‹ La NormandieChapitre 99 sur 118 · GI · texte numérisé non relu

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— Mais le balcaii ii'altoiul pas plus i\\\v irallnul le clieinin de 1er; ivveiioiis a»i bateau qui uous allend. — Guerhamllc, le bourg aux couslniclious navales. — La Meilleraie, son eliâleau, son pare, ses jardins,

celle longue terrasse où s'est promenée mademoiselle de la Vallièie. — El bientôt Sainl-Wandrille, l'antique monastère dont nous vous avons raconté * les vicissitudes, les incendies , la ruine ; car c'est toujours ainsi que finissent ces belles œuvres clirétiennes, par des blasplièmes, des spoliations et des violences. De Saint-Wandrille on a sauvé pourtant lecloilre et le réfectoire. Le cloître est une œuvre cbarmante, toutes les richesses de l'ogive y sont prodiguées; au-dessus de la porte ogivale est restée debout, sous son dais gothique, une statue de la Vierge. L'ancienne église de Notre-Dame de Calliouville est tombée, mais la fontaine verse encore au même lieu son eau limpide et bienfaisante. Onde sacrée, le paysan normand vient de bien loin pour y chercher la santé ou l'espérance. Voilà donc à peu près tout ce qui reste de tant de grandeurs, un lilet d'eau! c'est pourtant de Calliouville, tant était grand le nombre des statues, que l'on disait : — Calliouville le rendez-vous du paradis! On raconte encore que sur la dalle qui pave la fontaine, quand l'eau est calme, éclairée, reposée, vous pouvez voir sur la pierre l'image de sainte lladegonde avec la légende : — Priez pour nous! — Caudebec : une ville du neuvième siècle ; elle avait ses fossés, ses remparts, son château fort, ses tourelles et ses tours, son pont-levis et sa herse: il fallut six mois au lord Talbot pour prendre Caiulebec.

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L'égliso esl <ln (iniiizièmc siècle; clic se ressent d«''jà de loules les él(''

gaiices de In renaissance qui sont proches; le gothique fleuri a taillé peu de pierres avec plus de honheur cl d'amour. La ville est hàtie en amphithéâtre, au pied d'une montagne couverte de vieux arhres; le port est facile, l'aspect est riant, la petite rivière de Sainle-Gertrude (les ruines de Sainte-Gerirude sont curieuses) se vient jeter dans la Seine après avoir traversé la ville ; la tour de l'église porte fièrement sur sa tête la tiare pontificale. — Non loin de Caudehec s'étend tout au loin cette mystérieuse et solennelle forêt que nous avons retrouvée plus d'une l'ois dans cette histoire, la forêt de Brotonne. Au temps des Mérovingiens, on l'appelait Ja forêt d'Arl aune : Sylva Arclaunum. Elle s'étendait sur les limites des Celtes, en face du pays des Galètes, le pays de Caux aujourd'hui, fertile contrée qui n'appartenait ni à la civilisation du Midi, ni à la harharie du Nord. La tradition s'accorde à dire que, sur l'emplacement même de cette forêt de Brotonne, s'élevait, durant l'occupation romaine, une ville importante. Cette ville

LA NORMAN un:.

ivail lumi Juliolxnia, dont en ;> l";ul LHIcbonnc. On a rclronvc son

lliéàlre, ses bains, ses porliijues, loutes ces Iraces de hixe et de civilisation élégante que les Uonjains de César Iraiuaienl avec eux comme un moyen de conquête et de despotisme ; ainsi les vaimiueurs enseii,^naienl aux vaincus, pour les mieux dompter, toutes sortes de recherches inconnues avant eux. A celle place couverte d'arbres, les Romains avaient élevé des temples, des palais, des maisons de campayne; on n'y voit plus aujourd'hui que des débris, des conjectures, des problèmes pour les savants. A celte heure encore, c'est à qui saura distinguer les Iraces du château mérovingien des ruines de la villa gallo-romaine ; c'est à qui reconnaîtra même les ossements des morts arrachés à la demeure dernière. Qui es-tu? Quel est ton nom? Quelle est la nation? D'où le venait cette amphore? Celte arme brisée est-elle à loi? Celle agrafe d'or ornait peut-être le cou de la maîtresse? Celte pierre ou cette brique s'eslelle détachée de la maison, ou de la ferme, ou de ton fruitier : urbana, rustica, fructuaria? C'est ainsi que l'on a interrogé les fresques, les moulures, les tuiles, les mares, les fontaines, les arbres, les pierres consacrées; on a retrouvé des demeures souterraines, habitations de l'hiver. — Les médailles n'y manquent pas. — On a ramassé dans ces décombres le bracelet d'or d'une femme qui s'était enfuie sans doute à l'approche des pirates; on a reconnu la pierre druidique : la pierre aux honncHj. Les mêmes vestiges de la (Inublc antitpiilé romaine el gau-

