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le roi (le France'^ Venez avec nous dans le plus nia^niliiiiie iiionaslère dâ la Normandie, l'abbaye de Jumiéges, si célèbre |)ar la science de ses docteurs el par le talent de son grand bislorien Guillaunne de Jumiéges. Plus d'une fois, dans celte bistoire, est revenu le nom de l'abbaye de Jumiéges; — Jumiéges, ainsi nommée, disent les uns, parce que les religieux gémissaient tout le jour; ainsi nommée, disent les autres, du mot gemma, pierre précieuse, car l'abbaye de Jumiéges brillait de l'éclat du diamant parmi les monastères du monde cbrétien. Jumiéges est une presqu'île, sur la Seine, entre Rouen et Caudebec. Saint Filibert en fut le premier fondateur. Filibert était un des habitués de la cour de Dagobert, et il lit une amitié toute chrétienne avec l'abbé de Saint-Ouen, deux belles âmes également remplies de ces deux passions chrétiennes : la charité et la solitude. Sur le rivage de la Seine, Filibert avait rencontré les ruines d'un château romain, hrùlé par les barbares; là il bâtit trois églises, l'une à la Vierge, l'autre à saint Denis, la troisième à saint Germain el à saint Pierre. — Il disposa des dortoirs pour soixante-dix religieux, à qui il lit embrasser la règle de saint Benoît. Ces premiers religieux étaient des hommes presque divins; la prière, le travail, l'obéissance, la pauvreté, la prédication de l'Évangile, telle était l'œuvre commune. Les peuples de la Neustrie bénissaient ces nouveaux venus qui leur donnaient l'exemple des vertus humbles et fortes. Bientôt l'abbaye fui encouragée par son premier miracle. On était sous le règne de Clovis II et de sa femme Bathilde; Clovis II, en partant pour faire ses dévolions au londieau de Jésus-Christ, conlie à son lils la terre de France , que le jeune prince devait gouverner sous l'autorité de sa mère Bathilde. Le roi parli, le prince écoute avec mépris les sages conseils de sa mère, et, dans sa désobéissance, il entraine son frère. Voilà la reine dépouillée par ses deux lils, el Dieu sait ce qui fût advenu si, dans un songe, le roi Clovis II n'eût pas été averti des désordres de son royaume. Aussitôt le roi part , il arrive, el lui, le maître, il est reçu à main armée par ses deux fils révoltés. La lulle ne fut pas de longue durée; Clovis II, vainqueur de la rébellion, condamne ses deux fils à être énervés, el, en conséquence, il leur fait cuire les jarrets. Ce teri'ible châtiment n'est pas mieux expliqué dans celle chronique. Ce qui est vrai, c'est que VéncrvemeHt est un supplice du moyen âge : le supplicié restait vivant, mais sans force, sans valeur, ombre inutile. Une fois mutilés, les deux enfants de Clovis ne sont plus, pour leur père, qu'un objet de sympathie et de pitié; on eût dit, à les voir énervés el languissants , le pâle reflet de ces deux jeunes gens naguère encore pleins de
lorcp t'I (le vi(;. Chaciiie jour le rui conlail sa |M'iiio à la rcitic : — Ali! dame , comme poiirrious-uous voir toute notre rie et endurer la tribulation de nos eufants? A la fin, la reine, se lianl aux décrels de la Providence, conseille à son mari de placer les deux énervés dans un balcan, sur la rivière de Seine, et que Dieu saura bien où les conduire. Ainsi lit le roi : les deux jeunes gens montèrent dans la nef en présence du peuple assemblé, et, poussés par l'onde obéissante, ils abordèrent à l'abbaye de Jumiéges, où ils furent reçus |»ar Filiberl; là ils vécurent résignés, et ils moururent après une longue vie i)assée dans la prière. Leur tombeau, retrouvé par un grand bonbeur, est resté un des ornements les plus curieux de ces ruines magnifiques. Quant à l'authenticité ae ce récit, il n'y a qu'un mot qui serve ; Miracle! Clovis II, roi fainéant, n'eut pas, que nous sacbions, d'autre fils que Clotaire, Cbildéric et Thierry; il nu)urut, âgé de vingt-six ans à peine, sans avoir quitté son rovaume et sans avoir énervé personne. Mais à quoi bon se battre contre la légende? La légende est le roman de l'histoire, elle en est le poëme et le merveilleux; on l'écoute avec admiration, on la répèle avec enthousiasme; elle est la terreur des petits enfants, le drame du foyer domestique. — Pas un roi de France qui n'ait protégé l'abbaye de Jumiéges. Le roi Pépin fait de l'abbé de Jumiéges son ambassadeur près des papes Etienne lll et Paul P^ Louis le Débonnaire , roi d'Aquitaine, avait pour chapelain l'abbé de Jumiéges. En 840, Hasting le Danois, le terrible Hasting de nos premiers chapitres, arrive avec sa bande jusqu'à l'embouchure de la Seine ; il menaçait l'abbaye