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TYPES AGRICOLES. — LE PAYSA.\ PROPRIÉTAIRE DU BOCAGE

tenu la gaitédu paysan. Pénétrez plus avant, jusqu'à ces parties situées près du Montpinçon, où l'âpreté du territoire se joint à la beauté du paysage. Des accidents de terrain très marques dominent ici. De ces crêtes rocheuses on voit au loin des villages de schiste et de granit, qui ressortent en teinte sombre sur des vallons coupés de vertes clôtures. Le terrain fait en ces lieux la loi à l'homme. S'il y a des terres calcaires qui permettent la culture, le schiste, le granit s'y prêtent peu. La valeur de l'homme ressort pour ainsi dire de toute la misère même du terrain. Le sol est ingrat, l'homme est patient... Si le sol finit par rendre suffisamment pour ses besoins les plus élémentaires, l'homme se montre satisfait. Lorsque, malgré tous les efforts, le sol ne livre que des produits insuffisants, l'homme se résigne à ce qu'il ne peut changer, mais son énergie active cherche à se créer d'autres ressources sur place ou dans les pays avoisinants. C'est à l'élevage que le colon laborieux consacre son petit pécule. Il élève surtout une variété de l'espèce cotentine, qui le paye de ses soins en lui rendant jusqu'à dix ou douze litres de lait par jour. Le capital n'occupe qu'une place restreinte dans cette région sévère. Le travail, trop souvent réduit à ses propres forces, est la nécessité et devient la vertu du j)aysan du Bocage. Nous sommes à deux pas de la plaine de Caen, et voici presque les mœurs des montagnards. Le petit colon du Bocage normand émigré quelque temps pour revenir au nid le plus tôt qu'il peut; mais il ne va pas toujours à la ville, et son absence, pour peu qu'il possède un lopin de terre, le plus souvent ne se compte que par quelques

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semaines. — S'il le peut, il n'émigre pas même momenlanémenl. S'il a la moindre aisance, il se fait éleveur en petit. Quelques-uns pourtant vont prendre ferme dans la plaine, où ils portent leur travail opiniâtre et leur esprit d'économie. Lorsqu'enfm ce paysan n'a que ses bras, il fait de son temps un parlage bien entendu où ses efforts ne chôment jamais. La moisson étant plus précoce dans la plaine que dans le Bocage, il s'y transporte; la moisson finie dans la plaine, il revient dans le Bocage pour y faire la même besogne; puis il repart dans la plaine encore pour piquer le colza. L'hiver arrive. Il retournera dans la plaine de nouveau pour couper le bois. Tel. est le petit cultivateur du Bocage. Souvent sa figure exprime ses qualités énergiques. D'un type moins pur que l'homme de la plaine, il a quelque chose de plus vif, son œil est plus animé, et sa vigueur résistante semble se ressentir du granit sur lequel il est né'.

VJ

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