LA NOHMANDIK.

loisc se rencontrent' ilans les villages voisins de la forêt de Brolonne, à Sainte-Croix, au village d'Aizier, àValteville; sur la commune de IJriquetuit on a trouve des sépultures antiques et les ruines du Château du Mort! de ces dél)ris la Meilleraie est remplie; du beau palais, i\n joyeux palais d'ArlauneJl est question dans plusieurs histoires : Jticundum palatium. (-Iiildebert III, roi de Neuslrie, donna un morceau de la forêt d'Arlaune à l'abbaye de Fontenclle (Saint-Wandrille), et F)agobert II confirma cette donation. Quant à retrouver l'emplacement du palais des Mérovingiens, cet emplacement a été retrouvé àValteville, dans la cour d'une ferme appelée, dans le pays, \?iMaison du roi! L'emplacement est bien choisi, près de la Seine, sur la lisière de la forêl. Non loin de la Maison du roi , s'élevait la tour de Vatteville ; il en est parlé dans les livres d'Orderic-Vital. A la presqu'île de Brotonne appartient le château de la Meilleraie, bâti par Charles de 3Iony, viceamiral de France, bailli de Caux et deGisors. Telle est cette histoire de la forêt de Brotonne, mystérieuse ei antique retraite des Gaulois; les Francs vinrent ensuite, puis les ducs de Nornumdie. Pendant que nous sommes ainsi arrêtés dans Vllerculanum ou le Pompéia normand , nous laissons à notre droite Villequier. (A Villc-

quier, le bateau prend un pilote qui le mène jusqu'au Havre. Celte association des pilotes de la Seine se compose de quatre-vingt-dix-neuf

■ Mémoires delà Société des unliqunires de Normandie, I. X, \>. iS6 et siiiv;iiitcs.

LA NORMAN 1)1 h.

iiiiiilies; le roi esl de didil jtilole-nc dv Onillebciil.) Arrive hienlôl luiignée par les Ihils. VattcvUlc, une maison des rois de la première race. Valleville n'a conservé qnele gazon et le ciel d'autrefois. Là commence le déparlemenl de l'Eure. Saluons la chapelle de Vieux-Port. — Voici Qiiilh'bcuf, la capitale du Roumois , le seul port du dt-partemenl de l'Kui'e. A Quillebeul" , la barre est furieuse, la mer accourt avec un grand luuil, elle remonte le courant, elle lirise , elle renverse ; un jour même elle a emporlé toute une lie qui lui faisait obstacle. Quillebeuf faisait partie du domaine des ducs de Normandie, (îuillaume Longue- Epée l'avait donné à l'abbaye de Jumiéges. Henri IV, (|ui trouvait que la position était bonne, Hcnrico quarto bona , l'avait fait entourer d'un rempart; il voulut même lui donner son nom et l'appeler Uenriqueville : le nom de Quillebeuf prévalut. Entre autres privilèges que Henri IV accorda à ceux de Quillebeuf, il leur permit de choisir entre eux les pilotes à qui serait conlié le pilotage de la rivière de Seine, difficile en cet endroit. — A Quillebeuf s'est passé, en 1G74, cette écbauffourée de Lalréaumont . (|uand ce triste conspirateur tenta de livrer Quillebeuf à la Hollande. Si la conspiration avait été folle , le châtiment fut rude : Lalréaumont est forcé de se tuer lui-même; un pauvre rêveur quelque peu illuminé, Van-der-Ende est pendu; M. de Rohan a la tête tranchée dans la cour de la Bastille! L'éclise deOuille-

beuf est de construction romane. On voit qu'elle a été faite plutôt solide qu'élégante, afin qu'elle pût résister aux orages. Quillebeuf est une ville à part entre toutes les villes de la Normandie : elle a ses usages,

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I, A NOHMANDIK

si!s mœurs, ses danses, sa poésie, son langage, son accent ; laborieux, pleins de courage, l)ons marins el n'aimant que la mer, ils vivent du voyage au long cours, du pilotage, de la pèche. Sur ce rivage animé regardez passer les jeunes lilles de Quillehcuf, elles ont toute la prestesse et la grâce des plus jolies tilles du pays de Caux ; elles veulent être parées, elles savent être élégantes. —TancarriUe. Qui disait autrefois un ( omle de Tancarville, disait en même temps un connétable de Normandie. Dans toute armée du moyen âge , aussi bien que dans le conseil des rois, vous trouverez un Tancarville: ils étaient à la Palestine; le dernier Tancarville se battait à Poitiers aux côtés du roi Jean , il lut tué à la bataille d'Azincourt. Sa tille unique porta dans la maison d'Harcourt le comté de Tancarville ; de ce comte d'Harcourl et de Tancarville naquit une lille qui fut la femme du vaillant Dunois, un liéros à la taille des plus hardis. Ainsi donc, dans ces murailles (|iii semblent défier les siècles, entre ces deux tours ruinées, sur

cette terrasse magnifique qui se perd dans le ciel , sur le bord de ces falaises menaçantes , sous ces vieux chênes qui ont résisté à toutes les tempêtes de la terre cl du ciel , ont vécu, ont passé dans tout l'attirail de la gloire, de la puissance, de l'ambilion, de l'amour, les comtes de Melun, les comtes do Tancarville , les Mon!-