de Jumiéges. Les religieux se défendent en braves gens , ils sont massacrés sans pitié. Sur ce rivage sont débarqués Rollon et ses compagnons; mais Rollon, frappé de respect, et prévoyant que sur celte terre fertile serait placé son royaume à venir, respecta les ruines de l'abbaye. — Lorsqu'enfin les Normands de la Seine furent les maîtres de la Neustrie, quand Charles le Simple eut reconnu Rollon « maître de tout le territoire à partir de la rivière d'Eptc; « jusqu'à la mer, » le monastère commença à sortir de ses ruines. Le valeureux fils de Rollon , Guillaume Longue-Èpée, un jour qu'il était à la chasse, rencontre, au carrefour de la forêt, un sanglier furieux qui pousse droit au prince; l'épieu que le duc Guillaume tient à la main se brise, (iuillaume est perdu !... Mais, ô miracle! le sanglier passe sans lui faire de mal. Alors Longue-Èpée, touché de ce miracle de la Providence, fait le vœu de relever l'antique abbaye, et le lendemain il envoie à cette place ses ouvriers les plus habiles. Après la mort de Guillaume Longue-Èpée, et dans la première jeunesse de Richard 1"", duc de Normandie, le roi de
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France, F.Diiis d'Outremer, s'empara sans vergOG;ne de tout ce qni loniha sons sa main ; il ne respecta même pas l'abbaye de Jnmic'ijes, d')nl il prenait les pierres poui" entourer la ville de Rouen d'un icmpait. VinI ensnite Richard II, Richard le Bon, le véritable bienfaitenr de Jnmiéges : il se rendait à l'abbaye denx ou trois fois chaque année. Un jour, à l'ollrande, le puissant duc, qui donnait d'ordinaire un marc d'or ou d'argent, mit aux oblations un petit morceau d'écorce d'arljre : ce morceau d'écorce représentait le bois et le manoir de Vienonois. Dans cette savante abbaye fut élevé Edouard le Confesseur. Les écoles de Jumiéges étaient déjà célèbres sous Guillaume le Conquérant; ce fut à ce prince que l'historien Guillaume de Jumiéges dédia son histoire De Ducibus Normanniœ. Dans l'abbaye de Jumiéges, au pietl même du maître-autel, le grand sénéchal
d'An"-leterre, Ilarold, avait ren(Uivelé, au n(Mn d'Edouard le Confesseur, la promesse que le roi Édouardavait faite de laisserai! lils du duc Rcdtert le Mmjnifuiue le royaume de la Grande-Bretagne. Ce serment du roi Edouard, apporté par Harold au duc Guillaume 11, septième duc, qui allait être bientôt Guillaume le Conquérant, ne devait pas tomber dans une ànie oublieuse ; aussi bien le duc Guillaume s'en empara-t-il au nom du roi Edouard d'Angleterre. A Rouen même, les abbés de Jumiéges possédaient une des tours de la ville, la tour d'Alvarède. Ils étaient les propriétaires du
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Poul-tle-l'Ardic, et le roi lMiili|.|.('-Aiii;iisU" , qui la voulait lorlilicr, lui forcé de racheter celle position iuiportaiite. Us avaient à Uoueii la cluipeiie (le Saint-Filiherl; tout le poisson royal qui se péchait à Tourville leur appartenait. Vmv un esluri^eon, il y eut halaille entre les sires de Uuilleheul'et les duinesti([ues de Taltltaye de Juiuié-es. Ce lui dans l'ahbaye de Juiiiiéges, au plus fort de ces guerres et de ces dissensions intestines, que le roi Charles VU s'en vint chercher quehpies helles journées d'oisiveté et damour. Dans cette ahhaye aux vastes hàtiments, riche encore malgré le ravage des Anglais, le roi trouva tout le hienêtre des plus opulentes maisons : des galeries toutes préparées pour les princes; le luxe, la parure, la richesse éclatante des heaux-arts. Jamais la belle Agnès n'avait été plus tendre et plus lielle : ou eût dit qu'elle pressentait sa hn prochaine; son esprit orné et délicat, sa bonne grâce naturelle , son grand art de bien dire , les mille petites délicatesses qu'elle avait apprises à la cour d'Isabeau de Lorraine, duchesse d'Anjou, enchantaient d'un amour irrésistible ce roi de France, amoureux de toutes les élégances. Chacun aimait la belle Agnès; elle avait mérité par ses belles et bonnes grâces l'empressement des plus magninques seigneurs : le duc d'Orléans, Charles de Bourbon, l'illustre et beau Dunois, le brave Potron de Xaintrailles, tous enfin; elle-même, la reine Marie d'Anjou, belle autant (pi'Agnès, avait pardonné ces amours! Agnès avait vingt-deux ans quand le roi se prit à l'aimer ; et comme un astrologue lui avait prédit quelle n appartiendrait qu'à un grand prince , elle se laissa aimer du roi Charles VU, non pas sans s'être longtemps défendue : « Toute simple damoiselle que je suis, disait-elle, la conquête « du roi ne sera pas facile; je le révère et l'honore, mais