‹ La NormandieChapitre 85 sur 118 · L A N O II M A N I) I E · texte numérisé non relu

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lande, et la guerre scélérate déclarée par les protestants, aux temples, aux autels, aux tableaux, aux statues, aux tombeaux même , aux cliefsdreuvrc dans tous les arts. — (lo47-loo9.i— La race des Valois expire avec le roi Henri il : c'est une autre société qui s'empare de la France; le marécbal de Saint-André perd la bataille de Saint-Quentin. — Prise de Tbionville et de Calais par le duc de Guise , Calais la ville anglaise , ce cbef-d'œuvre guerrier du roi Edouard; c'était tout ce qui restait aux Anglais des conquêtes de ce grand homme — Mariage de Jeanne de Navarre, la digne mère de Henri IV, avec Antoine de Bourbon. — Marie Stuart épouse le dauphin de France. — Mai'ie, lille de Henri VHI et de Catherine d'Aragon , la sanglante Marie , rétablit pour un instant la religion catholique , apostolique et romaine dans l'ile de la Grande-Bretagne. — Abdication et mort de Cbarles-Quint. — Par l'édit d'Ecouen, les réformés sont punis de mort. — Les Montmorency, les Chàtillon, les Guise; l'amiral de Coligny, chef des calvinistes normands.

« Ccst la déduction du sumptueux ordre, plaisants spectacles, et '< magniliques théâtres dressez et exhibez par les citoyens de Rouen , « ville métropolitaine du pays de Normandie , à la sacrée majesté du « tres-chrislian roy de France, Henry second, leur souverain seigneur, « et à tres-illustre dame madame Katharine de Medicis, la royne son « espouse , lors de leur triumphant , joyeulx et nouvel advenement en « icelle ville , qui fut es jours de mercredy et jeudy premier et second « jours d'octobre, mille cinq cens cinquante, et pour plus expresse in- « telligence de ce tant excellent triomphe, les ligures et portraits des « principaux aornements d'iceluy y sont apposez chacun en son lieu , " comme l'on pourra voir par le discours de l'histoire '. «

La description de ces fêles brillantes compose, en effet, un très-curieux chapitre. Rien n'y manque : les conseillers échevins de Rouen , les citoyens de ladite ville , les principaux et les plus éminents , avaient délibéré et arrêté l'ordre qu'ils tiendraient « en icelle entrée, sous le bon « plaisir de mondit sieur l'amiral , gouverneur de Normandie , soubs « M. le Dauphin. » Venaient d'abord les archers, honorablement montés et vêtus de la livrée de l'amiral, cinquante hommes accoutrés de cottes de maroquin blanc sur pourpoint de satin jaune; les maisons parées de riches étoffes et tapisseries , mêlées de fd de soie ; les trois légions mendiantes : cordeliers , jacobins , augustins ; les vingt-quatre

• Rouen, 1,5,51, l vol. in-40. 17741, Bililiotlièque Mazaiine.