LA NOHMANDIK.

i^oiHiiuMi, les Danois , les Longucville , les Monlinorcncy. (lerles , les honls du Uliiii ne sont pas chargés de plus nobles pierres el de mines plus iliuslres, — A son end)oneliure, la Seine reni|dil nii juillanl esjiace de trois lienes, on dirait nn lac sans fin, on dirail la mer! Vous restez ébloui de loulc celle eau, de loul ce ciel, de ces hauteurs austères , de ces blanches falaises, de ces montagnes immobiles. — Le monastère de Grestain , où fut enterrée la mère de (iuillaume le (Conquérant , n'a conservé que sa source d'eau vive et salutaire. — A Piquejleur nous quittons le déparlement de l'Eure pour le département du Calvados ; sur ce plateau du pays de Canx était placée la tour d'Orches. Ce sont peut-être les plus mauniliques hauteurs de la Normandie. Entre ïancarville et Quillebeuf , la navigation est périlleuse; le (lot est rempli de caprices. — Honfleur : *\g ses luttes d'autrefois elle a conservé le souvenir glorieux,

et quelques débris de remparts. C'est une des villes normandes dont on ne saurait dire l'origine. Les premiers qui habitent ce rivage ce sont des pirates, el ensuite des Romains ; mais bientôt le Romain l'emporta sur le pirate. Quand le Havre était encore un marais, llonfleur était un port florissant; là se rendaient, comme dans une relcàche assurée, les navires du Portugal et de l'Espagne. Hinot , Paulmier, le Lièvre , Balthasar le hardi pilote, étaient de Hondeur.

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La ville esl assise loul au pied du coteau, dans une }»osilion riante. Et pouiianl la ville est triste, silencieuse; la vie d'aulielois s'est enliiie, et aussi la passion, l'ardeur, Tespérance, les i^randes enlrcpi'ises : c'est la ville du repos , des heures choisies , des lentes pi'omenades, des vertes collines. — Promontoire escarpé, et, loul au sojumel, la chapelle dédiée à Notre-Dame de Grâce, la patronne des matelots. — Uarjleur, tout comme Honfleur, était jadis le rendez-vous animé des bateaux du Portugal, de l'Espagne, de la Lomliardic ; l'industrie avait suivi le commerce, cl ce que les gens d'Harlleur ne trouvaient pas dans leur port, ils le fabriquaient dans leur ville. La ville entière l'ut volée par l'Anglais Henri V. Nous avons dit comment il chassait sans pitié les femmes, les enfants, les vieillards, non pas sans brûler les titres el les chartes des propriétaires, afin qu'il n'y eut plus à revenir sur les spoliations de la guerre. Au bout de vingt ans, le jour de Noël, les braves gens d'Harfleur chassent l'anglais à leur tour. Vainqueurs, ils rappellent les familles exilées, mais hélas! encore une fois le roi d'Angleterre revint pour prendre le souverain port de la Normandie, connue dit Monslrelet. Au mois de septembre 144i), Charles VII, dans sa magnificence royale, s'en vint de Rouen pour reprendre Ilarfleur, el eu elfet , le t^' janvier 1450, le drapeau de la France remplaçait sur ces murailles, le drapeau d'Angleterre. Les guerres de religion furent plus funestes à la prospérité d'Harfleur (pie toutes les guerres des Anglais, c'est que la guerre civile tue doublement. — Le capitaine Gonneville, ce loyal marin, est un enfanl de ces rivages, loul comme 31. de Belhancourl, qui a découvert les iles Canaries. Colbert rêvait pour Ilarfleur de grandes destinées, mais la mer infidèle quille Harfleur, et, s'il vous plaît, nous ferons comme la mer.

-ï= lad'b

liAfMTlîT \^

CHAPITHE \VI.

Le Havre. — Louis XII. — François I". — L'empereur Napoléon. — Harfleur. — Montivilliers.

Fécamp. — Les Cauchoises. — Yvetot.— Le chêne dAllouville.— Graville. — Neurchàtel. — Evreux.