je ne crois « pas que j'aie rien à démêler avec la reine à ce sujet. » Le succès de la belle Agnès fut très-grand à la cour de France. On la trouva ce .ju'elle était en effet, de bon conseil, d'un noble caractère, pleine de respect avec la reine et n'avouant pas, plus qu'il n'eût fallu, cette haute fortune de ses amours. Même le biographe du roi Charh;s VU, Jean Chartier, prétend que les amis de la dame de Beauté oncqucs ne la virent touchée par le roy au-dessous du menton. — Toujours est-il qu'elle eut une fille appelée , sur les registres du conseil du parlement , mademoiselle Charlotte de France, d'un titre qui se donnait encore aux enfants naturels des rois. Hélas ! cette fille de France, - un peu la digne fille de sa mère Agnès, mariée en 1462 à Jacques de Brezé, comte de Maulevrier, maréchal et sénéchal de N(n-mandie (l'aïeul de Louis de Brezé, l'homme du tombeau de la cathédrale), lut tuée d'un coup d'épée par son mari, ipii la surprit
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en adultère avec Lavergue, son veneur. Triste destinée pour celle enfant élevée sur les genoux de la reine de France, tant aimée de sa mère, à qui son père avait laissé le comté de Pentlnèvre, terre noble, et de ce comté Agnès n'avait jamais voulu prendre le litre, nu^me pour plaire au roi. Agnès, parmi ses nombreux domaines, avait adopté la maison royale de Beaiité-suv-M^Yne, à l'entrée du parc de Vinccnnes, et surtout la maison de Fromenteau, le manoir paternel. Entre autres seigneuries, la dame de Beauté eut Vernon-3ur-Sei)ie, elle a été une des cbâtelaines de ces belles rives dont nous écrivons l'histoire. Tant de prospérités furent troublées par le dauphin de France, bientôt Louis XI, qui avait en haine tous ceux que son père aimait, la reine d'abord, Agnès ensuite, et les plus zélés, les plus fidèles serviteurs du' roi Charles VU. Même un jour, sur la maîtresse de son père , sur cette femme qui l'avait toujours défendu et protégé, le daui)liin leva la main et la frappa au visage! — Dès ce moment la dame de Beauté fut tout attristée ; sa ferme espérance de voir l'Anglais hors de France , sa confiance en Dieu , ses beaux rêves de l'avenir, firent place à des pressentiments funestes. Les l)elles journées passées à Jumiéges l'avaient trouvée plus calme. De l'abbaye de Jumiéges au château de Mesnil, qu'habitait Agnès, on compte un quart de lieue tout au plus ; le roi et sa maîtresse se voyaient tous les jours et tout le jour. Tout à coup frappée d'un mal sans nom, la dame de Beauté comprend qu'il faut mourir. Sa résignation fut grande et aussi son courage ; elle appela à son aide l'espérance de la vie à venir et le repentir de la vie présente. Elle ne songea plus qu'à la mort, et à laisser aux pauvres un souvenir d'Agnès la repentie. Elle nomma, pour ses exécuteurs testamentaires, Jacques Cœur, l'argentier du roi; maître Robert Poitevin, son médecin, et Etienne Chevalier, le trésorier. Ceci fait, elle voulut voir une dernière fois toutes les demoiselles de sa luaison et son grand ami le sire de Tancarville, les édifiant sur la vanité des bonheurs et des grandeurs de ce monde. Enfin elle expira à six heures du soir, le y février 1449. Tous les honneurs funèbres furent rendus à cette femme morte trop vite, car elle était du roi la consolation et le conseil. Ses entrailles furent déposées dans un monument placé dans la chapelle de la Vierge, dans la grande église de l'abbaye de Jumiéges, où elle avait fait plusieurs fondations. Son corps fut transporté à Loches et inhumé dans le chœur de la collégiale; de ce tombeau en marbre noir, sur lequel est couchée sa statue blanche et les mains jointes, les chanoines de Loches, quand régnait le roi Louis XI, voulurent enlever la belle des belles ' . ' Bellefoièt, tome II, page 29.
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Louis XI lôpomlil (Hie les chanoines i»oiivaienl (Milevor le lomlteaii, mais quen nièiiio temps ils devaieiil leiioiieer aux Itienfails dAgiiès. " Klle « eut moult belle contrilioii et repeulance de ses péchés, et lui souve- « noit souvent de Marie-Madeleine qui fut grande pécheresse, cl invo- '< quoit Dieu dévotement et la vierge Marie à son aydc; et comme vraye >' calh()li(pie, après la réception de ses sacrements, demanda ses heui'es « pour dire les vers de saint Bernard, qu'elle avoit escripts de sa pr(q»rc '< main: puis trespassa. » L'anonyme de Marmoutier.
Hac jacct i)i lamhù mitis siinplexciue coliinilia Caiulidior oycnis, llamnul nil)i(im<lior ignis, Agnes itiiklira niinis teriff lafUafur in imis.
