‹ La Normandie (passé et présent)Chapitre 71 sur 84 · Comités caîstonaux · texte numérisé non relu

Comités caîstonaux

7. — Doit-on instituer, dans les cantons composés de plusieurs communes, un Comité chargé de prendre les mesures générales d'assistance dans le canton et de veiller à l'organisation et au fonctionnement, dans chaque commune, d'un bureau de bienfaisance.

L'utilité de ces Comités ne s'aperçoit pas. Lorsque la loi aura institué des bureaux de bienfaisance dans toutes les ' communes, ces établissements se constitueront, s'organiseront sous l'impulsion de l'administration supérieure et avec le concours de l'administration locale, selon les règles tracées par le législateur.

A quel titre et dans quel but le canton, sous une forme quelconque, aurait-il à s'en mêler?

Le concours de la commune, dont ils sont l'un des modes de gestion, est indiqué par la nature même des choses; on conçoit pareillement, le regard de l'autorité centrale, chargée de veiller à l'exécution des lois ; l'intervention cantonale ne s'explique pas. Le canton n'a pas et ne doit pas avoir d'existence administrative; comment viendrait-il peser sur la commune? Il n'a ni budget, ni ressources; il ne dispose de rien, n'aide en rien ! Son ingérence injustifiée dans l'administration de celle-ci, ne pourrait être que fâcheuse.

8. — Quelles attributions pourraient être , en outre, conférées aux comités cantonaux, pour les mesures relatives à l'hygiène, à la salubrité, au service médical, enfin à la perception et à la répartition des revenus de V assistance?

N'admettant pas la création de comités cantonaux, inutile de parler des attributions à leur conférer. La législation ac-

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luelle pourvoit, du reste, à toutes les nécessités de l'hygiène et l'on n'imagine, pas quelles mesures devraient èlre ajoutées, en vue de la salubrité publique, à celles dont les différents dépositaires de l'autorité ont le devoir de suivre et de surveiller l'exécution. On se figure encore moins que, dans le cas où le besoin de mesures nouvelles se révélerait, on dût en charger de nouveaux agents. Il faut éviter les conflits dans l'exercice des attributions; souvent, en compliquant ses rouages, on paralyse la machine. Quant aux revenus de l'assistance, chaque Bureau doit rester libre dans la réception et la répartition des siens. L'intervention étrangère serait, ici, une cause permanente de difficultés, d'embarras, de réclamations, de mécontentements, sous lesquels l'assistance succomberait.

9. — Convient-il d'attribuer aux Comités cantonaux, pour les intérêts de Vassistance cantonale, des droits analogues à ceux des Bureaux de bienfaisance?

La solution donnée aux 1"', 1" et 8*^ questions, conduit à résoudre la neuvième par la négative.. L'idée d'un Bureau de bienfaisance par commune est inconciliable avec celle d'un établissement de même nature au canton. Ah! si le canton pouvait avoir dans sa circonscription, le rôle du département au milieu de la sienne; s'il avait un budget, des finances, une bourse commune destinée à aider les localités pauvres avec l'argent des localités riches, et qu'il pût, à ce moyen, patronner, encourager, subventionner les œuvres de bienfaisance, ce serait autre chose: mais la collection cantonale n'est point organisée, nul lien administratif n'en rattache les populations; pas plus que l'arrondissement, il n'a de ressources propres et, si Ton veut bien y réfléchir, il ne doit pas en avoir. Pense-t-on qu'il puisse lui en venir do dons ou

legs? Ce serait une profonde erreur. Qui donc, animé du désir de faire le bien, ayant dans sa commune un Bureau de bienfaisance, songera jamais à doter le canton, dans la pensée qu'il en refluera quelque chose sur sa localité? Il donnera, de préférence, à la commune qu'il habite, aux communes où il a des intérêts, et cela est tout naturel. La commune attache; la police intérieure, l'église, l'école, la voirie, etc., en relient les habitants et en forment un groupe solidaire de sentiments et d'intérêts ; c'est le foyer, la petite patrie, image et molécule de la grande, et la main tendue dans cette patrie intime, aura une force attractive qui reléguera bien loin le pauvre canton, groupe purement nominal et qui ne peut guère être autre chose, administrativement parlant.

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