— Le château de Navarre. — Églises et ctiâteaux du département de l'Orne. — .■Vlençon. — Séez.

— Argentan. — Gisors. — Le Ncubourg. — Bagnolles. — L'Aigle. — Le Calvados. — Le

diocèse de Bayeux. — Patois. — Mœurs — I^sages. — Meubles. — Falaise. —

.\rlette. — Vire. — Olivier Bancelin. — Caen. — Les poètes et les artistes

normands. — Le comté de Mortain. — Les châteaux et les églises du

département de la Manche. — Dieppe. — Le château d'Eu. — La

reine d'Angleterre au château d'F.u. — Conclusion.

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Voici le Haute eiilin ! Sur I ciinilacemeiit même de la ville du Havre ont coulé les eaux de la Seine : après la Seine est venu l'Océan. En creusant le hus.sin de In lianr, on a trouvé, ^^ ^\jeV?^ enlouie dans le sol , la bar(|ue d'un pirate du Nord. — Celui ((ui a placé cette ville superbe sur cette terre d'argile et de silex , c'est le roi Louis XÏI ; pas une ville ne peut se vanter d'un fondateur plus ntyal. La ville a commencé par une chapelle et par

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ime laveiiie ; la cha})elle élail dédiée à la Vierge , la taverne abritait les marins égarés sur ce rivage mouvant. Sous Louis XII , la marine française se composait de quelques barques ; les plus hardis marins n'avaient pas poussé plus loin que le détroit de Gibraltar. Le roi de France louait aux marchands les navires dont il avait besoin. Par sa marine, la Hollande s'était emparée de tout le commerce de la France ; quelques années plus tai'd , Christophe Colomb donnait l'Amérique à l'Espagne et Pizarre faisait la conquête du Mexique : c'était l'heure de prendre son parti et de créer une marine. Ce fut alors que François F' envoya au Havre l'amiral Bonnivet , afin de compléter les tentatives de Louis XII, le roi François voulant bâtir sur cette grève une ville française qui dominât lOcéan. La ville nouvelle, favorisée par le lieu, par la mer, par le roi , par la nécessité, eut bientôt pris un accroissement incroyable, surtout si Ton songe que le roi François F' n'a payé que soixante livres une partie de l'emplacement du Havre! Mais, la ville bâtie, le sol était malsain comme une terre qui est restée sous l'eau depuis le déluge; à force d'exemptions, de privilèges, de libertés, François I" eut bien vite attiré les plus hardis; les autres suivirent : les hommes habiles d'Harfleur, d'Honfleur et autres lieux, eurent bien vite compris que, dans cette nouvelle conquête sur l'Océan , se trouvait la force véritable, la fortune à venir. A peine installés sur ces terres mouvantes, l'ouragan arrive qui chasse les nouveaux colons, et avec l'ouragan revient la mer (pii menace la cité nouvelle ; pour comble de misère, le roi François l' venait d'être fait prisonnier à Pavie. Qu'importe? Une fois que la place a élé reconnue favorable au commerce, il n'y a pas de malemarée ([ui puisse empêcher les hommes intrépides d'habiter ces rivages où déjà la France bâtit des vaisseaux, où les marchands viennent en foule, et avec les marchands les banquiers, car la marchandise attire l'argent. Mais déjà cette force naissante inquiétait l'Espagne et l'Angleterre. Charles-Quint envoya des Flandres une flotte qui devait détruire la cité naissante. L'attaque fut vive, la résistance valut l'attaque ; et comme en même temps le roi d'Ecosse accourait au secours de la ville assiégée, l'Angleterre ramena ses vaisseaux. La première église du Havre, No/rc-Dame, est de 15-40. Le clocher dominait la ville : c'était un phare en temps de paix , une citadelle en temps de guerre. — En 1541, comme Henri VIII menaçait le Havre, François I ■" appela à son aide tous les marins et tous les navires d'Honfleur, d'Harfleur, de Dieppe, des ports delà Bretagne et de la Manche; le roi vint lui-même pour assister au départ de celte flotte. 11 amenait avec lui

