‹ La NormandieChapitre 94 sur 118 · A NOUAI A \ 1)1 r · texte numérisé non relu

A NOUAI A \ 1)1 r

S(ti)ii-S(iHrt'nr-dn-)lttr(lii'; sur ciilc pMioissc de Siiiiil-Saiivciir vint :iii momie railleur (le Pohjcuctc; l'éiilise Suint-. indré-mr-V /Ile ; Saiiil-Amlri' (le la Porie-niLt-Fères, pillée par les Calvinistes: Sd'nU-Ainaitd, Saint- Nicolas; le eliapilre de la ealliédiale devait doimei' elia([iie aimée an curé (le Saint-Nicolas, un pourceau ou einij sols, à son choix : (ui lap- |>elait Sainl-Nicolas le Paintvur, pour la mai;uilicem'e de ses vitraux. — Ilares et curieux édilices, la ruine s'en est emparée pour ne plus les rendre. — Les guerres civiles, les invasions, les émeutes, les guerres de religion, les révolutions, le l'eu de la terre, le feu du ciel, le doute enfin, plus impitoyable encore , ont renversé, brisé, nmtilé! toutes ces belles œuvres de la pierre et du marbre , du verre et du fer. Nous avons dit ' toutes les vicissitudes de la cathédrale, de Saini- Maclou, et de l'église Sainl-Ouen, et leur lare magnilicence, et le génie <pii a présidé à ces belles œuvres de l'art chrétien. La bibliothè(pie et le musée de la ville ont été formés avec tous ces débris d'autrefois; les livres et les tableaux, réunis dans les salons th' ribMel-de-Ville , représentent une grande province. Sortir du nuisée sans entrer dans la bibliothèque de la ville, ce serait impossible : dans les arts de l'imagination et de la pensée tout se tient; l'architecture ap|»elle la statiuiire, les tableaux appellent les livres, la musique appelle la danse, comme le palais appelle le jardin , comme le jardin appelle le jet d'eau , le jet d'eau le lac limpide, et le lac le beau cygne blanc (|ui se baigne dans ses omles. La bibliothè<[ue se compose de plusieurs galeries bien éclairées et bien tenues. Sur ces rayons sont entassés, dans le plus bel ordre, les historiens et les théologiens; car c'est là, en résumé, le véritable sujet de tous les livres; Dieu et les peuples , les gouvernants et les gouvernés, l'idée et le fait. Parmi les raretés de ce beau lieu entouré d'ombre et du silence favorable à l'étude , vous pouvez admirer le célèbre Graduel de Daniel d'Aubonne , aux armes de l'abbaye de Saint- Ouen; l'art des peintres d'autrefois n'a rien produit de plus complet, de plus naïf; on dirait l'ombre colorée et immobile des vitraux de l'église voisine. — Le livre des Fontaines, tout chargé d'araltesques, est peutêtre une merveille égale au Graduel; dans ce livre sont réimies quel([uesunes des plus vieilles maisons de ranti([ue cité, (piaud Ihabitaut de la ville faisait de sa maison l'ornement de la rue qu'il habitait. Ici, pour bien faire, il nous faudrait nommer les historiens, nommer les poètes, les beaux esprits qui ont illustr(' la Normandie; mais counneiit faii'e ' rien qu'avec les hommes illustres (pie le département de la Sriiie-lidV'-

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LA NORMAM)Ii;,

rieiire n piddiiils, on a cuiiiposé deux gros tomes. C'est la |»alri<' de

Fonleiiclle, du sire de Béllieiicoiirl , des frères Parmeiilier, du peintre Jouvenel ; de l'ambassadeur du roi Louis XIV, Nicolas Ménager, qui eut riionncur de signer la paix d'Utrecht. Vertot le savant, Berruyer, Duquesne, appartiennent au département de la Seine-Inférieure. Basnage, le P. Daniel, le P. Brumoy, qui fui le mailre de Voltaire , et Thomas Corneille, et celui-là qui est facilement le prince des poètes français, l^ierre Corneille ! — Voilà des noms ! — Parmi les renommées moins célèbres, voici quelques noms qui méritent riionneur de vos souvenirs. François Augier (ils étaient deux frères, artistes tous les deux), un ami du Poussin et de Mignard, fut un sculpteur habile, très-aimé du roi Louis Xlll. On lui doit la statue de Jac(iues- Auguste de Thou , le grand historien , et le tombeau de Henri de Montmorency, décapité à Toulouse en 1632. — Le P. Alexandre, un des plus savants théologiens du dix-septième siècle, fut honoré de l'amitic de Colbcrt, et il écrivit (en latin) pour ce grand ministre les vingt-quatre tomes de Vllistuire ccdésiast'uiuc (1076-1680). — Pierre Bardin, né à Bouen en lo90, occupa un des premiers fauteuils de 1 Académie française. Jacques Basnage, avocat, théologien, honnne d'Etat et d'une vive controverse, eut

