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IiMM'i', ((iii (■«•tic la placo à Henri \ lll; — le coiicilc de Lalraii, le coiieile «le l'ise, — la halaille (1(> Uaveiiiie, gOiîiiée sur les coiil'édérés (Jules 11, rertlinauti, Henri ^ 11! d'Aiiiilelerre, el les Suisses); — puis le elievalier Hayard, I.aulrec elle due de Nemours, ce Iteau jeune huuiuie de vinyl- Irois ans, — (lasl(ui de Foix, le neveu du roi de France, laissé inorl sur le champ de l)alaille: — le >Iilauais perdu pour la Fi'ance; — le concile de Pise, transféré à Milan, el do Milan à Lymi; le royaume de France et la ville de Lyon mis eu interdit pai' Jules 11, vaines menaces du pouvoir }»onlilical ; — la UKU't delà rtMue Anne de îin' -lino, el la mort de Jules 11. el l'avénemenl solennel de Léon X ; — iioiiis Xll ([ui reprend le Milanais el (jui le perd pour 1;'. dernière fois à la halaille de AiOvarre; — -le lioisiènie mariaiiede Louis Xll ipii épouse Marie, la S(i3ur <lu terrible Henri Yïll, Marie, aimée du diu' dAniioulème (Fr.inçoisr''' i, <|ni pensa se donner un mailre et donner un roi à la France. Louis XII meurt àl'aris, le I''^ janviei' l.'it'J.en lliolel des Tournelles, pleuré de ce peuple (|u"il avait tant aimé. Malgré tant de ynei'res malheureuses, tant de coiu|uètes inutiles, le peu[)le de France n'avait jamais, depuis lanlôl trois cents ans, connu un si bon temps. Layricullure était llorissante^ les linances étaient ménagées, l'impôt n'avait {tas été augmenté ; aussi, Iors(jue les élats de Tours décernaient an roi de France le titre de l'èi'e du peuple, le plus saint nom qu'on puisse donner à un prince, la nation tout entière accueillait avec transport ce litre mérité par son roi. Les arts elles lettres, non nujins (pie Tagricullure el le commerce, furent encouragés sous ce règne, excellent entre tous. Le tiers du royaume, qui était eu friche, api)rend à sentir la chr.rrue ; les villes prennent un aspect tout nouveau; la France sait enlin ce ([ue ("est que l'art et l'élégance. Louis Xlï el (leorges d'Amhoise ra}qiorlent d'Italie une architecture inconnue à la France, rarchitectui'e (|ui hàtit non pas des cathédrales gothiques el des châteaux forts, mais des maisons élégantes, des palais pour les princes, des châteaux de plaisance pour les seigneurs amoureux des belles choses, le château de Gaillon, par exemple, mélange heureux de l'architecture et du slvle yrec, et le palais de justice de Uou(mi, une autre créati<uî du cardinal d'Âmboise et du Fra (liocondo, rarchitecte de Louis Xll. j^e palais de Uouen n'était pas encore achevé, qu(> le roi de F»-auce y voulait tenir un lit de justice, afin que rien ne uian([uàl à la coiisécrali(m de ce riche édifice, aujourd'hui couqiléleiuenl remlu à sou élégauce primitive, n(ddes murailles sur les((uelles la France pouvait comprcmlrc enlin ii'iitcs les Liràcesel toutes les merveilles de I a relii lecture de la renais-
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sauce. Le li'ùnc royal fui di-essé dans layi'aiurcliaiiibre du palais de jiislice, sallciiiiuieiiseauxlainl)risdecliénc sculptés clauxpendeiiUrs dorés, toute éblouissante et toute chargée de moulures, d'arabesques, depor- Iraits, d'onieniculs légers et gracieux. Le roi avait, à sa droile, le légat ; les i)riuces, à sa gauclu;; la noblesse entourait le trône; au pied du trône, le peuple; et tout au fond de la salle, l'armée des artistes, peintres, imagiers, doreurs, vitriers, venus tout exprès de l'Allemagne ou de l'Italie pour embellir la salle de Georges d'Amboise. A Milan, quand ils étaient les maîtres, Louis XII et son ministre avaient vu de près ce grand bomme, le Michel-Ange de son temps, Léonard de Vinci , excellent génie en toutes choses, peintre, sculpteur, architecte, mécanicien, à ce point qu'un savant critique' a retrouvé récemment dans l'immense cahier de la bibliothèque Ambrosienne, écrit par Léonard, comme l'idée première de la vapeur. Quant à ce qui est l'esprit et la poésie de ce temps-là, le goût liltéraire n'est pas aussi exercé que le goiit des autres arts; l'esprit français du seizième siècle est pédant, sentencieux, diffus; il affecte l'érudition; le mot étouffe l'idée, la