LA NORMANDIE. •'>'?l

lesolVu-iors do la (•(Mironiio, los|Mi;t's de sa maison, les daiiK's de sa cour. Sur le C/jt/</<u;(/».t, avait rU" dressé un pavillon de feuillage. La llolle portait viniil-einq mille hommes; mais eelle armée, ([ui faisait tant de menaces, eut t-rand'peine à pousser jusiprà Tile de Wiglit. Sous le roi Henri II, la peste tombe sur la ville (jue François V avait tant aimée: riiorrible tièvre dévorait les malheureux entassés dans ces rues encore limom^uses. Le roi eut pitié des nu>uranls et des morts : il lit paver la ville: c'était la troisième fois cpie la royauté de France témoignait de sa sollicitude pour cette place avancée dans la mer. Maintenant il faut attendre (pie le Nouveau-Monde soit tout à fait découvert ; alors seulement vous pourrez comprendre (pielle doit être l'importance de ce poste et de cette mer qui servait de limite royale à la province de Normandie. — Plus tard les guerres de religion vinrent arrêter les progrès de cette laborieuse cité, qui déjà s'étendait au loin. De ces divisions intestines, le Havre, ville ouverte à toutes les nouveautés, se ressentit d'une façon cruelle. Devenus maîtres de la ville par une insigne trahison, les Andais, commandés par lord Warwick , s'arrangent pour ne plus quitter ce rivage à leur convenance. Ils relèvent les buts, ils réparent les nuirailles, ils lèvent l'impôt sur toute la contrée: ils en font tant, que Catherine de Médicis ne peut plus supporter cette honte : elle accourut, menant avec elle le jeune roi Charles IX , et, malgré la brillante défense de lord Warwick , le Havre bit repris en six jours. —Après Charles IX , Henri III , lui aussi , vint au Havre avec sa femme ; mais la visite royale fut silencieuse, le Havre ne sortit pas de sa tristesse : il montra ses plaies, il fit entendre ses remontrances. A la fin arrive le roi Henri IV : c'est le second pire du pvnvle qui ait visité le Havre. Pour celui-là, il ne cherche ni fêtes ni entrée magnifique : il est venu pour l»ien faire, et non ikuu' être bien reçu. Il voulut tout voir de ses yeux ; il parcourut la ville entière, il monta sur les navires, il interrogea le port: et quand il eut compris ([uelle était cette ville, ses besoins et son avenir, il s'en alla très-content de ses bonnes (jens du Havre. — Dans le château du Havre, M. le cardinal Mazarin , qui ne se fiait pas à la Bastille, fit enfermer les chefs de la Fronde, le prince de Conti, le prince de Longueville, et le prince de C<uulé lui-même, ([ui allait être le yrand Condé. Mais enfin le grand ministre Colbert va s'occuper du commerce, de la navigation, des manufactures, de l'industrie, toutes choses dont ne se S(mt guère occupés les grands ministres de la France. Colbert et le Havre devaient s'entendre à merveille. Aussi bien , cette ville, qui contenait en germe tant de prospérités, va prendre une face nouvelle. Les chantiers se réveillent, l'arsenal se remplit; la ville

et le iioii soiil agraiulis ; le coniivierce est encourage', par des |»rinies d'une magnificence royale ; trois cents bâtiments encombrent le port. Après le roi Louis XH, le vrai créateur du Havre, c'est le grand ministre de Louis XIV; Colbert savait la toute-puissance du commerce et ce que rapporte à un Etat la protection accoi'dée au marchand. A la voix de Colbert , le Havre tente au loin les plus difficiles fortunes ; au Canada, sur les côtes occidentales de l'Afrique , dans le nord de l'Amériipie, le Havre envoie les navires qu'il a construits ; il devient l'entrepôt fréquenté du commerce des Indes orientales et des Indes occidentales, du Sénégal et de la Guinée. M. de Vauban applique son vaste génie à la défense , à l'agi'andissement de cette importante cité, qui déjà se fait sentir dans la fortune du royaume. Colbert, (juand il eut fait la fortune de la ville, voulut y venir comme y était venu François I", pour contempler son ouvrage. — Un jour enfin, le Havre étonné vit entrer dans son port des navires qui arrivaient de la Perse et de la Chine. La Perse et la Chine! des noms fabuleux! Nul ne pouvait y croire, et de toutes les parties de la France vous eussiez vu les curieux accourir pour contempler CCS merveilles inconnues. Qui leur eût dit que le céleste empire n'aurait bientôt plus de secrets pour l'Angleterre et pour la France , et que, dans un avenir rapproché, on irait à Canton aussi facilement qu'à Londres même? Les projets de Vauban, pour l'agrandissement de la ville protégée par Colbert, étaient innnenses. Un canal, qui devait traverser le marais de l'Eure, réunirait Honileur au Havre ! — Colbert est mort. Le roi Louis XIV, devenu vieux, révoque l'édit de Nantes; — de cette misère, de cet exil des plus laborieux et des plus habiles artisans du royaume, encore aujourd'hui on retrouve les traces dans les villes les plus florissantes de la Normandie. — • liataille de la Uoyiie : dans l'insolence de la victoire , les Anglais se proposent de combler tous les ports de la France , à commencer par Dieppe et par le Havre. Déjà Dieppe s'écroule sous les bombes, et, pendant (pie la ville brûle encore , la (lotte anglaise se porte sur le Havre. La llotle se composait de quarante vaisseaux et de douze bombardes d'un elfet irrésistible. En ce moment on crut dans le Havre que tout était perdu; cependant la ville fît bonne contenance, et M. de Choiseul, accouru pour commander la d('f('nse, fut reçu aux cris de : Vive le roi! La flotte anglaise approchait d(; la ville; mais la mer, lidèle à sa ville bien-aimée, chassa d'un (lot indigné les bombardes anglaises. — Bref, l'Angleterre ne brûla pas le Havre! Délivrée, la ville appelle à son aide l'industrie nationale. La France s'alfranchissait enfin du tribut qu'elle payait depuis si long-

