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OUVRIERS AGRICOLES. — POPULATION

d'attraction. Ainsi un seul département a gagné, il s'est enrichi au préjudice des campagnes ; c'est un département industriel, la Seine-Inférieure, accrue de 8392 habitants au profit surtout de Rouen et du Havre.

En réalité la perte, dans le dénombrement de 1876, ressort pour le Calvados à 5792; pour l'Eure à 4245 ; pour l'Orne à 5724 ; pour la Manche à 980(3.

Tous ces vides se sont faits par l'insuffisance des naissances, par une mortalité qui s'est sensiblement accrue, et par l'émigration ^

Le développement de l'émigration se constate dans les quatre départements qu'on vient de signaler avec des proportions quelquefois très fortes, et il prête aussi à des remarques importantes. On ne fixe pas dan l'Eure le nombre des bras enlevés par l'émigration aux travaux agricoles, depuis une vingtaine d'années, à

' J'ai déjà signalé la dépopulation très appréciable dans l'Eure. En vingt ou vingt-cinq ans, on trouve une diminution d'environ un cinquième. M. Antoine Passy, consulté lors de l'enquête de 1866, donne des chiffres qui attestent cette diminution manifestement volontaire du nombre des naissances pour le canton de Gisors, qui sont dans un rapport assez exact avec le reste du département. En 1846, on comptait 5545 enfants jusqu'à quinze ans dans les couples mariés; en 1866, on en trouvait 2947; différence 598. Les couples mariés n'ayant pas d'enfants étaient, en 1846, au nombre de 978, on en comptait 1050 en 1866; différence 77. Le recensement de 1866 signalait une diminution de 4194 habitants dans le département. Pendant les dix dernières années, le nombre des décès avait été de 2546 et celui des naissances de 2296; les décès l'emportaient donc sur les naissances de 240. Nous venons de citer des chiffres décisifs pour la dernière période. Dans le pays de Caux, la population agricole est restée stationnaire depuis 1800, tandis que la population des villes y a énormément augmenté. En 1806 elle était dans les campagnes de 280 579 habitants, et n'était, il y a peu d'années, que de 280 707, c'est-à-dire à peu près la même, mais elle avait diminué d'environ 13 000 depuis 1851. Cer-

moins du tiers pour les hommes, et il s'élève encore plus pour les filles. Celte diminution du personnel s'est produite d'une manière d'autant plus dommageable que le nombre existant des ouvriers agricoles aurait dû être augmente peut-être d'un quart pour être mis en rapport avec les nouveaux besoins de la culture. Distinguons d'ailleurs l'émigration qui se manifeste d'une manière permanente, et celle qui a lieu momentanément. La dernière est loin d'être aussi préjudiciable, lors même qu'elle l'est dans une certaine mesure. Lorsque l'ouvrier agricole quitte définitivement le champ natal, il est rare que ce ne soit pas une circonstance fâcheuse pour l'agriculture, un malheur pour les campagnes. Lorsqu'il loue ses bras au dehors pour un temps déterminé, il y a lieu de peser les avantages et les inconvénients de celte émigration toute temporaire. Dans l'Orne, neuf ou dix mille habitants abandonnent le départetains cantons, situés dans les arrondissements de Dieppe et d'Vvetof, avaient résisté plus longtemps à la dépopulation. La double cause est ici la diminution des naissances et rémigration. Dans l'Orne, un relevé fait avec soin, de 1851 à 18(35, donnait, pour la première année, !)778 naissances, et pour la seconde, 7706 : La diminution étaitde 2072. On trouvait enl855, un excédant de 1432 décès sur les naissances. Lo nombre des mariages avait aussi diminué sensiblement. C'était, en 1831, un nombre de 3255 mariages, et, en 1805, de 2991 seulement ; diminution 241. Ce cbiffre toutefois subit des oscillations; la diftérence s'abaisse ou s'élève alteinativcment. Mais on a vu comment il s'aggrave dans la dernière période. Dans la Manche, la population, après s'être accrue d'une manière sensible de 1850 à 1840, diminue depuis lors jusqu'en 1851, époque du recensement, qui y compte 002 882 babilanls, ou 10 127 par kilomètre carré. Dans ce chifire la population rurale cntiait pour 220 095, ou 30,00 pour 100. En définitive, la Manche a gagné en nombre d'habitants, si s>n remonte au commencement du siècle ; mais après des oscillations de perte et de gain, elle perd depuis quelques années.

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