LA N()I;M A M
s ('laiciil ('iii|i;ii'('s du liouvcinciiiciil en iillciulaiil I ciiraiil (jiic la reine (levait lueîlre an j<Hii'. Sur renlrelaile , Philippe, comle de Poilieis , d(Mi\ièiiie lils de IMiilippe IV, aeeoiiiiil à Paris, rc'claiiiaiil la liilelle du i'(t\aiiiiie, jiisiprà la délivrance de la l'eine. 11 lui d(''eid('', enlri^ le C(Miile (le INulieis el les ltai'(tns, que, si la reine acroucliail d un lils, U) comle de Poiliers relieiulrail la liilelU^ du royaume el de l'enfanl pen- <hml dix-huil ans, après quoi il sérail le premier à reconnaître le lils de la reine, comme son souverain mailre el seigneur. Ainsi fui décidée, avec aussi peu de cérémonie cpie s'il se lui agi de la propriélé d'une lerme dans le Neul)ourg, la |)lus ttraiule question de succession qui se soil présentée dans l'histoire des Capétiens, Celle lois encore, la politique l'ut plus forte que le droit, car évidemment Théritière de France, c'étail la tille de Louis X, Jeanne, la nièce du duc de Bourgogne, fille de Margiu'rile l'adultère, mère de Charles le Mauvais et l'héritière du royaume de JNavarre, qu'elle porta dans la mais(ui d'Evreux, dont elle épousa le chef, non sans avoir donné (juitlance du roijaume de France '. Mais le moyen d'abandonner aux chances d'un mariage ce beau royaume qui domine la moitié de l'Europe, le souverain pontife et même l'empereur d'Alleniagneï Ceci réglé, la reine, veuve de Philippe le Bel, accoucha d'un fils qui vécut (1316) quelques jours à peine ; alors Philippe (Philippe le Long) courut à Reims, accompagné de ipuilipu^s soldais qui lui élaienl dévoués et des pairs du royaume. A Reims, Philippe le Long se (il sacier roi, prouvant ainsi, qu'à la couronne de France ta femme ne succède pas, contrairement à la règle des fiefs qui, presque tous, étaient di'-jà tond)és, comme on disait, de lance en (juenouille. Philippe V mourut à Longchamp, le 3 janvier IS^S, après un règne de six ans; règne agité an dedans par les Pastoureaux, au dehors par les guerres de Frédéric d'Autriche el de Louis de Bavière en Allemagne, des Gibelins et des Guelfes en Italie. En ce temps-là aussi, un homme disparaît de ce monde : poêle innnense , il .laisse dans l'Italie étonnée de sa langue nouvelle, une; trace infinie de philosophie, de liberté et de poésie : nous avons nommé Dante, le poêle de la fJivine comédie. — Charles le Bel succéda à son frère, Philippe le Long; voilà donc trois rois qui sont couronnés par le même archevêque, Robert de Courlenai ! Mais ne nous [terdons pa.s dans les ténèbres de la dynastie capétienne à sa dernière heure. De ces trois derniers rois, Louis X meurt à vingt -quatre ans, Philippe V à vingt-huit ans, Charles IV à trenle-qiuitre ans. La première branche
' Diipiiis, Tiaitr rie ht maison des rois.
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(kis (î;i|M''li("iis ('liiil é[)iiisée: cWc avait (IniiiK- (|iial(>rz(' rois à la l''iaii(;e, cl parmi ces rois, saiiil Louis, riioniieiir de sa race (!l de !a (•oiiroiiiie. Dyiiaslie hrillaiile, avec elle se leriiiiiie lïii^e liêroï(|iie de la léodalilé. Fidèle à la loi qu'on avait faite pour lui-même, Pliiliii}>e V voulait (jut; messire Philippe de Valois, son cousin germain, si la reine accouchait d'un (ils, devint le tuteur du roi et le régent du royaume jusqu'<à ce que le jeune prince lïit en âge d'être roi, et, s'il advenait que « ce fût une « hlle, ([ue les douze pairs et les hauts barons de France eussent conseil « et avis entre eux d'en ordonner, et donnassent le royaume à celui « qui avoir le devrait. »
Ici va reparaître l'Angleterre , ici vous allez retrouver la France toute préparée à ces luttes terribles qui ont conduit les deux peuples jusqu'aux plaines de Waterloo. Après un règne de trente -cinq années, rem[)li de gloire et de travaux, le petit-tils de Jean sans Terre, Edouard 1", était mort; prince habile, hardi chevalier des croisades et compagnon de saint Louis, lamour de l'Italie, l'espoir de l'Angleterre, l'inquiétude de la France, le vainqueur de l'Ecosse et de Wallace. Son fils, Edouard II, passe sa vie à se défendre contre les seigneurs de sa couronne ; beaufrère de Charles le Bel, il réclame en vain de la France, sa femme Isabelle et son fils unique Edouard et la Guienne, dont Charles le Bel s'est emparé. Bientôt ce roi Edouard II, traqué dans son propre royaume comme une bête fauve par sa femme et par ses barons, est enfermé dans la tour de Kenilworth. Lui vivant, son fils est déclaré roi d'Angleterre 1 — C'est ce roi Edouard II (jui meurt, assassiné par un fer rouge obscurément introduit dans ses entrailles, afin que la mort ne laissât pas de traces visibles. — • Lamentables, tragédies! — Mais cette abominable Isabelle , souillée de ce meurtre , fut châtiée par l'exécration universelle, et mourut dans la honte et l'abandon, captive de son fils; Edouard III, fils de ce malheureux Edouard II, le père du pr'mce Noir, et bien digne d'un tel fils. — Ce parricide commis en son nom, Edouard III en voulut tirer vengeance; et dès qu'il put commander, il fit attacher au gibet, Mortimer, l'amant de sa mère.
Cependant les trois fils de Philippe le Bel, Louis, Philippe et Charles, étaient morts en moins de quatorze années, et sans laisser d'enfants mâles. A la mort de Charles le Bel, il fallut chercher l'héritier légitime du royaume de France, et il s'en trouva deux, Edouard d'Angleterre et Philippe de Valois : Edouard III comme petit-fils de Philippe IV par sa mère Isabelle; Philippe de Valois conmie petit-fils du i>ère de Philippe IV, par son (ils Charles de Valois. Portées devani les douze pairs