Eh quoi! tant d'honneurs pour les restes profanes de la maîtresse royale, pendant que les flots de la Seine indignée emportent dans l'Océan anglais le cœur resté intact et les cendres du bûcher de Jeanne d'Arc!
Dieu merci! nous touchons à la lin de la guerre. Celte guerre, commencée par des marchands, lut terminée par un marchand, Jacques Coeur. Cet homme avait le génie des grandes entreprises. Il savait le chemin de l'Orient et ce que doit rapporter à un pays comme la France, toute contrée lointaine. A la voix de Jacques Cœur l'argent obéissait, (M certes, de toutes les obéissances à obtenir, celle-là est la plus difficile. Les hommes cèdent à la peur, les peuples vaincus tombent à genoux , mais l'argent, il faut qu'il obéisse de son plein gré, sinon il reste enfoui dans ses cachettes profondes et tant qu'il n'est pas convaincu. Jacques Cœur, en rendant à la France le crédit quelle avait perdu, n'a pas peu contribué aux grandeui's inespérées de Cbai'les YII ; tant de services furent cruellement récompensés : l'envie s'était attachée à cet homme à qui la fortune publique obéissait. Tant qu'Agnès avait vécu, elle avait défendu VargenUer du roi comme un bon et fidèle serviteur ; morte Agnès, les ennemis du grand financier l'accusèrent d'avoir empoisonné la dame de Beauté pour plaire au dauphin. L'accusation ne fui ni timide ni cachée ; mais, au contraire, celle qui accusait l'argentier n'était rien moins que Jeanne de Vendôme, femme de François de Monberon, seigneur de Mortagne-sur-Ciironde. Sur celte accusation d'empoisonnement, — au plus fort de l'affliction du roi, Jacques Cœur fut arrêté à ïaillebourg; sans forme de procès et tout d'abord ses biens sont confisipu^s et mis à la disposition du roi, qui prend iOO,000 écus pour la guerre de (iuienne : ses terres sont données à Antoine de Chabanne, à Cuillaume Couffier. à tous les juges de Varrie)itier. CcpeudanI , quand vint l'heure du juge-
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mtMil, raccusalioi» rejcla le crime (renipoisonnenienl. Jacques Cœur fut condamné pour avoir dissipé les finances durai. — lîoi ini^rat. mais roi habile, Charles Vil profilail ëgalemenl de la vie et de la disgrâce de ses sujets. Après avoir confisqué les biens de son meilleur ministre Jacques Cœur, il se souvint de ses leçons pour les mettre en pratique, Jacques Cœur lui avait enseigné que le crédit et la justice peuvent accomplir, dans un royaume bien fait, les plus grands miracles. Les capitaines qui vivaient de pillage, le roi les prit à sa solde; il suivit, d'un regard sévère, les sourdes menées du duc d'Orléans et du duc de Bourgogne. Quant au duc de Bourbon , le roi lui fit son procès et le fit jeter à la rivière, cousu dans un sac. Le peuple de France, tout ébabi , regardait passer cette justice du roi et ce sac dont l'étiquette portait un si grand
nom. C'étaient là des triomphes, mais ces triomphes coûtaient des batailles ; et de ces batailles de roi à seigneurs, les Anglais profitaient de temps à autre, tantôt pour reprendre Ilarfleur, tantôt pour reprendre Pontoise. Lord Clilioi'd eut Ibouneur de ce coup de main. C'était un homme violent et superbe, dans la plus mauvaise acception du mot orgueil. Le duc d'York, sachant Clilford à Pontoise, accourut dans la ville et Tnibol avec lui. Ils espc-raient les uns et les aulres retrouver le soleil
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lie Civcy et les Itoiics d'AziruMuiil. M;iis (".liailcs VFI n'acrepla |>as celte halaille, Irop désirée de l'eiiiieiiii. Il élail l'oil, parce (lu'il élail palieiit. Il se Uni reiraiiclié hors de la ville, et quand les Anglais furent las de baille la campagne, le roi de France reprit Pontoise en deux assauts, ('.elle l'ois encore Paris lut délivré; mais Paris souffrait, il n'était plus lialiilué à rohéissance ; le vieux levain dArmagnac et de Bourgogne fermenlail dans celle ville écrasée; ajoutez que la ville était tentée par tous les seigneurs mécontents; la paix! tel était le mot d'ordre de ces factieux , et pour commencer ils proposaient la diminution de l'impôt. De tout temps, en criant : .1 bas rhtipôt! il a été facile d'être populaire. Pontoise délivrée, Dieppe appela le roi à son aide. JNous racontons dans un autre chapiire ' Dieppe sauvée par le dauphin.