louips il la llcllaiulc cl à rAni;lcloriv ; .iiiaraiilc mille métiers, qui ne se reposaieiU ni la imil ni le jour, siillisaienl à habiller la France eiilière: la Franee laltriquail eiilin ses t^laces tîl ses élolles de soie, ses lapisseries, ses denlelles, ses laïenees el ses épées. — Louis XIV avait privé le Havre de sa présenee, Louis XV vint eu 17 U) pour visiter son premier port de -lUMi-e. Il anuMiail avec lui madame de Pompadour dans le vil' éelal de la beauté et de la jeimesse , et cette reine licencieuse daigna prodiguer les sourires sur son passage. Mais dans une ville connue le Havre, ([ue pouvait faire un roi comme Louis XV '^ Il y venait chercher des leles, des tri(Mnphes , im spectacle: quant à étudier celte ville qu'avaient étudiée avec tant de zèle François L', Ueni-i IV et Colbert, Louis XV ne savait que regarder. — H partit, fatigué et déjà poussé par cet ennui funeste qui ne l'a quitté ipfau tondteau. - Deux ans plus tard, la guerre avait recommencé entre l'Angleterre et la France; noire marine était perdue, la marine anglaise était puissante; le Havre s'inquiélait , car il savait que dans celle guerre nouvelle le Havre était surt.uil menacé. Tout d'un coup, le 3 juillet 1759, on signale la ilolte anglaise. L'ennemi était en force, la ville était prise à l'improviste; pourtant, au premier boulet tiré sur la ville , le vieux sang normand se réveille; des campagnes voisines les paysans viennent demander leur part des dangers et de la gloire... L'Anglais fut cbàlié encore une fois par le courage de ces braves gens. — Le roi Louis XVI, lui aussi, a passé par le Havre. — A la paix d'Amiens, ce fut au tour de Napoléon Bonaparte. U voulut voir ce port qui devait, dans un avenir Irès-rapproché , conquérir sur les villes hanséaliques el sur la Hollande le privilège de rentrepol. Certes, ce fut un beau moment dans la vie de <;e grand capitaine qui n'était pas encore l'empereur! Sa gloire était sans tache, son intelligence était sans bornes; il était dans la force de l'Age, dans le rayonnement des plus imposantes el des plus légitimes victoires, simple et grand tout à la fois. Le Havre se rappelle encore le profond coup d'œil que le consul jetait sur toutes choses, sa parole nette el brève, sa démarche vive el hardie; à celle place il voulait accomplir ses plus beaux rêves! La guerre revint, la guerre de 1804; mais la Uolle anglaise ne fui pas plus' heureuse en 1804 qu'en 1759. — Il faut attendre jusqu'en 1810 pour retrouver au Havre l'empereur. — 1810! Celle visite que l'empereur lit au Havre fut remplie de tristesse. Hélas! depuis six lonuues années de patience, le Havre était resté inaclif; la Ilolte anglaise tenait la mer, le silence était partout dans cette cité naguère si occupée. Lorsque l'empereur entra dans la ville, comme il trouva qu'elle était

