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ETAT ECONOMIQUE DES TOPULATIONS. — LE PAYS DE CAUX. 20'J

nature y entre pour beaucoup, il est vrai, leur culture pourrait être plus avancée. Les agronomes critiquent ce qui manque à l'outillage et à l'application de certains perfectionnements. L'assolement est généralement encore l'assolement triennal, mais amélioré. L'accroissement de la production en blé donne en somme une mesure satisfaisante de l'aisance. Avec un rendement, qui est, par année moyenne, de plus de 2 millions d'hectolitres, le pays de Caux peut nourrir libéralement une population qui. eèt d'environ 500 000 habitants, et il laisse un excédent considérable'.

L'aspect du pays Cauchois est plus riant que ne le comportent les pays de labour, il contribue à donner l'idée du bien-être exceptionnel. Les haies sont faites d'arbres élevés, dont la beauté rompt de temps en temps d'une manière agréable la monotonie du paysage. « Les villages du pays de Gaux, écrivait l'intendant Labourdonnaye, paraissent comme des forêts; chaque héritage est enfermé de fossés élevés, sur lesquels il y a des arbres plantés, qui deviennent fort hauts et fort droits. » Les maisons seigneuriaJes y étaient ordinairement accompagnées de futaies de hêtres et de sapins, qui contribuaient également à orner le pays. Cette gracieuse image ne se présente plus qu'en partie. Les haies sont moins nombreuses, mais il en reste assez pour animer, égayer la plaine. Les bois ont cédé une portion notable de ter-

• V. surragriculture, dans le pays de Caux, le même ouvrage de M.Kugène Marchand : Élude stddsHqiie, économique et chimique sur l'agriculture dans le pays de Caux, I vol. in-8', couronné par l'Inslitut et la So cicté nationale d'agriculture.

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rain au sol arable. Les communes en possèdent fort peu; l'Etat en conserve environ 42000 hectares et les particuliers 54 000, qui occupent tour à tour les coteaux, les plaines et les vallées. Il n'est pas à croire que cette proportion augmente : le sol forestier recule devant les conquêtes progressives que ne cesse d'accomplir le sol arable. Relativement à la population locale et au bienêtre, il n'est pas douteux que ces défrichements, qu'on peut critiquer parfois sous d'autres rapports, ont accru le nombre et l'aisance des habitants.

Nous avons dû insister sur cette région. Elle est exceptionnelle en effet dans le pays qui s'étend en longueur de Rouen au Havre, et, en largeur, de Caudebec jusqu'en Picardie. On y rencontre un mélange, tel qu'il n'en existe guère ailleurs, de campagnes heureuses et de villages florissants, de gros bourgs et de villes importantes. Quels stimulants pour une production abondante que ces ports de mer, Harfleur, le Havre, Fécamp, Eu, Saint- Valéry, Dieppe ! Ron pays que celui-là à tous égards, et où la rareté des crimes est en relation étroite avec l'aisance.

Le sol, dans leRray, devient très accidenté. Entre de nombreux mamelons circulent de courtes vallées, toutes arrosées de fontaines, de ruisseaux, de petites rivières. Seul le sommet des collines est habité par des laboureurs d'autant plus énergiques et habiles qu'ils rencontrent souvent des difficultés dans la nature siliceuse du sol. La pente des coteaux et le fond des vallées appellent les troupeaux et les prairies. La nature ici contribue plus encore à l'aisance que dans le pays Cauchois. Le régime

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