pensée expire écrasée sous la phrase. C'est que les langues anciennes, nouvellement retrouvées, se bégayaient à grand'peine, pendant que les langues modernes n'étaient pas faites encore; le seizième siècle, surpris et charmé à l'annonce des grands noms et des grandes œuvres de la Grèce et de Home, ne savait pas encore par quelle invocation magique il dirait à l'antiquité païenne : Marche devant nous, nous te suivons ! — Le roi Louis, père du peuple, est mort! Ce cri funèbre retentissait pai" toute la France, que déjà François I»^'" montait sur le trône. François F'" était l'arrière-petit-fils de Louis d'Orléans, assassiné par Jean-sans-Peur, el de Valentine de Milan; il avait vingt ans, il était beau, plein d'esprit, de bravoure, magnifique en toutes choses. Le roi Louis XII lui avait donné sa fille (Mande, fille d'Aune de Bretagne. Je vous recommande mes sujets, avait dit le roi Louis XII, en mourant. Mais le roi avait bien jugé son successeur, quand il avait dit : Ce gros f/arçon gâtera tout. Fi'ançois L' était avant tout un chevalier; il avait été élevé dans tout ce ({ui est l'éclat el la gloire ; il élait né au bruit du canon. Jeune enfant, il n'avait entendu parler que de bataillesetde con- (iuêt( s ; la conquête de l'Italie avait été son premier rêve après avoir été le rêve de Louis XII. Aussi bien, dès le mois d'août (1505), le roi de France se met en marche. L'armée française n'avait jamais été plus
M. I)clcciii/.(*.
l>jill;iiil(' t'I [dus iiuiiiliii'iise ; elle avail, poui' lui donner l'exemple, cl pour l;\ ceiidiiire aux lions sentiers, le chevalier Hayard dans loule sa renoinni('e. A \i\ lèle de rarnu''e niarcliail le eonnétable de Bourbon, (pii depuis... mais alors il élail dévoué cl (îdèle. Le roi, en partant, laissait;! Louise de Savoie, sa mère, la régence du royaume. — Le 1 i septemltre (le roi avail passé la nuit couché sur l'alTiUd'un canon), la halailledeMarignan est C(unplétemenl gagnée sur les Suisses. Le inaréeiial de Trivulce ap[»elait .Marignaiu//t co nt ha l tl c (j ca x l s : c v\-tù[ la première grande victoire (|ue les Fraiu;ais eussent gagnée depuis (h'écy, Poitiers et Azincourt. A l'annonce de celte hataille, le sénat de Venise inscrit sur le livre d'oi' le nom de François F'" et des princes de sa famille. — Bataille illustre, cette bataille de3Iarignan; mais elle n.ettait les grandes nations de l'Europe dans le secret tles ambitions de la France; elle préparait, par les résistances mêmes du reste de l'Europe aux projets de la France, la grandeur à venir de l'Espagne ; enlin elle ouvrait à Charles-Quint l'Italie et la domination du monde. Par la mort de Ferdinand le Catholique, Charles-tMiinl venait d'hériter de la monarchie esj»agnole ( 1516 ) : il avait à lui seul la succession de la maison de Bourgogne, rEs[)agne tout entière, le royaume de Naples, et ce monde nouveau, immense, que le Génois Christophe Colomb venait de donner à l'Espagne. A celte puissance, déjà sans contre-poids, et <jui menaçait de grandir encore, la France pouvait opposer l'unité de son territoire, sa position merveilleuse, son double rivage, la vaillance personnelle de son roi, l'enthousiasme et l'obéissance du peuple de France, l'humeur belli(|ueuse et chevaleresque de la nation, l'alliance des Suisses battus par les Français à Marignan, et tiers maintenant de suivre les drapeaux de la France; enfin ses capitaines, Bayard, la Trémouille, Laulrec, le vieux Trivulce, la forte tète du conseil. — Entre François L' et Charles-Quint, celui-ci emporté par son cmirage, celui-là brave par nature plus que par tempérament, l'un hardi, l'autre j)rudent et rusé; François, le roi en belle humeur, Charles, le roi sérieux, môme dans ses joies; François, le meilleur cœni', Charles, la meilleuie tête de l'Europe, l'Europe entière fut divisée pendant trente ans. Entre ces deux puissances formidables, la lutte fut d'autant plus longue et plus acharnée, que celui qui ani'ait pu faire pencher la balance, Henri Vlll d'Anglelerns également intéi-essé à l'ariaiblissement de l'Espagne, et à l'affaiblissement de la France, ne pi'il nulle piirt à ces longs débats, (jui servaient sa propre grandeur.