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riioiiiu'iir lie ri'|Miii(li(' Il <■(• riiiiKMix livre : Vllisloirc des Variations de Ijossiicl. — S(Mi livre, lliMiri IJasiiago, esl laiilciir diin Itcaii livre sur la tolérance des reliijions. — Le Dictionnaire universel de Tiévoux, on le doit à Basnaiie-. dignes lîls l'nn el l'autre d'un iière qui élail la gloire du parlement de Normandie. Le P. Beaugendre mourut, à ([ualrc-vingls ans. hildiolhéeaire de Sainl-r.emiain-des-Prés. — Mademoiselle Bernard, la digne eompalriole de madame Duhocage, a écrit, d'une plume virile, une tragédie de Brutus, à la([uelle V(dtaire lui-même n'a pas dédaigné d'emprunter une [telle scène; elle fut l'amie du P. Bnflier, du P. Bouhours, du P. Delarue, ces beaux esprits de la Société de Jésus : Fontenelle l'appelait son élève! — Le P. Berruyer est un habile et savant liislorieîK II v a bien de la grâce, de l'imagination et de l'intérêt dans ce beau livre (pie nous avons lu t(»us dans notre jeunesse : Histoire du peuple de Dieu. Il était né à Bouen en 1681. — Émeric Bigot, sieur de Sommeiiil, homme parlementaire, avait recueilli, aidé par son fils, une admirable collection de livres imprimés et manuscrits relatifs à l'histoire de la province de Normandie. — A vingt-huit ans, le savant Philippe Bellouet professait la langue hébraïque dans l'abbaye de Saint- Etienne de Caen. — Boschart , protestant comme Basnage , savait le grec à quatorze ans aussi bien que madame Dacier. 11 a publié un livre célèbre — Hierozotkon, histoire des animaux de l'Ecriture sainte. — On attribue au Normand Boisguilbcrt la Dinie roijale, publiée par M. de Vauban; mais à coup sûr M. Le Pesant de Boisguilbcrt esl l'auteur de ce hardi traité : VÉtat de la France (1708), pour lequel il fut exilé à Brives-la-Gaillarde. — H y avait sous le règne de ces gais vaudevillistes de la foire : Panard, Fuselier, Fagan , Favart , Piron lui-même; deux bons compagnons de verve, d'entrain et de folie, Claude Florimond, Boizard de Ponteau, (pii tournaient le couplet à merveille. — Ch.de Boulainvilliers, à qui nous devons une Histoire de France jusqu'à Charles VIII, une Histoire des Arabes et bien d'autres livres, est né à Rouen. — Mais notre liste est déjà remplie, et c'est à peine si elle est commencée. Comment donc les nommer tous? — Le P. Bulteau esl l'auteur de V Histoire moi:asti(iue d'Orient. Le P. Caret de Sainte-Garde esl l'auteur de ce poëme sur Childebraud dont se mo([UC Boileau, mais c'est déjà un grand honneur d'être [dacé dans les Satires. M. de Ciddeville est un des fondateurs de l'Académie de Rouen; c'est le nom d'un galant homme et d'un vif esprit qui revient bien souvent sous la plume de VuUiiire. — Nicolas Colombel , élève de Lesueur. — (^oq de Villeroy. auteur de V Histoire des rérointions de Hinujrie. — Guillaume Coulure,

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;ircliile(;l(', Iioiiiiih' liiihile ([iii ii laissé de heniix oiivitij^es. — Le P. Daniel, liisloiii'ii sensé, vrai, iiisUiiil, (|iii a (is<'' r(''riiler les Provinrinlfs de Pascal. - Desliayes, siii'nnninM' le Houiain, liicii (|iril IViL rc'lève de Vaiiloo el le gendre de l>ouclier, esl railleur d"iMi„l)on laldeaii, laCliariié romaine, qui se voit au musée de Rouen. — Le chanoine d'Endemure a laissé, lui aussi, une Histoire de Guillaume le Bàiard. — Jean Doublet esl un poêle qui traduisait en vers français des épigi-ammes grecques et latines en l'an de grîice 1359. — Madame Dubocage, bel esprit célébré par Fontenelle et Voltaire, a laissé un poëme, en dix chants, sur la découverte du j\ouveau-Monde , la Colombiade ; elle a composé une tragédie, elle a écrit des Lettres sur C Angleterre, la Hollande et l'Italie. De son vivant. on l'appelait Sapho. — Forma Veni{s, arte Minerva, telle était l'inscription de son buste. — M. de Bréquigny, membre de l'Académie Irançaise en 1772, est l'auteur des Révolutions de Gènes, d'un très-curieux Mémoire sur la religion et l'empire de Mahomet, et d'une Vie des orateurs grecs. — M. Ducastel , avocat au parlement de Normandie, orateur véhément, a laissé après lui cette trace éloquente des grands avocats tpii illustrèrent leur noble profession par le talent et le courage. — Dufossé, l'ami des solitaires de Port-Royal, a juis leur défense dans un mémoire qui est resté. — Le père du grand Duquesne était né à Blangy, dans le comté d'Eu; il fut un des pilotes de Christine, reine de Suède.

— Vous trouvez partout le nom du grand Duquesne, le fils aîné de cel illustre pilote! — Louis Durullé , d'Ellteuf, eut de bonne heure les instincts d'un poëte, et il lutta courageusement contre La Harpe. — Fabri fut un habile grammairien; ï Histoire des échiquiers de Normandie, par M. Fabri, est un excellent travail. — En 1663, pour les écoliers du collège d'Harcourt, Nicolas Filleuil composa une tragédie de Lucrèce.

— Fontenelle ! — comme nous avons dit : Corneille! — Gaillard, d'une plume quelque peu licencieuse , a écrit la Vie de Frétillon , un de ces livres que l'on gronde tout haut; mais cependant, vu l'époque, et attendu la jeunesse, l'esprit, le laisser-aller de l'auteur, on aurait tort de s'irriter trop fort. — Jean-François Godescard , chanoine de Saint-Louisdu-Louvre et de Saint-Honoré, est l'auteur d'un livre populaire, — Vies des Pères, des martyrs et des suints, en douze tomes in-S". — Nicolas de Grouchy, savant helléniste. — Claude Groiilard, le savant traducteur de Lysias, bel esprit, grand latiniste, fort savant, président du parlement de Normandie pendant vingt-trois ans, l'un des hommes qui honorent le plus la ville de Dieppe. — Gueudeville, un savant homme qui a traduit les Comédies de Plante, VUtopic de Thomas Morus, et l'Eloge

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