Maintenant, les Anglais auront beau faire, la chance a tourné, Dieu veut sauver la France ! Charles YII et le duc de Bretagne, longtemps ennemis, ont réuni leurs forces pour chasser les Anglais; le Maine est rempli de nos soldats, Yerneuil est pris (29 juillet 1 ii9), Dunois, le bàlard d'Orléans, est déjà le mailre d'une moitié de la Normandie. Rouen tenait encore, grâce au lord Talhol. — La bataille de Formigny et les Anglais battus enfin en pleine campagne, Formigny, notre première victoii'e depuis tant d'années de désastres et d'horribles défaites, remplit la F'rance de ces vives et saintes joies de la guerre, si longtemps oubliées. A l'instant même, Avranches, Bayeux, Valognes ouvrent leurs portes, Caen est pris, la forteresse le sera bientôt; encore un etlort, et dans l'espace d'une année et six jours, notre province de Normandie, aux sept évôchés, aux cent forteresses, sera redevenue française! — Après la Normandie viendra la Guienne, après Caen Cherbourg; toutes les rives de la Dordogiie attendent le roi de France; de l'embouchure de la Garonne aux fronlières de l'Espagne sera saluée notre bannière triomphante. Dans ce débat où l'habileté ne le cède pas au courage, les plus braves capitaines et les plus habiles politiques de la France se montraient enfin dans toute leur valeur. Ils font assaut de verve, et d'eulrain et de courage. Savez -vous, par exemple, cette histoire de Potron et de La Dire? « Au temps du roi Charles VII, Potron et La Hire « furent deux gentilz capitaines qui aydèrent bien à chasser les Anglois « de France. La llire dit un jour à Potron : Mon conqiaignon, nous « comballi'ons demain les Anglois, (pii ont un si gros noHd)re d'ar- « chieis que leurs llèches nous feront perdre; la clarlé du soleil. Poiron « répondit : Ce sont bonnes nouvelles, nous (•(•mballroiis bii'U à l'om-
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« hre. Un temps après, ils Iroiivèrenl les Anglois dans un fort où il « falloit combattre à pied. La Ilire, qui étoit boyieux, mit pie<l à terre « Potron, pour sa revancbc, luy dit : Mon compaignon, poin^uoi estes « vous descendu qui estes boyteux? La Hire respond : Je suis desceiubi « pour combattre, non pas pour m'enfuir \ » Grâce à de si généreux dévouements, grâce à tant de beaax exemples qu'on pourrait dire encore, la France reprenait enlîn son rang parmi les nations, après tant d'épouvantes et tant de défaites. L'Angleterre, qui avait poussé l'insolence si loin, finit par désirer la paix avec la France, plus que la France elle-même ne la désirait. L'Angleterre était épuisée d'bommes et d'argent, la terre qu'elle avait en France rapportait peu et coûtait beaucoup; point de possession durable; rien de prévu; toutes cboses à l'abandon et au basard; même le lendemain de ses victoires devenues l'ares, l'Anglais avait le sentiment de ses vains efforts pour conserver la possession du royaume de France. Certes, ce n'était pas ainsi que Guillaume le Bâtard avait administré l'Angleterre, par lui conquise. A peine eut-il mis le pied sur ces rivages que Guillaume s'était senti le maitre; tout au rebours, les vainqueurs de Crécy et d'Azincourt osèrent à peine se poser comme autant de voyageurs qui passent et tout prêts à rentrer dans leur patrie, à la première menace. Ceux-là seulement qui étaient les propriétaires viagers de la France anglaise (France ancjlaisel) ne voulaient pas entendre parler d'une paix qui allait les déposséder: mais le peuple et le roi d'Angleterre voulaient en finir avec la France. — Les évêques régents, Wincbester, Canlorbéry, Salisbury, Cbicbester, demandèrent en mariage, pour leur roi Henri VI, Marguerite d'Anjou, une enfant de quinze ans, d'une douce et frêle beauté, la fille du bon roi René, cet aimable poëte dont le nom cbarmant ne périra jamais, tant (juc le midi de la France aura souvenance du plus sincère, du plus amoureux, du plus gai de ses troubadours. Pauvre Marguerite! Elle arriva à Londres, comme serait arrivée la nouvelle d'une bataille perdue ; elle fut reçue au milieu des menaces et des murmures de tout ce peuple insolent et brutal. A peine mariée, on l'accuse d'être de connivence avec le duc de Suifolk, d'avoir empoisonné le duc de Glocester, elle l'innocente fille du Midi... Cependant la France se préparait au dernier effort, elle n'avail plus ([u'un grand cri à pousser pour être libre. Soixante mille bommes étaient venus se ranger sous les drapeaux du roi Cliarles VIL A cette nouvelle, le parlement anglais reste immobile. 11 ne lève pas un bomme, il ne donne pas un écu; périssent la Nor-
' MdiiKsciifs (le /,V7//?/Hr (lîililiollu'qiie du roi).