Après la mort de Maximilien, ('harles-QuinI fi François 1" se dispu-
4;>î LA NOHMANDIE.
lent le grand tilre (rempereur : c'csl Charles <iiii reiiiporle ; alors la France se trouve envelopitée parles possessions de la maison d'Aulriclie, le soleil ne se couche plus sur les domaines du roi d'Espagne, niailrc de l'Amérique, maître des Indes. — L'Amérique et l'imprimerie, (\eu\ révolutions qui n'ont pas leurs égales dans les annales des peuples; le connnerce et l'argent de l'ancien monde, l'or du Pérou et l'or du Mexique, a|T})ortèrent dans les affaires politiques des chang-ements que nul ne pouvait prévoir : la marine militaire et la niarine marchande s'agrandissent de toute l'étendue d'un Océan sans rivages. Dans celle route nouvellement tracée au génie, au travail et à l'anihilion des [teuples, les Normands entrent hardiment . les frères Permenlier de Dieppe découvrent l'île de Fernandjouc; Jacques (jarlier, le hardi navigateur, signale le premier l'île du Canada ; Roherval s'élahlil à l'île Royale dans l'Acadie ; les uns et les autres ils prennent leur honne part de ce monde nouveau que rêvaient les navigateurs deDieppemêmeavantChristopheColomh. — Et Luther qui fait entendre ses premières menaces ! ■ — La mort de Léon X i\m a donné son nom à son siècle. — La trahison du connélahle de Bouihon, le seul traître que lesBourhons aient jamais compté dans leur race. • — La mortdu chevalier Bayard, tué à la retraite de Rehecque par une aiqnehusade : "Quand il sentit le coup, il se prit à crier : Jésus! Si prind son épéepar le poignée et haisa la croisée, en signe de la croix. » — Bataille de Pavie (14 février 1 5:26) : Tout est perdu, fors l'honneur. — Le l'oi Jean, pris à Poitiers, fut traité avec plus de courtoisie que François I*^' pris à Pavie. — Traité de Camhrai (I5'20) qui termine les guerres d'Italie enli'e François T' et Charles-Quint. — (1oô4.) Henri VIII, pour épouser Anne deBoulen, lait déclarer par son parlement l'Angleterre affranchie du pouvoir et de la juridiction du pape. 11 s'empare des hiens ecclésiastiques; il fonde une Eglise nouvelle dont il est le chef. Comptez déjà que de progrès ont signalé la réforme religieuse! Elle est en Angleterre, en Allemagne, en Suisse ; elle menace les Pays-Bas, l'Ecosse, la Pologne, la Hongrie ; elle agite l'Italie, elle intjuiète l'Espagne; peu s'en faut que la France, ce royaume de l'opposilion religieuse, n'adopte ces nouveanlés hardies dont se préoccupent toutes les âmes. Déjà les opinions de Luther ont pénétré dans le parlement, dans l'université, dans la nohlesse,dans la hourgeoisie, dans les esprits les plus avancés : la duchesse de Ferrare, Renée iille de Louis XII, Marguerite reine de Navarre, sœur de François P', lahelle duchesse d'Etampes elle-même, penchaient du côté de Luther. Erasme, ce Vollairt- du seizième siècle, le liel esprit guoguenard loul disposé aux raillciirs pi(|UHnlcs. allaquail , par l'espril cl le sarcasnn' . les