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iiiosiirciirs de i^raiiis, à cliev;!!, vcMiis de cnsiKiiies dr liillVias i;ris: les coiii'llci's (le vin, V(Miis (le (laiiiits noir; les (|iiaranle t'oiirliiM's-aiiiH'iiis de drap , vêtus de salin noir, ri'iiéc Iticn doi'ée dans le ruuircau ; l(;s vendeurs de poisson el auneius de loile; les gens de la monnaie, en vestes de danuis noir; les deux pesenrs; les quatre sergents du vieiunle de l'eau, en huigues rcdtes de satin noir, doublées de velours noir; les einquanle arbalétriers de la ville, les luMjuelons d'ieelle d'argenl. Venaient ensuite le lieulenant-général du bailli de Rouen , les six conseillers éclievins modernes , les anciens conseillers accompagnés des quatre quarleniers. A la longueur de deux |»i(pies , marcbaienl de grâce hardie et belliqueuse, (juinze cents soldats de cinq à chaque rang, distribués en trois bandes; trois chars triomphants et leur suite d'excellente richesse et beauté. Le char de religion, et sur le train de derrière dudit char triimiphant étaient assises trois dames d'un maintien gracieux; celle du milieu se nommait Vesta, déesse de religion. « Après « avoir humblement salué le roy, commencèrent ensemble à chanter « mélodieusement, chacune tenant sa partie de musi([ue, et plusit'urs « cantiques de louange! » Sans compter des éléphants, au nombre de six, approchant fort près du luiturel. A la queue des éléphants suivaient, les bras liés, la tète baissée, plusieurs captifs. Ln jeune enfant représentait la noble personne du monarque et dauphin de France , le capitaine des enfants d'honneur à cheval. — Mais dans ce brillant cortège, ceux qui attiraient les plus avides regards, c'était la suite non moins grave que magnifique du parlement , composé « de quatre presi- ' dents, accompagnez de quarante conseillers, de deux advocats du roy >' et du procureur gênerai, du greflier civil et criminel, el des requestes ' dicelle court , tous vestus de leurs robbes d'escarlates rouges, dou- '< blees de velours, le chaperon d'escarlate, fourrez d'hern.iines, esteu- « dues sur lespaule; excepté que les présidents avoienl une épitoge « d'escarlate semblablement fourrée d'hermines estendue sur leurs es- ' paules, leurs bonnets de velours noirs, mouliez en façon de mortier, " le rebras aussi fourré, et que les grefliers porloient ung chaperon •< de lin drap noir, à bourlet el longue cornet. Ceste tant honorable ' compagnie estoit précédée des huit huissiei's de ladite court , portant •< robbes de brune escarlate, le chaper(ui de drap n(tir à longue cor- « nette, la verge pollye à la main. Et pour la dilference du [U'eniiei' X huissier aux autres ses conqtagnons, il avoit chef couvert de son « mortier de drap d'or, le rebras foiu'ré d'hermines.. Les mulles de « mesdictz seigneurs les présidents conseillers et de leur suytte, estoient

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« ricliemeiil houssez et haniacliez de iioii', enihellys de ganiiliires do- « rez..., leurs huiiiais bravement accoiistrez de leur livrée... A la siiytle '< de laquelle court de parlement estoient les advocats et procureurs, « chascun honorablement vestu, et montez sur leurs nniUes, lioussez el « enharnachez conformément à leurs babils et cpie Testât de judicature « le requeroit, qui marcboient troys à troys d'une espace entre eux » moyennement distante... «

C'est bien triste, savez-vous, d'écrire l'histoire des troubles civils qui, pendant trente-sept ans, couvrent la France de ruines, de honte el de sang. On se perd dans ces intrigues compliquées, on reste épouvanté de ces guerres dont le résultat est plein d'amertume. L'aristocratie féodale n'a pas été tellement brisée par le roi Louis XI, que de temps à autre elle ne retrouve les souvenirs et le regret de sa puissance passée. Charles VIII, il est vrai, el Louis Xïi, el François I", ont occupé les gentilshommes de leur royaume dans les guerres d'Italie; mais, pour avoir été entraînée dans ces distractions de la gloire, la noblesse n'était pas vaincue au dedans; elle attendait Richelieu et Louis XIV pour son abaissement définitif. D'autre part, le tiers état, les bourgeois, tout puissants qu'ils étaient devenus, n'étaient pas encore assez forts pour résister victorieusement aux maîtres du sol. Le nom de l'homme et sa dignité avaient conservé, sur les bourgeois, une grande autorité morale. Le bourgeois se rappelait les vieilles guerres , il aimait la mêlée des armées , il ne s'était pas encore amolli dans les charmantes douceurs de la vie pacihipie ; les armes , les combats , les chevaux de bataille , les arnuires brillantes au soleil, plaisaient à ses regards éblouis; les bourgeois suivaient vohmtiers les seigneurs dans la mêlée, si Itien que la paix ne pouvait être mdle part dans un royaume où très-peu de gens, dans la noblesse aussi Itii^n ([ue dans le peuple, avaient appris à aimer la guerre. Au moindre prétexte, bourgeois et seigneurs, ils couraient aux armes, le plus souvent pour l'unitjue joie de se battre. A plus forte raison furent-ils disposés aux combats, (juand le malheur des lenq»s vint apporter en France les passions religieuses. L'empressement pour la réforme religiiHise fui d'aulant plus vif que ces âmes ardentes comprenaient plus confusément (pielles effrénées batailles allaient se livrer autour de celle passion nouvelle. Le protestantisme fut reçu chez nous, non pas avec le calme sang-froid de l'Allemagne, mais avec une joie qui ressemblait à celle que peut causer rap|iariti(Mi d'une belle tragédie. La mort de Henri II, ce roi brillant, tué par M. de Montgommeri dans im tonriH)i, ne lit qu'augmenter notre penchant pour ces nouveautés