iiKiiiilie et la (liiieniie, pliilùl (jiie de venir en aide an nouveau léyeni (lu royaume, à ce traître SuHolIv, (jui a niaric' le l'oi anglais à une princesse iVançaise! Allons, nous autres, battons des mains, la France sera libre bientôt! Déjà, nous lavons dit, le duclié du Maine laisse la Normandie à découvert. Les troupes du roi de France reiirennenl tour à tour IVuit-de-lArciie, Vernt'uil, Fvreux; la basse et la liante Normamlie sont en\ allies par Dunois el par le duc de Bourgogne; tout cède à la fortune de la France : Lisicux, Cbarlres , Gournai, Louviers; le roi de France, poussé par celle belle fortune, entrait sans coup férir dans toutes ces villes redevenues françaises, au milieu de l'acclamation unanime des peuples délivrés. Restait à reprendre la ca|»itale de la Normandie, IJouen, la ville à jamais française depuis le su[)plice de Jeanne d'Arc; — si française au fond du cieur, celle ville de Rouen, que le vieux Talbol, comte William de Sclievvsbury (il avait alors quatre-vingts ans), qui assistait avec des larmes à la perle de toutes ces parcelles excellentes d'une terre qu'il avait compiise, se retire <laiis la citadelle, abandonnant la ville de Rouen à l'armée de Cbailes VII. Avec ïalbot s'était renfermé dans la citadelle le duc de Sommerset, régent de France pour FAngleterre; la femme du duc était avec lui; comme il se voyait assiégé à la fois par les soldats et par ces bourgeois valeureux , par le roi de France et par ses capitaines, il demande à cajiituler et à lendre la place. Le roi de France le prit au mot. Le duc de Sommerset rendait la ville et la citadelle de Rouen; il abandonnait le cbàteau d'Arc, il relirait ses troupes de toute la basse Seine, Caudebec, Lillebonne, ïaiicarville, Harfleur, et par-dessus tout cela, juste ciel! le duc de Sommerset livrait au roi Cbarles le liéros de l'armée anglaise , l'ami du roi Edouard 111, le compagnon de Henri V, lord Talbol! Mânes de Jeanne d'Arc, de la vierge sainte , brûlée sur le vieux marché de Rouen, vous avez dû, ce jour-là, vous trouver assez vengées! Vive le roi! et maintenant chantons le Te Deum des nations délivrées du joug! Aussitôt ((ue la ville de Rouen s'est rendue au roi de France , il n'y a plus qu une seule nation dans toute la France. La Seine est libre depuis son premier Ilot jusqu'à la nier. Rouen, aussi bien que Paris, obéit au roi ; Falaise et Cherbourg, tout à l'heure, compléteront celle reprise de possession générale. Eu même temps rAnglelerre perdait la (juienne, Bordeaux, l'Aquitaine, l'Anjou, tout eiitin , tout ce (pi'elle avait pris ou repris dans le royaume , excepté Calais , qui ne devait se rendre que bien plus lard au duc de Guise! En perdant la Normandie, l'Angleterre renonçait an royaume dont elle était sortie, à la terre dans huiuelle étaient ensevelis
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(iiiillauiiic le Cowiuêranl, liichard Cœar-de-Lion cl le duc de liedruil. ïcrrc féconde et guerrière , elle avait été le berceau illnslre de celle nation fameuse, une des grandes nations de ce monde; elle lui avait donné ses campagnes couvertes de moissons, ses forets remplies d'ombrages, son fleuve allacbé à la mer; elle lui avait inspiré ses premiers sentiments de courage et d'bonneur. Et de tant d'eflorts généreux, de batailles illustres , de tous ces grands hommes , soldats , poètes , conquérants guerriers ou conquérants pacifiques , que restait-il? — Loué soit Dieu! il restait la France! — Au moins si les Anglais eussent laissé la France comme il l'avaient trouvée , divisée , appartenant à toutes sortes de maîtres, courbée sous le joug féodal, les Anglais auraient pu espérer de la reprendre, quelque jour, à l'aide de ses guerres civiles; mais cette fois ils la laissaient une et entière, sous la puissance et sous l'obéissance d'un seul roi. — Et maintenant que chacune de ces grandes puissances est rentrée dans ses limites naturelles, laissez faire la Providence et laissez faire la sagesse des deux peuples ! Certes, ils se sont cruellement battus l'un contre l'autre, ils se sont abandonnés à des haines qui seront peut-être immortelles; bien des fois ils se rencontrés, les armes à la main, sur toutes les terres, dans toutes les mers, et pourtant, c'est justement parce qu'ils se sont battus si longtemps, celui-ci contre celui-là, que ces deux peuples sont devenus de si grands peuples. Car la guerre, que nous avons maudite quand la guerre était uniquement la dévastation et le pillage , la violence injuste du fort contre le faible, le triomphe non contesté du bandit contre le laboureur, une suite sanglante d'hommes et d'événements qui se dévorent, qui se détruisent l'un l'autre, une enjambée funèbre à ti'avers des ruines, des débris, des cadavres, des cruautés sans résultat, la guerre nous paraît une œuvre virile et grande et nécessaire quand elle est la suite inévitable, honorable delà position d'un peuple vis-à-vis un autre peuple. Alors la lutte s'agrandit de tout ce i\m est le droit et le devoir. Elle donne à ce grand drame de l'histoire l'intérêt, la majesté, la poésie. La guerre, quand elle est juste, c'est l'emploi légitime de la force, c'est le plus grand moyen de faire triompher la justice, par l'appareil imposant de la puissance. A la fin donc nous sommes arrivés à ces justes guerres que l'historien se plaît à raconter, sans avoir à rougir ni pour le vaincu, ni pour le vainqueur. A l'heure où nous sommes, les gouvernements divers de l'Europe cherchent entre eux la garantie sociale qui les doit abriter contre l'abus de la force. Ils comprennent, confusément encore, mais enfin ils «omprennenl, qu'une certaine égalité doit s'établir entre les royaumes.
