‹ La NormandieChapitre 84 sur 118 · I -A NoUMANDllv ',:;:j · texte numérisé non relu

I -A NoUMANDllv ',:;:j

inèiues .iImis (|ii(' Lui lier avail sii;iiiil(''s par ses (MiHKtrlcmciils el sos rolères. — (7 janvier l.'iiT.) Mort du roi (rAîiiilclorrc ; lioii mois après, François 1'', son rival, niiMirl à l'aide de ciiKjuanle-Irois ans.« Les (lames pins (|uc les ans Ini cansèren! la mort. » — )1 a en l'honnenr (le rt'sister à tonle l'Europe ; — il a ('\v le père des sciences el des lettres, — il a i^ai^né la bataille de Marii^nan ! — le roi dn seizième siècle, ponr tout dire. — AnIanI ([ne les Mt'dicis, el plus (pic l'emperenr Cliarles- Qnint, Fran(;ois l*^'' s'est montré le proteclenr des lettres el des arts. — 11 a été l'ami de (ilémenl Marol, le patron de Benvennto Cellini et du Primalice, l'admirateur passionné dn Titien ; Léonard de Vinci esl mort dans ses bras. Depuis le siècle de Périclès, el depuis le sièc1(^ d'AngusIe, le genre linmain n'avait pas produit tanl de cliefs-d'œnvrc dans tons les arts de rimagination et de la pensée; riiisloire, l'archilectnre, la {seinliire, la poésie, brillent d'un éclal inconnu. L'éloquence se fait jour parmi tant de débats étranges, les sciences s'atta- (inentanx problèmes les plus liardis. L'Italie jette au loin son intelligence, ses l'icliesses, ses grands lenvres; elle esl agric(dc, elle est conunerçante , et elle emploie avec un égal bonbenr la laine el la soie, le marbre el le fer, l'or et l'argent ; elle attire à elle tous les produits dn Midi et du Levant. Cbassés de Constanlinople, les (Irecs, ces exilés pres- ([ue divins, ramènent avec eux tous les souvenirs poétiques de la grande patrie. — Terre bénie, terre féconde, cette Italie, — beau ciel, — resplendissant soleil, nobles ruines de l'ancien monde, religion des esprits qui parle égalenient aux sens de l'bomme el à son c(cur. Celle éternelle beauté de la patrie italienne, incessamment errante et féconde, tout, et même les émotions de la guerre, devait servir à i'(''veiller le génie à peine endormi de la lerre qui avail })roduil Horace, Tibulle,Salluste,Cicéron et Virgile. Réveillée, l'Italie réveilla la France. Florence l'élégante, la Florence des grands peintres, des arcbitecles excellents, des bardis sculpleni's, des fenuues belles, galantes, parées, devint le modèle de Paris; les M('dicis, ces marcbands gramls seigneui's. enseignèrent aux rois à venir comment ou aime, connneul on récompense les artistes elles poêles, — Dante a paru, il a créé la langue italienne. Pétrarque a cbanté ses mélodies les pins c(HM'ecles ; le cardinal Bembo, l'élégant disciple de Virgile (U'iAl), annonce en vers latins la venue de l'Ariosle (L-ior)), et celui-là révèb^à l'Italie attentive et cbarmée les plus cliarmants mystères de celle langue pres(|ue divine. — Dn même i)as marclie le Tasse, l'amoureux (b; la princesse de Ferrai'e Eléonore, la muse inspiratrice autant (ju'ingraîe ; beau p(tële qui cban-