,iui conlcnaionl en gonue tant .le .Irsor.l.rs. Hienlùt le lanalisnu. s\u. Hu, fanaliciues oalvinisles, ealli..li(ines fanaliiiues, ra-e el sani; des

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deux côtés; des hommes qui résisleul à rauloiilé royale, les gentilshommes regardant comme un de leurs droits le droit de se défendre a main armée. De là ces guerres civiles, acharnées , sans Un ! Du sang des deux parts: mais du côté des catholiciues, la nuit sanglante, horrdde, la honte exécrable de la Saint-Barthélémy, l.es règnes de François II de Charles IX, de Henri lU, la première partie du règne de Henri IV, c'est le même drame joué par les mêmes acteurs. Ces acteurs, les voici : les Guise le duc de Lorraine , le connétable de Montmorency, les Chatdlon, Antoine, roi de Béarn; Henri de Béarn , les princes de Conde, le chancelier de IHospilal , M. le premier président Matthieu Mole , M. de Harlay , M. de Thou; et des personnages d un plus doux aspect, mais d'une iniluence non moins dangereuse sur les destinées de la France : Catherine de Médicis, Marguerite de Valois, Marie Stuart, Jeanne d'Albrel, la duchesse de Nemours, madame de Montpensier, madame d'Aumale, Gabrielle d'Estrées, les héros de nos guerres civdes ! Ne croirait-on pas, au premier abord, que ces esprits .1 élite, ces jeunes -ens ces belles personnes vont s'entendre sans livrer bataille? Ce se-

