56 sur 118 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

r.iihard Cœin^ilr-l.wn. - Kt;ii de l;i nmmiivluc fr;iiiç:H>o a ravciinnem de Phili|,|..-.l ;/.,/«*/,•. - l.a iroiMCinc

cmisadP.— nrpartdiimid-AnglPiPire f I du roi dr Fiaiiro |Hiur la Palrslinr.- IliiiiTairp drs deux armrpc.

-Lrscl.rfsdc la n-ni?.idr. - Les poelfs.— Quosncs do IMIiuno.-Prispdc Saint-Jean-d'Aric. -

Rifliard S.U1S les murs de Jénualoni.-Sa caiHiviié.- I.oin-rs d-KlrnnoiTdAquitainn.-r.ufrrrs

du Co-ur-de-Uon. —Son retour en Anslelnrc. - Rohin flond. - Cnene rniie Philippr-

Aiif/nsre et lîicluird (:,r:ir-iIc-I.ioi,. — Ii,i:ih«r

" Lk p.oi. — On a Ijeancoiip parlé de vous " depuis vos voyages, el cela est venu aux '■oreilles d'Hamlel; on a parlé surloui " d'iiii lalenl où vous excellez, dit-on ; loul " l'ensemlde de vos qualités a moins excih- « s(in envie que celle-là en particulier; el "cependant, selon mon jugement , c'est '« assurément le moindre. C'est un frivole «ruban au chapeau d'un jeune homme, <' nécessaire cependant à la jeunesse; il d<'nx mois qu'il y avait ici un gentilhounne de N(irniandi(>: j'ai

270 I. A N OUMANDl 1"..

<( vu les Franrnis, cl j'jii servi contre eux; ils iiKnileiit liieii à clievnl ; « mais ce galanl cavalier est vraiment sorcier en équilalion. Il se tenait « si I)ien en selle, et faisait prendre à son clieval des allures si éton- « nanles, qu'il semblait n'éirc (ju'un seul corps cl une seule àme avec ce (1 brave animal.

M Laertk. — (Télait un Normand?

■( Le roi. — Un Normand ' 1 »

Or, je vous prie, à les entendre parler ainsi, le roi de Danemark el son confident Laeilc, ne dirait-on pas qu'il s'agil,en effet, de ce Normand Richard Cœiir-de-Lioii? Quel plus brillant coura2:e, en effet, (juel plus beau ruban d'or et de soie, — et plus frivole, fut jamais attaché à la couronne royale d'Angleterre? Je voudrais choisir un homme dans tous CCS hommes, un soldat parmi ces soldats, un prince au milieu de ces princes, pour donner une idée de la valeur, du courage, de l'élégance, de la partie fabuleuse de cette histoire du moyen âge, je ne saurais mieux rencontrer que le roi Richard, Il portait en lui-même toute la passion de son temps : l'audace aveugle, l'énergie sans frein, l'ambition sans but, le besoin d'action, de mouvement, d'éclat, je ne sais quoi de fier et d'indomplé, qui plaît d'autant jtlus aux multitudes, qu'elles ont obéi plus longtemps à des volontés sérieuses, à des volontés de sang-froid. Richard C(enr-(le-JJou . c'est le roi Mural du moyen âge, La bataille l'enivre, le bruit des armes lui fait oublier son royaume d'abord, et ensuite sa liberté; sa vie, la fortune de ses sujets, tout y passe : c'est le roi féodal par excellence, c'est-à-dire, l'aventurier le plus héroïque, le plus hardi, le plus brutal de l'époque féodale, — Après tant de rois habiles et prévoyants, ce fougueux soldat, mêlé d'un grain de poésie, nous plaît et nous charme encore à celte heure. — A peine fut-il le maître de l'immense héritage que lui laissait son père, Richard se mit à le répandre d'une main insensée. — Cent mille marcs d'argent, trouvés dans le trésor royal, Richard les dépense avec la furie de l'enfant prodigue, sans se douter des tourments, des excursions, des larmes et du sang que représente cet argent, amassé par la prévoyance paternelle. L'argent parti, Richard vend à beaux deniers, tout ce qu'on lui veut acheter du royaume de Henri II; il vend le Norlhumberland à l'évêque de Durham ; au roi d'Ecosse il vend Berwick, Roxhury, et par-dessus le marché, lui, roi d'Angleterre, il délie le roi d'Ecosse du serment de fidélité! — A son frère Jean, à ce Iraîtrel qui devait trahir son frère comme il avait trahi son père, Richard donne tout un comté dans la Normandie (le comté de Morlain), el sept comtés en Angleterre, à savoir plus d'un tiers de ce

' lIsMirr. M-\c IV. sn'ii.' VI.

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