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OUVRIERS AGRICOLES. — TAUX DES SALAIRES

pour cinq semaines, et ils étaient nourris. On fixe eu tlélinitive dans ce même département l'augmentation de la main-d'œuvre depuis une trenlaine d'années entre le liers et la moitié ; le tiers est dépassé certainement.

Celte augmentation était encore plus grande dans l'Orne en raison des circonstances que nous avons signalées. Elle était des deux tiers sur le prix de tous les travaux. Par contre les-fermiers se plaignaient que le travail eût diminué d'un quart. Dans ces hausses de salaires il faut faire entrer sans doute celle du prix des vivres, et pour une part moindre la dépréciation monétaire que la hausse du prix des choses ne fait au reste que traduire. Mais l'accroissement n'en ressort pas moins considérable d'une manière absolue. Nous avons des chiffres qui remontent à l'an IX. Eh bien, quelle était la paye d'un journalier nourri à la campagne? 57 cent. Et d'un journalier non nourri? 87 cent. Un domestique avait dans la ferme de 80 à 90 francs, une femme de 40 à 50.

On constatait, en 1866, que, dans le Calvados, le salaire des ouvriers de la culture s'était élevé dans la proportion de 1 fr. à 1 fr. 50; celui des domestiques de la ferme avait presque doublé, il avait été de même du salaire des domestiques de maison. Le premier domestique de ferme touchait 450 francs au lieu de 500, cl avait plus de bénéfices, indépendamment de ses gages ; le deuxième domestique dépassait souvent 500 francs et le troisième 150. Ils étaient aussi plus difficiles sur la nourriture. Une bonne servante n'était pas payée moins de 500 francs.

Une telle situation devait attacher les domestiques à la ferme. Il n'en est pas toujours ainsi.

« Comme le contrat de louage ne dure qu'un an, écrit M. d'Osseville à propos du Calvados, et qu'il se lait dans de grandes assemblées annuelles qui avoisinent la l'èle de Sainte-Claire, au mois d'août, tout ce monde quille souvent le fermier au moment même où il en a le plus besoin. Par un manque de foi trop ordinaire, lel domestique ne se lient pour définitivement engagé qu'après la première assemblée, quand il n'y a plus d'espoir de trouver mieux. »

Nous constaterons enfin l'augmentation sensible des salaires dans la Manche où ils n'atteignent pourtant pas le maximum de la Normandie, Les salaires des ouvriers de la culture ont augmenté d'un tiers pour les journaliers et de la moitié pour les domestiques depuis trente ans, dans l'arrondissement de Saint-Lô, où les salaires des hommes sont en moyenne de 1 fr. 25 l'hiver et de 'J fr. 25 l'été, leur nourriture restant à leur charge. Cependant les faucheurs gagnent de 2 à 4 francs selon les besoins qu'on en a, suivant l'époque de la saison et les exigences du temps. Lorsque le temps est beau, la pénurie se fait sentir, et la journée monte à 4 francs. Pour les autres travaux, et dans les saisons autres que l'époque de la moisson, ces prix oscillent entre 1 fr. 50 et 0 fr. 75. Les femmes et les enfants ne sont employés que pour le fanage et le sarclage. Les femmes sont rémunérées selon la saison et leur aptitude ; elles gagnent depuis 75 cent, jusqu'à 1 fr. 50 avec la nourriture prise à la ferme. Quelquefois même, leur salaire peut s'élever

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