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rail peu connaîlrc le cieiir limnain. Au contraire , plus l'aniilié a élé grande, plus la liaine sera profonde. On se tue avec raj,^e, on se ruine avec joie, on sait, dans les deux |)artis, où les (îoups doivent porter pour faire plus de mal; racliarnenieul va si loin (pi'on est content de tout perdre, pourvu (jue, de son côlé , reiinenii ne sauve rien, pas niônie l'honneur. Ce ne sont que troubles, divisions, jalousies, haines des deux parts : Guise, le vaillant capitaine, ce héros qui avait repris Calais, Idncle de Marie Stuart, reine de France et d'Ecosse, la fdle de Marie de Cuise et de Jacques V' , Catherine de Médicis, insolente et (ière, sanglante reine qui égoryeail une moitié du royaume, pour dominer l'autre moitié; Antoine de Bourbon, roi de Navarre, un soldat bon à être tué sur le glacis d'une ciladelle, ce qui en effet arriva; Louis de Coudé, né pour les grandes entreprises; l'amiral de Coliguy, un de ces hommes qui naissent grands et qui vivent grands, naturellement et sans effort. Et pour contenir cette mêlée d'hommes illustres, d'esprits révoltés et d'épées redoutables, seul contre tous, M. le chancelier de l'IIospital, qui ne connaît ([ue le bien de l'État, qui n'appartient ni aux princes du sang ni aux Guise, rare honneur, autiipie vertu connue on en voit quelquesunes dans les Vies des liommes /llnsires de Plutarcpie. Sous le chancelier de l'Hospital, le cardinal de Lorraine introduit en France le tribunal de l'inquisition et ses justices abominables ; car c'est un fait acquis à l'histoire, la Normamlie, depuis les jours de François I", subissait le tribunal de l'inquisition. Cet atfreux tribunal, juge des consciences, avait étal)li son domicile à Evreux, et d'Evreux il surveillait la province entière. En vain le parlement de Normandie avait protesté contre cette justice exceptionnelle, l'ordre était venu aux magistrats siégeant à Rouen, de laisser agir ces étranges confrères. Les inquisiteurs étaient consultés sur les cas de conscience les plus difliciles; ils posaient les questions adressées aux accusés d'hérésie. Malheur à eux ! De leur souille empesté ils ont allumé plus de bûchers ipie le parlement de Normandie, dej^uis sa ci'éidion juscpi'à la lin de sa puissance. Ils ont enseigné aux bourreaux fatigués mille sortes de cruautés et de barbaries; le feu etlallamme ne laissaient pas assez languir les victimes, les inquisiteurs suspendaient ces malheureux à des poutrt^s (pu3 le bouri'eau baissait ou levait à son gré au milieu du bûcher. Or, et voilà connnent se grandissent les hommes ! ces malheureux faisaient des prosélytes, plus encore par leur courage ([ue par leurs discours. Là étaient la force et la puissance de la réforme; à mesure qu'augmentaient les siqq)lices, augmentait l'audace des réformateurs. Sous le [larvis même de Notre-Dame, les cantiques calvinistes de Clément Marol

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ôlaienl chantés. Henri II. cela devail (Mii;, ne lui ni plus élément que François I", ni [tins inlelliiicnl. Qiu' de supplices! que de luichers ! Un poëte de (ùien est hvùlv vil", pour (pu'l([iies livres réprouvés dont il était porteui". Le curé dune paroisse de Ilouen, pour insulte au saint sacrement, est brûlé, snll'oqué, aveuglé, jeté à l'eau. Une femme, mariée en Angleterre, pour avoir mal parlé des images, est livrée aux tlanimes ! Plus d"uiu> fois le l)ù(lier, plein de malheureux, était entouré d'une procession qui chantait de |)ieux cantiques. — A ces supplices ajoutez la misère! Le peuple était écrasé d'impôts et de snhsides : dans la basse Normandie, des maisons entières étaient abandonnées; dans la hante Normandie, le connétable Anne de Montmorency racontait, dans le conseil du roi, que vingt-six villages avaient été abandonnés par leurs habitants. Plus d'agriculture, plus de commerce, [tlus rien de cette prospérité presque fabuleuse que nous avons rencontrée en notre chemin. La fureur religieuse s'était emparée de toutes les âmes; ce fut d'aliord nne simple question , mais cette interrogation amiable était devenue une bataille. Les protestants se défendaient à main armée; à main armée, les huguenots arrachaient au bourreau ses victimes. — En chaque lieu, la sédition , pour éclater, ne demandait qu'un prétexte, un fanati(pie, un prédicateur, un illuminé, un cantique. — Plus on menace, plus la réforme marche, tête levée. Sous Charles IX, les réformés demandent hautement le libre exercice de leur culte que leur avaient refusé les Guise. Us s'étaient déjà comptés , ils étaient, disaient-ils, cinq cent mille hommes dans le royaume , décidés à défendre la liberté de conscience. Bien plus, dans la nuit du lo avril lo02, ils s'emparent de la ville de Piouen, ils chassent du château le grand bailli Villen d'Estouteville, beui'eux d'avoir la vie sauve; du vieux palais ils chassent le gouverneur, le sieur de la Londe. Devant cette rage implacable, les catholiques s'enfuient épouvantés ; les châteaux , les forts , les maisons , les églises, tombent dans les mains de ces furieux. Le parlement éperdu ne sait comment arrêter l'émeute hurlante. Vous avez lu dans un beau roman de Walter Scott {l'Abbé) comment les populaces pillent, ravagent, brûlent, dévastent, profanent. Hélas! quelques mois après la révolution de juillet, nous avons été témoins nous-mêmes des dévastations et des ravages impies de l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois ; ces ravages sont les mêmes partout et dans tous les temps : des chefsd'œuvre anéantis, des statues mutilées, de vieux prêtres couverts d'opprobre recevant d'un front serein ces abominables outrages, et — courageux jusqu'à la fin — célébrant même au milieu des ruines , même