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entre les Klals, alin inic désoniinis, gnicc à réiiiiililuc européen, yrace à eette associali.tii de loules les lorees, pas une nation ne soit assez "Tande pour t-craser iuipiméMienl la nation voisine. Qne cette nonvelle révolution s'est lait attendit'! et (piil était temps d'en (inir avec ces allianees mal coudnnées on criminelles, ces traités onMiés, aussitôt que conclus, ces iinerres sani^lantes s'entre -mêlant l'une et l'antre et qui déshonorent les deux armées! Encore une lois, pour tout ce (pii est de la 'nierre lovale, il ne faut pas s'incpiiéler outre mesure. 11 suflit que la guerre soit juste, pour (pielle soit utile. Elle enseigne aux peiqdes leur dignité personnelle, elle leur apprend llionneur ; elle donne aux esprits lé'nergie, l(MuouvemeiU, l'invention; elle montre aux citoyens connuenl il faut s'aimer, c(unment il tant se détendre et mt''[»riser la mort. A ceux qui ne vont pas sur le clianti» de bataille , la guerre enseigne d'antres devoirs : l'abnégation, le désintéressenuMit, le sacrifice, la v(donlé. D'ailleurs il ne faut pas s'apitoyer, outre mesure, sur le malheur de ces époques guerrières, la misère fut moins réelle qu'apparente. L'anarchie portait en elle-même les prim-ipes sérieux d'une vie réelle. Sans doute ou se battait avec acharnement, mais on se battait de grand cieur ; — plaies sai- «mantes et bientôt iiuéries, vives douleurs sitôt oubliées! ruines n'-parées du jour au leiulemain ! Votre étonnement égale votre j(ue, «piand, au milieu de ces désastres, au lieu d'une nation écrasée, vcms rencontrez une nation jeune, vigoureuse, ardente, pleine de foi et d'espérance dans l'avenir. Vous croyez ces hommes malheureux, ils ne se plaignent pas, ils se délèndent, ils attatiuent, ils existent enlin. 11 faut dire aussi que la ruine de l'un faisait la fortune de l'autre : le Breton et l'Aquitain s'enrichissaient à piller la France; le Français et le Pieard revenaient des provinces du Midi, les mains pleines. A ces causes l'industrie et le commerce, qui, de nos jours, portent surtout le fardeau des discordes civiles, n'avaient rien à perdre , ils n'existaient pas encore. Les cités bourgeoises, vigilantes et bonnes gardiennes de leurs nun-ailles, n'étaient guère adamées; le villageois quittait sans peine son toit de chaume pour aller sabriter à roml)re nourricière de l'abbaye ou du château seigneurial . Dans toutes ces batailles la France restait fertile, et c'était \k le grand point. Où était la France ^^ On n'en savait rien enctn-e ; la France n'avait jtas de frontières, elle était ouverte à l'invasion. A la première nouvelle que lennemi était débarqué, soudain les populations prenaient la fuite, c'était un sauvequi-peut! général. Très-souvent il arrivait que, vaincue sur un point , l'armée française, sur le p(»inl opposé, marchait triomphante. Malheur nécessaire et providentiel ! car bientôt les Français apprirent à se pridi'ger
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les uns les autres , à j)ayer de leur personne , à ne pas i'(;nietlre leurs intérêts dans les mains des sei^^ieiirs féodaux, désormais impuissants à protéger ee territoire ipi'ils divisaient en mille parf^elles. — Dès lors naquit, sur les débiis de la société; militaire, la socii'ti'r eivih;. — 1^(; bourgeois se montra enlin, réclamant sa part d'indépendance et son droit de présence dans la défense commune, et cette force nouvelle fut adoptée à l'instant même, par les rois de France, comme le grand moyen de détacher les nouveaux sujets de l'amitié de cette Angleterre, si long-temps unie au continent parla communauté des mêmes intérêts, des mêmes passions, de la chevalerie, de la poésie, de l'urbanité. De ces guerres de France et d'Angleterre des honnnes forts vont surgir, et béni soit le ciel, qui n'a pas permis qu'une des deux nations pût anéantir la nation rivale ! tant il était écrit là-haut que chacune de ces deux nations, malgré les ditï'érences qui les séparent à tout jamais, serait utile à l'autre, chacune d'elles enseignant à sa rivale, l'ordre d'abord , l'obéissance , l'unité, et enfui la liberté. Encore un mot pour achever ce chapitre. L'Angleterre, à peine a-t-elle renoncé à tant de conquêtes , se jette tête baissée dans la guerre des deux