I. A NOIiM \.M)li:, H
iloul tiiiali'i! ciiiyei's IciiaiiMil les lèiics. A sa ili'uiLe et à sa i^aiiclic, se IciiaienU dans leur plus uuiiinilique appareil, les ducs de Bourlion, d'Alenrou, de l.oi'raiue, de Neintiurs ; les coiules de Nassau, de Duuuis, de (iuise, de Miuitpeusier, de Cré(|ui;lc Iiarou de MouUuoreury, Louis de la Tréuiouille , les sénécliaux de Touhiust;, de IJeancaire, de Lyon; .lacques de Uoliaii, premier Iiarou du pays de Bretagne. La ville de l'aris avait lendu ses iiiaisons de riches tapisseries, et joueJié de fleurs liiules les rues; dans les carrefours, les confrères de la Passion jouaient leurs plus beaux )mjslcrcti ; le peuple criait : Noël! Noël! et n'f^e le roi! De Saint-Denis, le roi se rendit à Notre Dame de l'aris ; les portes de la cathédrale étaient feruu'es; rarciievè(jue, les évè(|ues, les ahhés, les prélats, alteudaicni h; roi sur le seuil de l'église , et ils reçurent le serment du roi. Le sei'ment prêté, les portes s'ouvrent, et jiendaut que le peuple (hante le Te Dcuin, le roi va s'agenouiller et faire sa prière à l'autel. — Le roi sou^jc au palais , dans la grande salle, où tout le parlement avait été convié par huissiers roxaux. Ce vaste espace étincelant d'or et de peintures était éclairé par des torches. Les boutiques des lihraii'cs, adossées aux colonnes, avaient ('-lé changées en autant de dressoirs chargés de vaisselles d'or cl d'argent. A ces tables couvertes de viandes, de fruits et de vins, étaient admis les députés de la bourgeoisie et des luétiers, les gens des cours souveraines et de l'université, les officiers delà maison royale ; — à la tal)le de marbre, qui occupait tonte la largeur de la grande salle, était assis le roi Louis XH. Pendant le repas, trois orchestres sonnaient des fanfares. — Les fêtes prirent dix jours : moralités, sotties, pas d'armes et joutes ; déjà le peuple saluait son père. Si le roi de France avait refusé de venger les injures du duc d'Orléans, en revanche les amis du duc d'Orléans, dans ces solennités triomphales, environnaient le roi de France. Au premier rang de ces dévoués et de ces fidèles, il faut jdacer Georges d'Amboise, que leroi venait de donner à la Normandie pour son archevêque, et comme le don le plus précieux que pût faire Louis XIÎ à sa province bien-aimée. Conseil du duc d'Orléans en toril(>s choses, (ieorges d'Amboise l'avait tiré de la grosse tour de Bourges où il était prisonnier; il l'avait empêché de partir pour l'Italie, pende mois avant la mort de Charles VIll. ■< Homme de cœur, d'expérience, de lovante et de " ])onne vie; le roi le tenait tout près de sa personne, soit qu'il traitât « d'alfaires sérieuses, ou qu'il songeât à exercer son esprit; toujours (I seul avec lui dans sa chambre, et conipagn(ui dans fous ses voyages' ! »
' ClaïKle (le Seyscl, \kv^(' 101.
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— Ces pi'oniiéi's devoirs ar(-0H)plis,el ees espérniiees données ;iu Ixinlienc |)nl)lic, le roi Lonis XII résolul de reporter la i^ncrre en Ilalie. Il prt'-lendail au duclié de Milan [»ar li^s droits de Valentine de Milan, son aïeule, an royaume de Naples, par les droits de la maison d'Anjou. Pour mieux s'ouvrir Tllalie , le roi de France accueille avec les plus i^^rands honneurs, dans sa bonne ville de Paris, le fils alxuninahle de raliominalilc pape Alexandre VI, cet infâme Boreiia, l'amant doublement incestueux de sa propre fille Lucrèce. En moins de vinp;t jours, le Milanais était conquis ; en quatre mois, tout le royaume de Naples. Cette armée venue de France était aussi brillante (pu; l'armée d(î Charles YIÎI;'; elle avait son chant de guerre improvise par le poêle Jean d'Auhu», l'auteur de la c!i}'ouique qui porte son nom :
.■ ■ ■-■ :: • •■ Alaniie! nhiriiu'! ô rjntlicdns smulards! .'■.'* . ^.. ; Mettez avant, hiiices, piques et dnrdsî . • .;. ,• . •:
Soldats et capitaines, ils s'étonnaient également de toutes les merveilles de l'Italie ; ils admiraient ce beau pays, « couvert de bois de haute Il lulaie, de champs fleuris, de courantsruisseaux, de claires fontaines, « de maisons et de jardins de plaisance. » Les historiens racontent à plaisir tous les enchantements de ce voyage à main armée. Ils disent l'entrée du roi. à Milan, où le duc de Ferrare et le marquis de Mantoue vinrent pour le recevoir; sur les portes de la ville il y avait écrit en lettres d'or : Loys rois des François, duc de Milan. Et non-seulement les seigneurs de l'Italie furent les bienvenus auprès du roi de France, mais surtout les poètes, les artistes, les architectes, les artisans célèbres; le roi donna un château pour un bel exemplaire des Discours de Cicéron. Nous n'avons pas à dire ici comment s'évanouirent toutes ces conquêtes en Italie, le roi d'î^spagne elle roi de France se disputant le royaume de Naples, à la grande indignation et inquiétude de l'Europe; — les Français et les Espagnols se rencontrant dans les plaines de Seminares (loOO-îoOr; — le duc de Nemours, le dernier descendant de Clovis, tué à Cerisolles par Gonzalve de Cordoue, le grand capitaine qui donne Naples à l'Espagne, et qui le lui donne pour deux siècles; — la naissance de Charles-Quint, — la mort d'Alexandre Borgia, — l'avénement de Jules II, le pape des poètes, des artistes et des grands seigneurs, au trône pontifical; — la ligue de Cambrai formée contre les Vénitiens, et dissipée comme se dissipe toute ligue, aussitôt que l'un des ligueurs trouve son intérêt à la i-ompre; — la mort de lleuri VII d'Angle-