‹ La Normandie (passé et présent)Chapitre 69 sur 84 · I. — Bureaux de bienfaisance · texte numérisé non relu

I. — Bureaux de bienfaisance

1. — Doit-on instituer un Bureau de bienfaisance dans chaque commune?

Il est désirable qu'il y ait, dans chaque commune, un Bureau de bienfaisance, et pour arriver à l'y organiser utilement, il faut que la loi en pose le principe.

Instituer ces établissements, ce ne sera évidemment pas les

•doter; sans doute, il ne leur sera pas donné de fonctionner immédiatement sur tous les points. En l'état actuel des circonscriptions communales, où l'on compte encore un grand nombre de communes trop faibles ou trop pauvres pour répondre aux nécessités de l'existence autonomique, c'est-à-dire de communes qui n'ont pas d'église, pas de presbytère, pas d'école, pas de chemins suffisants, il est à craindre que, dans beaucoup de localités, les Bureaux de bienfaisance ne soient pas, de sitôt, en état de rendre les services propres à ce genre d'institutions. Ce n'est point une raison pour ne pas les créer partout. Ceux qui ne produiront rien ou produiront peu tout d'abord, auront devant eux l'avenir et le prépareront, l'assureront, en stimulant, dès à présent la charité privée, par l'idée d'un être moral, susceptible de posséder et de recevoir, destiné à exercer l'assistance publique, et en habituant la commune à faire sur ses ressources facultatives la part de l'indir gence. L'expérience autorise cette expectative. Depuis quelques années, les vues charitables se sont tournées vers les établissements légalement organisés. Les dons et legs aux Hospices, aux Bureaux de bienfaisance des modestes campagnes aussi bien que des villes, deviennent de plus en plus fréquents. 11 convient de favoriser cette heureuse tendance en augmentant le nombre des bénéficiaires.

2. — De quelle manière arrêtera-t-on la liste des indigents admis à recevoir les secours alimentaires ?

La liste serait arrêtée par une commission composée des membres du Bureau de bienfaisance et d'un nombre égal de conseillers municipaux, tirés au sort ou désignés par le Conseil, chaque année, dans la séance de mai ou d'août. L'élément municipal paraît essentiel à différents points de vue : la

subvention communale, souvent l'une des principales ressources du Bureau, en justifierait seule l'adjonction.

Les curés ou desservants, que leurs fonctions mettent, chaque jour, en contact avec la misère et la souffrance, avec toutes les sortes de besoins, seraient préalablement entendus.

5 . — De quelle manière arrêtera-t-on la liste des indigents admis à recevoir les soins médicaux?

De la même manière que la liste de ceux admis aux secours alimentaires.

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