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sur l'autel hrisé, les sainls mystères de l'Évangile. Mais qui pourrait (lire les désordres de cette ville, abandonnée à elle-même? Pour la première fois, depuis la captivité de Richard [Cœur -de- Lion), saint Pionudn le liliérateur ne sera pas porlé dans sa châsse i)ar le j)risonnier rendu à la vie. 0 douleur! Notre-Dame de Rouen, l'église mère, l'église primatiale , l'honneur antique de la Normandie, et, avec Notre-Dame, les trente-six églises paroissiales , et les églises collégiales , et les monastères, et tout ce qui était l'œuvre , la croyance, l'art, la passion, le respect d'autrefois , tous ces miracles , l'émeute protestante , l'émeute hideuse, l'émeute sans pitié, sans intelligence, sans cœur, les veut briser, afin que pas une pierre ne reste sur une pierre. C'est une fièvre; tout se rompt, tout se brise, s'anéantit. Une immense poussière s'élève au loin, chargée de cette immense tempête; l'orgue gémit sous les coups de massue, les cloches volent en éclats, les tableaux déchirés retombent sur les mosaïques écrasées ; les chaires , les retables , les jubés , chefsd'œuvre sculptés dans le bois de chêne; les images, les couleurs, les formes, les cercueils, les vases sacrés, les bénitiers, les calices, les chasubles, brisés, broyés, pulvérisés par cette rage impie! Saint-Ouen, l'église normande. . . la cathédrale. . . jugez, par ce qui reste, quelles devaient être ces œuvres magnifiques de l'art et de la croyance des hommes les plus intelligents et des plus hardis de l'univers. — Maintenant les huguenots dressent des bûchers à leur tour, et dans ces bûchers ils jettent pêle-mêle les livres, les christs, les ornements ; à moins que cela n'amuse les huguenots de se couvrir de la chasuble du prêtre , et de traîner cette dérision dans les fanges de la cité. Ceci a été la mort des églises de Saint-Godard , de Saint-Ouen , de Sainte-Croix , de Saint-Laurent , de Bocherville. Au Havre, à Dieppe, à Bayeux , partout, s'étendit la dévastation brutale. Des églises, la dévastation et le pillage se portèrent sur les châteaux, sur les chaumières; enfin le parlement de Normandie est chassé de sa ville , et peu s'en fallut que les religionnaires ne missent le feu à cet admirable édifice construit par le cardinal d'Amboise et son ami le roi Louis Xll. Chassé, le parlement porte ses plaintes au roi de France en sa maison de Monceaux. — Le roi Charles IX reçut les envoyés du parlement en présence de la reine-mère , du roi de Navarre, du cardinal de Bourbon, du chancelier de l'Hospital. Avec le parlement, toute autre justice avait abandonné la ville : la cour des aides, le bailliage, les officiers de ville , les différents magistrats qui tenaient à l'ordre, au repos, à la fortune de la cité. Grande misère qu'une ville chrétienne soit livrée à tant d'aveuslement et de fureur! — Il est im-

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