LES POPULATIONS DE L'EURE
des vignes dans la partie sad du déparlement, et le produit en vin de qualité d'ailleurs très médiocre, varie de 9 à 25 hectolitres par hectare en moyenne. A ^ces cultures on doit joindre d'autres^ sortes de plantes, racines, etc., et l'espace occupé par les prairies. Cette population est, avant tout, une race de laboureurs. Sur 595 765 hectares qui forment, selon le cadastre, l'étendue totale des terres du département, les terres labourables prennent 577 670 hectares; les prairies naturelles, 44 554 ; les cultures arborescentes, 25 950. Le reste est en landes, pâtis, bruyères, pâturages, bois et forêts. Mais combien ajoutent à la richesse, à l'alimentation, au bien-être, ces 2481 hectares de jardins d'agrément, ces 5901 hectares de jardins maraîchers! — Chaque maison d'habitation possède un jardin potager où sont cultivés les légumes nécessaires à la consommation. Des fruits sont également consommés sur place; une faible partie est exportée dans les grandes villes voisines, Paris et Rouen, etc.
Ne nions pas les progrès accomplis, sans exalter outre mesure les mérites d'une agriculture encore en partie arriérée. Ce sol était favorable au blé, on a vu pourtant sous quelles conditions, et les cultivateurs ne sont pas restés stationnaires. Les 117 000 hectares cultivés en blé dans l'Eure, donnent 15 hectolitres et demi à l'hectare. ]>es agronomes trouvent que c'est seulement une passable moyenne; mais l'augmentation de 25 pour 100 du rendement pour les céréales est un beau résultat. Qu'on songe aussi aux cultures industrielles qui sont venues s'y joindre. L'élablissemeiil de dislill(,>ries el de sucreries
a fait aussi augmenter beaucoup la betterave qui rend 45 000 kilogrammes à l'hectare.
Les cultivateurs du Vexin normand jouissent des terres les plus renommées et se font remarquer entre tous par leur bien-être, le plus souventpar leur habileté. L'étendue du sol arable ne cesse là aussi de gagner. Une Etude pleine de recherches sur l'arrondissement des Andelys, nous apprend ce que le sol arable a gagné dans cette région \ De 1840 à 1860, les autorisations de défrichement comprennent pour le moins 3701 hectares, qui se répartissent entre les Andelys, Fleùry-sur-Andel les, Etrépagny, Gisors, Eos, etc.
Les progrès réalisés dans le Vexin ont été admirables. Certaines fermes peuvent passer pour des modèles accomplis des perfectionnements de tout genre appliqués à la culture. L'homme a justifié les bienfaits du sol ; il a mérité l'aisance qu'il a conquise dans cette contrée privilégiée. Ce serait lomber dans un détail que cette étude ne comporte pas que d'y insister. Nous retrouverons plus loin, en parlant des fermages et des salaires, ces populations agricoles. Nous avons à parcourir encore les trois autres départements de la Normandie, à en signaler l'aspect économique sous le môme point de vue général .
1 V. la liroclinre tle M. Louis Passy : Rapport sur les progrès de VaçjriciiHiirc cl (le rimluslric dons rorroiidissciiioil des /l^Jc/z/s (Kvrcux, 1802).