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lippc-Aiiyiislo, jaluiix de ces princes iiuiiiiaiids, jaloux deces yluires,(le ces renommées. — La loiir de la Pucelle csl en ruines, le Vieux Palais a élé démoli en 1710; les lonrs, les cliàleaiix, les polernes, les vieilles j)ierres féodales oui fait place au commerce, à l'induslrie, à la liberté de la ville. — Les portes de la ville étaient en grand nombre : portes Martainville, Saint-Ililaire, Beauvoisine, de Bouvreuil, la porte Caucboise, porte Guillaume- le -Lion, \)ov[e Jean -le -Cœur, porte du Bac, de la Vicomte, porte Saint-Eloi. — Dans le porl de Bouen , Cbarles VI avait lait construire celte Hotte inutile (|ui menaçait d'envabir l'Angleterre. Mais la guerre est un fléau qui passe. Regardez plutôt aujourd'bui, dans ce port encombré de ricbesses, flotter aux vents les pavillons pacifiques de toutes les nations intelligentes. — Tout au fond de cette eau transparente vous pouvez entrevoir ce qui reste du vieux pont sur lequel ont passé tant de victoires et de défaites illustres. L'impératrice Malbilde elle-même, en IHO, avait jeté les fondations de cette construction liardie destinée à résister au llux et au reflux de la mer. En moins de , * (juatre siècles les flots réguliers venus de l'Océan ont renversé celte montagne percée à jour. — Quant aux places publiques, vous les connaissez. — La place du Vieux-Marché, qui a élé la place du pilori et
des écbafauds, sur laijuclle a coulé tant de'^sang; la place de la Vieille- Tour, qui est devenue l'emplacement des balles les plus belles et
LA NOUMANDIK.
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K-s plus vnslos de la Ki'aiire ; la place do la Caleudc ; aiilrorois celle place clail un porl, el dans ce poil i il laliait ([ue Teaii lût profoiide ! ) altorda le prince Uoii. — Sur la place de la PnccUe, raiilitiuaire admire l'hùlel le plus curieux de la ville : riiôlel du BouKjiheromlc. Qui donc a conslrnil
ce chef-d'œuvre de la pierre de laille?nul ise peut le dire. Les unsdouiicnt le Bonrgtheroiidc au duc de Bedl'orl, les autres à François T ; celui-ci à Charles Vil, d'.iulres à Guillaume le Uoiix, seigneurdu Bourg- Iheroude, conseiller au parlement de Normandie ; à tout croire, c'est une œuvre charmante des premiers jours de la renaissance, d'une i;ràce et d'une élégance particulière.— Place de la RoiKjeman'. Wk\\[m\ \" a passé par là, c'est tout dire. —L'eau des fontaines vient de plusieurs sources inépuisables : la source d'Yon ville, la source du Plat, la source de Galaor qui alimente la plus ancienne fontaine de la ville. Tue des jolies fontaines du .luinzième siècle, ('est la fontaine de l'IiôU'l de Lisicii.r,
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loiil le Piiniasse, Pégnsc, A|ioll<t!i. li's iicurMiises, Icdicii Jmiiiis cl loulcs les graFiiles diviiiilés poélicjues ! — La (jro.sse horloge, massif édifirc des
siècles passés. Au (luiiizièiiic siècle, la fyrosst? /tor/of/<' s'appelait l'Iiôlel du Massacre. La fonlaine vous représente une grolle taillée dans le roc. Le fleuve AIplice et la nymphe Arélliuse, l'urne pencliéc, mêlent leurs flots (pii s'en vont au loin. Sur la fonlaine du Vieux Palais manque la statue de Ilem-i IV. — A ces eaux jaiUissaules, ajoutez la fontaine de Rohec, de l'AuheUe, de la llenellc, laborieux petits filets d'eau qui Irav.iillent lonl(î la nuit et tout le jour ; il faut aussi parler des eaux minérales de Saint-Paul, de la MaréqiU3rie,de la Cardinale.— Les pauvres cl les malades n'ont pas été ouldiés dans les bienfaits d(! ranli(ine cilé. Les hôpitaux sont nombreux. En Tan lO.'iO, r.uillauinc le Conquérant fondait l'iinpilal de .léricho. Excelleul honneur et dii^nie des |U-inces, la fonda-
LA NOMMANDir,. :;-.:,
lion de ros saintes maisons ! Les rois conciuéranls anssi bien que les rois pacifiques, cenxcine le remords Uenl éveillés sur leur couelie et ceux (|ue rassurent leur dévouement el leur vertu, les célèbres dont le nom ne doit pas mourir, les inconnus qui veulent jeter sur leur nom l'éclat éternel qiu' prèle aux cliarilahles la sainte ardeur de la IVaternité clirétienne ; les uns et les autres nous les reti'ouvons dans ces pieuses fondations. — Les écoles publiques, les collèges. — La première pierre du collège des jésuites fut posée par (îalherine de Alédicis. — Le collège royal a remplacé le sémùiaire (le Jiujeusc. — Les académies. -- Les Paliiiods: sont du douzième siècle ; sous le règne dn CoïKiiiérant, cette l'été des belleslettres et de la poésie s'appelait la Fête aux NoiDiands! Vlus^ tard, un prix fut fondé à la louange de la Vierge, mère de Dieu, la sœur