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était changée! De son côté, le Havre ne reconnaissait plus riiomnie de 1802! La yloire l'avait brisé déjà! Il était devenu un grand empereur, il menait avec lui la fille d'un empereur, mais il porta difficilement ce silence, cette tristesse d'une grande cité aux aliois. — Dans l'Océan, si son coup d'œil découvre un point noir, c'est un vaisseau anglais qui ferme à la ville l'Océan! — Ah ! si la ville osait parler, si elle osait demander au maître mécontent, la paix ! la paix ! la paix qui féconde les campagnes, qui protège le commerce, qui lait vivre les travailleurs! — La paix vint! Elle vint avec l'ennemi. La France, qui perdait tant, conservait la Martinique, la Guadeloupe, Cayenne, Bourbon, des lambeaux dans rinde et sur les côtes d'Afrique , assez de terre cependant pour que le Havre pût faire encore sa fortune, pour peu que la France laisse à nos colonies les bras qui les cultivent. D'ailleurs, comme la paix était partout, et que cette paix dure depuis tantôt trente années, elle eut bientôt porté le Havre au faite du crédit et de la fortune. Qui voudrait écrire l'histoire de cette ville opulente, et raconter la fortune de cet angle unique au monde que forment la rive droite de la Seine et la côte de l'Océan , écrirait l'histoire entière de notre industrie et de notre commerce. Dans cette plaine fertile, incessamment protégée par une longue suite de collines, la ville s'abandonne heureuse à ses travaux de chaque jour; son port est le plus accessible de la côte; l'avant-port, trois grands bassins, la petite et la grande rade, font du Havre une des relâches les plus faciles et les mieux abritées de la France. La Seine, ce beau chemin qui marche d'un pas si calme; la marée, qui s'en va hâter l'arrivée des bateaux qui viennent de Rouen , et bientôt le chemin de fer, ce chemin qui court au galop, réunissent le Havre à Paris. Le Havre a les apparences d'une riche et intelligente cité. De belles maisons, des rues parisiennes; l'activité, le mouvement, les passions d'une grande cité. Ville moderne, dans laquelle l'antiquaire se trouverait fort embarrassé de cette science minutieuse ipii s'inquiète des dates, des détails , des noms propres : c'est la ville du zèle , du travail , de lindustiie active, des orages qui grondent et qui passent, du navire qui arrive et qui repart. Chaciue hiver, de la jetée du Havre, la ville peut être témoin de quelque drame plein d'anxiété et d'intérêt. La mer, c'est son poëme, c'est son grand spectacle, c'est le sujet de son incpiiétude et de son espérance : de là viennent les émotions sans cesse renaissantes de l'austère cité, de là ses craintes, de là ses joies; elle est la sentinelle avancée de l'Océan; le moindre événement de ces terres lointaines elle le sait la première. A ces rives opulentes, dont elle est la providence,

elle envoie ses ordres (rime voix puissante, et la voix est lonjours obéie. Le travail, voilà son cenvre ; point de loisirs, point de répit; il Tant produire, il tant éclianiiei', il tant vendre, il faut aelieter, il faut créer, il faut remplir et vider ee port qui, chatpie année, devient trop étroit pour les allaires de eette nation havraise, qui a vaincu Bordeaux et la Garonne. Le Havre est une colonie ouverte aux intelligences les plus actives; chacun y peut apporter sa valeur personnelle, sa fortune, son crédit; la ville accepte tout pour tout employer dans l'intérêt général. Que vous veniez des bords de l'indus ou de l'Ohio, du fond de TAraliie ou des montagnes de la Ciéoi-gie; que vous soyez Cafre , Arménien, Chinois, vous serez les bienvenus, vous et vos œuvres, et les produits de votre sol. Le Havre, si vous voulez le bien voir, regardez sa jetée de granit , ses écluses , ses quais , ses bassins : le bassin du Pioi , le hassi)i du Commerce, le bassin de la Barre, le bassin Vauban , Vavantport , le Port- Neuf, la Floride, immense retenue d'eau destinée à balayer le port. Chaque partie du port a sa chute d'eau qui le débarrasse du galet ou de la vase. — La jetée délie la mer : c'est une œuvre digne des Romains: la mer, indignée et domptée, vient se briser aux pieds des promeneurs qu'attire chaque jour cet imposant spectacle dont le regard ne peut se lasser. Le ])liare resplendit là-haut dans le ciel, indiquant aux matelots le repos, l'asile, l'hospitalité, la ville enlin :

C'est toi, c'est ton feu Que le pèclieur rêve , Quand le feu s'élève , Chandelier de Dieu !

C'est M. Victor Hugo qui l'a dit. Hélas ! le malheureux poëte, quand il s'abandonnait à l'inspiration divine de ce grand spectacle , il ne se doutait guère qu'un jour, dans ces flots perfides, il perdrait sa fille, son enfant, l'enfant née avec sa poésie, la chaste héroïne, l'héroïne adorée des Feuilles d'automne et des Chants du crépuscule. Lamentable histoire qui se racontera de siècle en siècle, comme se raconte encore l'accident terrible de la Blanche-Nef! — Une enfant d'un si limpide regard, d'un si honnête visage, d'un sourire si heureux ! Elle était l'orgueil de son père, elle était l'amour des poètes qui l'avaient bercée dans son berceau, elle était l'adoration de sa mère! Celui qui écrit ces lignes l'avait vue toute petite parmi les lleurs du jaidin paternel, enfant jeune, enfant bienaimée, un ange! — et enlin, il l'avait vue huit jours avant sa mort, consolation refusée même à son père. Cette belle jeune femme que le

