‹ La NormandieChapitre 91 sur 118 · I.A NOiniANDIK · texte numérisé non relu

I.A NOiniANDIK

iljelail le l'eu, ci la fiaiimu', cl la pesle ; la terreur élail immense : les plus braves prenaient la fuite; ceux (|ui avaient osé attendre le monstre

avaient été dévorés Alors on vit saint Uoinain sortir de la ville; d'un

pas ferme il va à la recherche du drai^on : le peuple, les mains jointes, priait pour son évéque ! Déjà le peuple le croyait mort, quand saint llomain reparait dans sa ville étonnée, iiienant en laisse le drai^on obéissant. Sur un bûcher qu'on éleva, le dragon entre sans résistatu^e; la flaunue dévora en même temps le monsire et la peste, double lléau de ces l)eaux villages ! — Ceci est le mii'ach; (|ue vous retrouvez au commencement de toutes les grandes bisIoires;le mii'acle d'Iphigénie, d'Héraclius Codés, de tous les dévouements sérieux, et voilà pourquoi il faut y croire ! Sans dévouement rien de grand n'est possible, rien dans le présent, rieii dans l'avenir. Ce jour-là saint l»omain gagna son grand privilège de la délivrance et de la charité. — Plus tard arrivent les ÎNormands, ils viennent du pays inépuisable qui a précipité sur le monde les Cinibres, les Vandales, lesUuns, les Goths, les Lombards; quelques-uns de ces Normands s'arrêtent dans l'ile d'Oissel, un charmauL petit coin de terre qui ne se souvi(Mit guère de ces misères; mais ce sont là des misères déjà racontées. — Vous savez aussi conunent le prince-roi devint le premier duc de Normandie, et tout le reste de cette histoire, ces sièges, ces coujbals, ces fortunes diverses, ces princes qui passent, ces forteresses tour à tourrenversées et rétablies. Dans la ville de Rouen, (juand elle Ait sienne, le prince-roi avait élevé une redoutable forteresse, il avait resserré le lit de la Seine entre ses deux rives ; Richard [sans Peurjiw ail élevé le palais ducal, forteresse et prison tout à la fois. Plus tard, l'abbaye de Sainl-Ouen, les églises de Sainte-Croix, de Saint-Ouen, de Saint-Sauveur, de Saint-Godard, se trouvèrent renfermées dans l'enceinte de cette ville qui déjà s'étendait au loin. Depuis le ([uinzième siècle, si la ville n'a pas augmenté, les faubourgs ont été s'étendanl toujours; plus de murailles, plus de remparts, plus de fossés ; la ville est ouverte comme doit l'être toute honnête cité qui n'a pas de place à perdre en fossés et en remparts, qui n'a rien à redouter ni au dedans ni au dehors. Elle a pour ses armoiries un léopard; au contre-sceau, l'agneau porte un étendard fleurdelisé. Relisez l'hisloiie de ces sièges illustres, 940, 1175, 1:204, 1418, 1149, U»65, 1591, et vous saurez comment, au besoin, cette noble cité sait se défendre. — Siu' la place de Saint-Sever s'élevait encore, il n'y a pas citiquante ans, la plus ancienne tour de la ville, la Barhacane, autrement dite le Vetil-Chûleau, construit parle l'oi d'Angleterre Henri V. — Le vieux château est tombé sous les coups dePhi-

.'iôO

Page 1