des anges. Qni avait le [)rix emportait une palme d'or. Les PaUuods étaient composés de quatorze membi'es qui se réunissaient en séance publique. Ions les ans, le jendi d'avant Noèl — LWcadeuiie des sciences, belleslettres et arts de liouea a remplacé les Paliiiods normands ; par l'exemple, par la leçon, par les plus sérieux résultats de la science, par la poésie nette et vive, elle mérite l'Iionnenr de marcher à la tète de celte pairie de Corneille qui se souvient de toutes les élégances, de tout Fesprit, de toutes les grâces d'autrefois. — La fondation de rAca(}(''mie de Uouen est du mois de juin 1744; snpiirimèe en 171).!, connu»' fut supprimé à celte horrible époque tout ce qni ra|)pelait l'art «i la poésie, le goût et la liberté des vieux temps, rAcad(''mie reprit ses travaux en 1803, à l'heure de toutes les résurrections, à riieiirooi'i rcnipire, avinbeaucoup de gloire, donnait quelque répit à la France. Celte réunion excellente de lous les amis des belles-lettres, de tous les citoyens d'niie même ville, restés fidèles au culte des arts, cet enseignement perpétnel (les plus nobles idées, sont d'un effet irrésistible sur l'esprit d'uni' grande cité. Pendaiil ipie chacun est attelé à l'œuvre de sa fortune, pendant que dans la ville industrielle tout est bruit, mouvement, passion» ambition, autour de l'enceinte studieuse quelques homnu'S d'élite, passionnés pour toutes les belles œuvres de l'antiquité el du génie moderne, se réunissent pour parler, avec un honnête amour, de la phK sincère passion de leur vie. P.itients et zélés, ils recherchent dans toutes sortes de débris, dépoussières, de vanités, les litres épars de la pati'ie comnume; à qui les veut consulter, ils donnent lui bon conseil, une indication précise, ils le conduisent, comme jiar la main, dans les sentiers perdus du moyen âge et du monde fé(»dal. Sage et savante façon d'emplover ses heures de repos el de loisir ! De ces associations excel-
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lentes, chaque ville iniporlanlc de la France s'honore à hon droit. Grâce à ces académies locales, l'histoire nationale marche chaque joiu" de découvertes en découvertes; elle s'agrandit, elle se complète, elle revient de tous SCS préjugés, elle répare toutes ses erreurs, elle met à ])rorit une médaille, une inscription, un fragnu^nt de tuile, les déhris de l'urne des morts, des poussières ! Toute récompense vient de l'Académie ; elle donne son premier prix aux jeunes poètes, son premier encouragemeni à l'arliste qui doute de liii-nu^me, ses premiers avis dans les aris à l'artiste de génie; suilout, ces corps savants, d'une science si dévouée, ont cela de charmant et d'utile qu ils entretiennent le respect pour les génies passés; ils sont chargés de rappeler les noms glorieux de la province aux générations qui arrivent; ils ont en dépôt les renommées illustres, et ils ne craignent pas que jamais la reconnaissance des peuples vienne a manquer h leurs grands hommes. Pour donner l'exemple salutiiire de la reconnaissance et du respect, l'Académie de Houeu s'est placée sous l'invocaliou toute -puissante de ces deux hommes tout normands, deux hommes sans égaux dans la poésie et dans les arts : Corneille et Poussin !
L'histoire, la douhle antiquité profane et religieuse ne sont pas cultivées avec moins de zèle et de persévérance que les helles-leltres et les heaux-arts ; les Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, puhliés à Caen, forment un des livres les plus curieux et les plus savants dont puisse s'honorer une grande province. Sur les hauteurs de cette ville intelligente, dans l'ancien couvent de Sainte-Marie, sauvé par les soins pieux de quel(|ues savants illustres, a été fondé le Mnséedes aiiti- (juitésnormandes. Placée sous l'hahile inspiration d'un antiquaire du premier ordre \ cette église de Sainte-Marie réunit dans sa docte enceinte tous les déhris du moyen âge. Dans cet amas intelligent des ruines les plus curieuses, les lomheaux s(; montrent d'ahord, pierres saintes et les plus respectées dans tous les monuments que renversent les hommes. Toutes sortes d'images joyeuses, grossières, funèbres, décorent ces monuments delà mort; des casques, des houcliers, des emhlèmcs, des guirlandes, quelquefois même un nom obscur que le temps a daigné respecter. Là vous apparaît, belle encore, la statue antique de l'amphithéâtre de Lillebonne;à ces amples vêtements, aux plis sérieux du jiallinm, vous reconnaissez la grande dame romaine. — Dans l'urne funèbre qui est à côté de la statue, vous retrouveriez [)eut-êlre un peu
' M. F,onçrl()is, nti l\)NT-iir.-i'Ait<'iii:.