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Havre avait adopléc avec orgueil, la dernière lois (jue nous l'avons saluée, elle était sur le bord de l'Océan par un splendide soleil! F^a fêle étnit siu- les flots, sur la terre, dans le ciel! Les liarques légères luttaient de vitesse sur l'Océan obéissant. A ce jeu de la jeunesse présidait, nonvelle arrivée dans la France, madame la princesse de Joinville, son grand œil noir saluant toutes clioses : elle admirait! Surtout elle avait salué d'un geste cbarmant l'enfant du poète. — Le beau jour! — Les harmonies divines! — La lutte légère! — Trois jours après cette fête dont elle avait été la seconde reine , madame Yaquerie se réveilla de bon matin : l'oiseau cbantait dans le jardin ; le flot de l'Océan, calme et doux , touchait à peine le rivage : sur la colline verdoyante se montrait le soleil.— Partons, dit-elle. Elle part, si légère, si heureuse! — On l'attendait sur l'autre rive. — La barque était conduite par son jeune époux , ([ui l'aimait avec cette joie divine des saintes amours. Un vent favorable les poussait: un vieux marin éprouvé paitoutes les tempêtes et dans toutes les mers tenait, en se jouant, le gouvernail; un enfant couronné de la veille, lauréat de dix ans, abaissait d'une main câline les vagues bondissantes. — Tous les bonheurs, cette barque les portait, et aussi toutes les espérances. — On arrive , on embrasse les amis de l'autre rive. — Ne partez pas, disaient ces bonnes gens aux jeunes gens , restez avec nous , ou bien revenez par le chemin de terre, on vous rendra votre l)arque demain. — Rien n'y fit; la route était trop belle pour en prendre une autre. Les mêmes auspices présidèrent au retour; la même obéissance dans les vagues , le même azur dans le ciel, et pour but la maison domestique, les l)aisers d'une mère, les joies de tantôt!... Un coup de venta brisé cette joie, englouti ce l)onheur, tué cette enfant; et avec elle son mari a voulu mourir, et le vieillard qui tenait le gouvernail est mort avec eux, et aussi le jeune homme, et l'onde s'est refermée. - Us sont restés précipités dans le même altîme, la barque flottant au hasard comme poui' indiquer dans quel sable il fallait chercher tous ces morts. — Au bord du jardin la vieille mère attendait, — et aussi la mère de cette pauvre enfant dont, la veille encore, elle faisait le portrait à la lueur d'une lampe qui était une lampe funèbre ! Pauvres mères ! — L'une éprouvée par toutes les infortunes , l'autre qui n'avait jamais pleuré que de joie! Chacune d'elles, ce matin encore, était la mère heureuse de deux enfants; chacune d'elles, à cette heure, ne tient plus qu'un cadavre! — Léopoldine Hugo a été ensevelie dans cette humble petite église que vous voyez là-bas !

LA NOIliMANDIK.

Ingoiwillc. liigoiiville , a ('(11111 sur, cCsl la iiioiilai^iic du haut de la- (|ut'll(' le di^iiioii leiilalcur a lraiis|»orlr le (^lirisl |Mmr lui nuinln;!' qut'ltiuo «'lioso de [dus superbe (jue les royauuies de ce uKuide. Sur celte colline idéale, Home trionipliaiite avait plac(' nii de ses capilolcs, (•apitoies d'un i(uir r(Miversés |)ar les Itarliares. )ui;i)uville, c'est la ville du Havre dt^divrée des entraves de la forteresse , c'est la ville cpii court là-haut, loin des fossc's et des palissades, jionr chercher l'aurore, la Traîcheur, les limpides ruisseaux, la pocisie enlin. — Paysaiçe sans limites! — forets, — jardins , — i;azons: — les r()(dies du Calvados arrc'lent à peine le reyard eiwhantt' : Honlleur, le Havre, la falaise mie, la Seine qui court à son abîme; rOcc'an (jui accourt en grondant, les voiles, les pavillons de tant de peuples amis confondus dans ce doidde azur des eaux et du ciel. — Montez encore, montez toujours justprà ce {\nc vous rencontriez l'infini! — Plus bas, de l'autre côt(î de la splendide montagne, est un promontoire : S<nwic. Les Saxons, m(uit('s jusqu'à Sanvic, trouvèrent qu'ils y (Haient bien, et ils y restèrent. — Sainte- Adresse; la mer a couvert le village, la montagne en gémit encore; la Fève, au contraire, lutte depuis des siècles contre le flot envahissant. — lileville, un abîme : vous y jiouvez descendre par un sentier tailb' dans le roc. — Gracille, cachée dans sa vallée solitaire; des saules, non

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pleureurs, lui servent de limite. Le seigneur ile ce lieu, (iiiillaume de r.raville, était à la bataille d'Ilastings; vous retrouverez dans chaque bataille du moyen âge (juchpie sire de (Iraville; ils sont partout, comme

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