‹ La Normandie (passé et présent)Chapitre 36 sur 84 · LES POPULATIONS DE L'ORNE · texte numérisé non relu

LES POPULATIONS DE L'ORNE

vogue soutenue. La coulure des gants de peau, la confection des dentelles, des broderies, connues sous la désignation de point cVAlcnçon et de point de France, assurent une modeste existence à beaucoup de femmes et leur font abandonner les travaux des champs au détriment des cultivateurs.

De très belles propriétés, exploitées en perfection, ont donné le branle au progrès. Il y en a depuis le commencement du siècle. On n'emploie pas assez, mais on emploie bien plus que par le passé, les calcaires, les drainages, leslabours profonds, les fumures plus abondantes. Il est vrai pourtant que l'assolement triennal est encore en grande faveur : près du quart de l'étendue labourable reste chaque année à l'état de jachère nue, pourtant cet état de choses se modifie. Un peuple de petits cultivateurs lire de sa terre nouvellement acquise des trésors de fécondité. Là aussi les imperfections du climat et du sol, sans être absolument surmontées, l'ont été dans une forte mesure. Ce progrès est destiné à s'accroître encore sous l'influence des circonstances qui l'ont favorisé jusqu'à présent, la propriété, la science, le développement de la richesse publique.

BASSE-NORMANDIE (CALVADOS) — TYPES AGRICOLES — L'IIERBAGER DE LA VALLÉE D'AUGE

La Basse-Normandie va nous offrir une justification complète des observations que nous avons présentées à

2tJ4 LES l'OI'L'L.VTIONS AGRICOLES.

propos de la Seine-Inférieure, de l'Eure et de rOrne. Elle confirme d'une manière remarquable l'inflLience exercée par les circonstances de sol et de climat relativement aux travaux des populations et au développement de leur bien-être. Le Calvados forme une grande partie (le celte région, désignée autrefois sous le nom dcBasse- Mormandie; il emprunte pourtant à la Haute-Normandie une portion du Lieuvain, qui entre dans les arrondissements de Pont-l'Evèque etde Lisieux. La division naturelle en plaines, en prairies et en pâturages dans celte belle et fertile région donne lieu à une répartition correspondante des occupations agricoles. Si d'autres parlies paraissaient destinées selon les indications du sol à la culture forestière, telle n'était pas ia région territoriale qui forme aujourd'hui le Calvados. Peu de vastes plateaux, peu de montagnes. Le mont Pinçon forme le point culminant du déparlement: il ne s'élève guère à plus de 560 mètres au-dessus du niveau de la mer. La culture a donc pu suivre sans trop d'inconvénients la pente qui la porte de plus en plus à envahir le domaine forestier. Le calcul, d'accord avec la nature, donnait ici aux intérêts des conseils trop impérieux pour ne pas être obéis. L'infériorité du revenu forestier, comparé aux autres re ^ venus agricoles, poussait activement aux défrichements. Depuis 1785, le sol forestier a vu diminuer de plus en plus son étendue dont il nous est facile de nous faire une idée par la simple indication des principales forêts, telle que la forêt de Cerisy qui ne dépasse guère 1800 hectares, colle de Cinglais, "2200, celle de Touques, 5500, si bien que la culture forestière ne couvre plus que le

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