Roses , et dans les rivalités sanglantes de la maison de Lancastre et de la maison d'York. Après vingt-cinq années de ces misères, il ne restait plus aux Anglais que la ville de Calais. La mort de Henri V, enseveli dans ses triomphes, la mort de son frère le duc de Bedford, la paix d'Arras, qui devait rendre à la France, sinon l'affection, du moins la neutralité du duc de Bourgogne, avaient ruiné à jamais le parti anglais; pendant que la prudence, la sagesse, l'habileté heureuse, l'autorité adroitement conquise du roi Charles VII avaient en peu de temps rendu la France à ses belles destinées. Mais lui-même, le roi Charles VII , à peine affermi sur ce trône ébranlé par tant de secousses , il eut à combattre un ennemi plus cruel et i)lus dangereux que tous les soldats anglais du prince Noir et du duc de Bedford. — Nous voulons parler de son lils, le dauphin Louis. M. de Montesquieu avait écrit la vie du roi Louis XI; parla maladresse d'un valet, le manuscrit de cette histoire fut brûlé. J'imagine que rien de i)lus heureux ne pouvait arriver à ce méchant roi, qui a été tout à fait un fils ingrat, un sujet rebelle, un juge sans pitié, un père sans cœur, un homme sans foi. Dans le cours de cette vie ([ui ressemble à un conte d'ogre caché dans les bois, ce roi habile et fourbe n'a eu (pi'une j)assion, la royauté; il a agrandi la puissance royale [lar les fourberies, |)ar les trahisons, par tous les crimes de la force. Les événements le servirent autant même que ses crimes. La mort de son frère lui donna la Guienne; la
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maison (rAnjoii s'ôlrigiiil, juste à Iciiips, pour laisser à la Fiaiiee rAnjoii, le Maine el la Provence. S'il enl eonsenli à é|Minser Marie ih^ Honrgopne , Ijuiis \l enirail , à linslanl iiicine, (Mi possession des Etals (le (Charles le Téméraire, hiisc' pai" les Snisses à Moral. Tonr à Lonr proleetenr d'YfM'k et ju-oleetenr de Laneasire , ami dÉdonard IV, allié de MaipuM'ite dWnjon, ce roi-là ne resta lidèle à personne: le honrrean lut le seni ami de ce teiTilde m(»narqne, et pent-ètre son nniqne confident. C.onmie il s'était Itien montré dans les villes de la Normandie, le dan[»l)in Lonis voulnt être duc de Normamlie , non pas })ar le bon plaisir du roi son père, mais comme lavaient été les anciens dncs, par l'éltM'tion des prt'dats et des seijinenrs normands. Tant il est vrai qnil n y a pas de bonheur comidel, l(''inoin Charles VU. Chose étrange! il avait en pour ses amis el pour ses capitaines, Jeanne d'Arc, La Trémouille, Lahire, Xaintrailles , Nemours, Richemond; en revanche il eut tonte sa vie à se défendre contre le mauvais vouloir de sa mère, contre les intrigues hvpocriles et méchantes de sa cour, contre la révolte de son impitoyable lils , soutenu par le duc de Bourgctgne: car ce l'ut chez le duc de Bourgogne, le plus crnel ennemi de son père, ([ue se retira le dauphin Lonis. — A la bonne heure, e''estun renard qui mangera ses poules, disait le roi Charles VIL Le dauphin cependant, installé dans cette cour de Bourgogne , au milieu de ces magnilicences [tins que royales , dans cette vie de fêtes et de plaisirs à l'usage des illustres chevaliers de la Toison-d'Or, se cachait sous les apparences de l'humilité et de l'abnégation : il demandait au duc une armée qui l'aidât à monter sur le trône de France avant la mort du roi son père. Propositions acceptables sans doute, d'un pareil lils à un pareil vassal, mais le «lue de Bourgogne se faisait vieux, il avait dépensé en mille splendeurs les revenus de ses vastes États; il n'était guère jaloux de demander de l'argent à ses sujets flamands pour faire la guerre avec la France. La guerre traîna en longueur. Alors, pour avoir à faire quelque chose d'utile, le dauphin Louis se mit î\ étudier par quels moyens, lors(pril serait devenu le roi de France à son tonr, il pourrait venir à bout du duché de Bourgogne. Jamais l'infernal génie de Lonis XI n'a a}qielé à son aide plus d'étude et d'astuce que dans son exil à la cour de Bourgogne. Vérital)lement la France, quand celui-là sera roi, sera gouvernée par unbomme qui n'estime guère le passé, mais à qui l'avenir est en grande inquiétude, et (pii , avant tout, veut être le maître du temps pi-ésent.
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