A N O K M A N I) I IL
cllos seules une ri'voliilioii. — La nuit venue, Uî roi l'.douaid iM'iiiiil ses conipaiinons dans un repas qu'ils i»ensaienl devoir èlre le dernier. Ke souper fui grave, sérieux; comtes et l)arons étaient pensifs. Le roi dormit d'un bon somme jusqu'à la pointe du jour. A peine réveillé, il lit sa prière avec le primée de Galles; le père et le fils voulurent recevoii' la sainte communion pour être mieux préparés à la mort. Uienlôl rarnu'e entière fut sous les armes. Edouard, monté sur un palefroi, le bàtori à la main, parcourait les rangs au pas, disant à chacun de bonnes paroles de constance et de courage. La revue passée et les soldats ayant mangé, ils attendirent (jue l'ennemi vînt à eux. Cependant l'armée française accourait en toute bàle, mais nombreuse, superbe, indignée. L'avantgarde se composait de (juinze mille cavaliers génois commandés par le l>rince Grimaldi et par le prince Doria ; le comte d'Alençon suivait avec quatre mille hommes d'armes. Le roi marchait à la tête de la cavalerie et de la haute noblesse; a l'arrière-garde se tenaient le duc de Savoie et le roi de Bohême. On ne comptait pas l'infanterie, elle débordait de toutes parts, empêchant tous ces gentilshommes dans leur marche. Tout d'abord l'attitude sérieuse et calme de l'armée anglaise frappa d'étonnement le roi de Fi'ance et ses compagnons. Ceux qui étaient de sang-froid démontraient au roi Philippe que peut-être il serait utile d'attendre jusipi'à demain , et de donner le temps à l'armée entière de se trouver dans l'ordre de bataille. En elfet , l'armée française ('■lait exténuée de faim et de fatigue; l'orage avait percé les habits des soldats et détendu la corde des arcs. Docile à cet avis, le roi ordonne aux maréchaux de Montmorency et Saint-Yincent que l'armée se repose jusqu'au lendemain; mais le comte d'Alençon et les genlilsliommes de sa suite ne veulent pas obéir. Ils marchent en avant , el plus on leur dit de s'arrêter, plus ils se hâtent, chacun voulant être le premier à celle curée. Comme ils étaient à courir ainsi au nombre de cent vingt mille hommes , le tonnerre gronde , le ciel se couvre d'un nuage, l'éclipsé jelte l'épouvante dans cette mullitude que l'Anglais attendait en silence. — L'allaqiu^ commence brusquement par les archei's génois. Cette ribandinlle, dont les arcs sont diUemlus, refuse tout s(!rvice , pendant que les archers anglais, tirant leurs arcs de leurs étuis, envoyaient dans celle masse compacte des flèches qui l<unbaient dru conmie la grêle. Les Génois lâchent pied; leurs capitaines, (iriuialdi el Doria, impuissants à les rallier, se font tuer plulêt que de les suivre.
Déjà la mêlée (Hait générale: le Iraîlre Ge(dfroy d'iîarcourl ('lail
LA NOlliMAN DIE.
lombé niorl an milieu des soldais anglais, iiimiI Irop iiloriciisu jkmii' im pareil IioiiiHR'; son IVèrc , voyant (icollVoy uiorl cl doshonoré , navail |»as vonlu Ini survivre. L'Ani-lais se d(''l'endail avec le sang-lVoid ([ui donne la victoire; du côté de la France, on alla([uait avec une rage sans espoir. Au premier rang mourut le vieux roi de Boiième: il était aveugle et il disait aux siens : Je veux iner un Anijlnls avant de mourir!
En même temps accoururent, sur de magniliques chevaux et tout couverts de riches armures, le comte d'Alencon , frère du roi, et les comtes de Blois, d'Aumale, d'Auxerre, de Sancerre, de Saint-I*aul. Ils firent une trouée dans l'armée anglaise, et ils se trouvèrent en présence du fils d'Edouard, un enfant de treize ans, que son père avait placé là, au plus épais de la mêlée, pour qu'il gagnât ses éperons. Je veux que renfanl (ja/jne ses éperons, et (jue la journée soit sienne! disait le roi Edouard. Lui-même, le roi de cette armée de fuyards et maintenant victorieuse, il dominait la liataille du haut d'im tertre. Que de gentilshommes prisonniers dans leur arnnire! ('onduen d'c'toulfés: conihieu d'égorgés comnu' des taureaux à la hoiicheiie! I,e c(unte dAlen-