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lailà rEiiiopc Icséinolioiis iilViiiljlifs des ci'oisades, les i^loires, les com- JKils, les V(>y;>i;cs loinlaiiis, les vieilles anioiirs, les légendes du moyen ài^e, el ses Italnillcs et ses amours. A la suite des poètes épiques, arrive uécessaireinent le poêle dramatique, carie récit passe avant l'action ; car, si la poésie épique se coiilente d'un lecteur isolé, le drame veut, avant loul, beaucoup d'hommes p(uir en faire des acleurs, et beaucoup d'iiomnics (|ui prêtent leur âme, leur cœur, leur espi'il, leur oreille, à l'aclion de la poésie. Au nombre des poètes dramatiques vous avez le cardinal Bibiena et Macbiavel. Léon X est un grand poëte, non-seulement par les poêles qu'il encourage, mais par lui-même. Il écrit, et il écrit à merveille la belle langue que parlait Virgile. Boccace et Machiavel, inventeurs de la prose: ils raconteni, à la l'açon de témoins oculaires, ce (pi'ils ont vu et ce qu'ils ont appris, celui-ci dans le congrès des ré- , publi(iues, celui-là dans le boudoir des belles courtisanes florentines; l'autre enlin à la cour de Léon X, d'Adrien et de Paul ÎII. Gloii'e à Dieu au plus haut des cieux ! c'est le siècle de Raphaël, de Jules Romain, de Caravage, du grand Michel-Ange, du Titien, du Corrége, de Tinloret. La basilique du monde chrétien, Saint-Pierre de Rome, se dresse dans les airs comme pour attester la toute-puissance de l'idée chrétienne. — Dans le Midi, le chrislianisme triomphe et s'enivre lui-même au milieu de toutes ces pompes et de toutes ses magnificences, pendant que le Nord, calme et sérieux, ne songeait qu'à la conquête de libertés nouvelles. C'en est fait, le doute s'était mêlé à la croyance ; l'Eglise était blessée; les licences de la cour de Rome, son oisiveté , ses discordes, préoccupaient d'une étrange façon même les chrétiens les plus fervents de l'Europe : une réforme était désirée et attendue de tous; elle était dans toutes les âmes, on la retrouvait au fond de toutes les espérances. Il est vrai que la cour de Rome avait résisté aux premières tentatives; résistance inutile, le supplice de Jean Uns n'avait fait que rendre plus authenti(jues les premières oppositions. L'Eglise était désornuiis abandonnéti aux disputes iTradidit munduin disputalionibus. C'est alors que l'on vit arriver le grand réformateur, Martin Luther, cet homme qui devait accomplir à lui seul la plus importante des révolutions qui aient agité le monde. Enfant du peuple, lils d'un pauvre mineur, esprit singulier, âme énergique, profond courage, cœur indompté. Un voyage qu'il fit à Rome (îolO) l'avait j)énétré d'horreur [tour la corruption de la cour pontificale. Il revient pénétré de douleur, plein d'in(|uiétude, avide d'apprendre; il connuaiidait à grand'peine au tiiimillo intérieur de la passion. Parla jtrièrc , par la médilalion , par l'absliiienc*' , il

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se prépaijiil ;iii\ ur;in«l('s l»;il;nllcs. Il lu! ('(•(UiU! anssilôt (jifil roiiipil h; silence, rar riiis|»iiali(>ii (Mail dans sa |iarele. Sa paroli» pnulnisail sur les ànies rell'el \\'unc toiclic ardc/ilc jc/cc sur c/es (jcrbes de hir. Il cill snrle-(liai!iii lies cnneniis el des disciples; ses ('ciils, linih'S |nd»li(|nenienl à Lonvain, à (loloiine , à IMayem-c, reniplirenl l(; iinnnle de lenr enllionsiasine el de leurs nialt'diclions. Viiv ces livres, ranlorih' An pape ('lail sapée dans sa liase. — Lcrc^z/c de Rome! disait Lnllier. La peiséculieii le grandit enc(H'e; il riapi)e à coups redoublés sui- les adorations et les obéissances de quinze siècles. Plus de messe, |dus de coulession aiiricnlaiie, plus d'adoration des saints; le juètre devient l)ère de l'ainillc, les couvents S(MiI l'ernu's, les v(eux monastiques sont abidis, les biens du clerj^é reviennent à l'État. — Alors commencenl les guerres religieuses, d'horrildes guerres où les eatboliques et les protestants se désbonorent à plaisir. — D'un côté, l'Allemagne, les borreurs delà Saint-Baribélemy, les fureurs de la Ligue, l'assassinai

du Roi Henri IV, les massacres de l'Irlande, la révocation de l'édit de Nantes et les dragonnades; d'autre part, les l)iu bers de Genève, les violences sanglantes de Munster et l'asservissement abominable de l'Ir-

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