Sur quelles bases doit être faite cette organisation
l'i. — Doit-on laisser le malade indigent libre dans le choix de son médecin, procédera-t-on au contraire, par voie d' abonnements dans les communes, eu confiera-t-on à un médecin spécial par canton, le soin de V assistance?
15. — Quel sera le mode de rétribution des médecins de rassislance? sera-t-elle proportionnelle au nombre des malades visités, ou au nombre des indigents inscrits ?
1 i. — Doit-on demander aux médecins de V assistance, des rapports annuels sur Vélat sanitaire de leur circonscription?
Assurer des secours médicaux et pharmaceutiques aux malades indigents, est une njesure essentielle, mais il ne semble
pas qu'il y ait à créer, pour cela, ce qu'on entend, d'habitude, par une organisation. Dans l'état actuel des choses, quoiqu'il n'y ait rien d'organisé, on peut dire que ces secours ne font point défaut à l'indigence. On considère néanmoins, que tout Bureau de bienfaisance devrait s'attacher un médecin qu'il rétribuerait, à tant par visite ; les abonnements à forfait ayant raremea<t donné des résultats satisfaisants,
Le tarif.de ces visites serait arrêté entre l'administration ■ du Bureau et le médecin. Un fait à reconnaître à l'honneur V du corpsmédical, c'estqu'il s'est toujours montrégénéreux, dévoué, plein d'abnégation louchant leservice des pauvres; le tarif sera facile à régler dans des conditions modérées.
Les visites seraient constatées connne elles le sont d'usage. . Si l'on voulait un autre mode, il n'en manquerait pas : on pourrait, par exemple, délivrer des bons au malade qui les remettrait au fur et à mesure au médecin.
On pourrait s'entendre, pareillement, avec un pharmacien, pour se procurer, à l'aide d'un rabais qui ne se refusera pas. quand il s'agit des pauvres, les médicaments nécessaires.
L'affectation d'un médecin au service du Bureau de bienfaisance, ne devrait pas ôter au malade la liberlé du choix/, liberté dont on usera rarement et à laquelle on songera d'autant moins, qu'on n'en sera pas privé. Mais il y a là ufiequestion de confiance d'une importance toute particulière. Le Bureau de bienfaisance allouerait au médecin choisi, la même rétribution que celle qui aurait été payée au médecin du Bureau ; on rencontrerait peu de ces messieurs qiij^ijé's'en con tentassent.
Un rapport annuel ou biennal pourrait être utile. Il serait adressé à l'administration centrale, qui le soumettrait, dans l'arrondissement et au chef-lieu du département, aux conseils de salubrité.
15. — Doit-on établir dans chaque canton où il n'existe pas de pharmacien, un dépôt pharmaceutique, pour V usage de V assistance?
Il est peu de cantons, s'il en est, où il n'existe une ou plusieurs pharmacies. S'il s'en trouvait qui en manquassent, on n'y suppléerait pas par des dépôts pharmaceutiques. A qui confierait-on ces dépôts de substances plus ou moins dangereuses ou délicates? qui les délivrerait? qui exécuterait les ordonnances du médecin, composerait les potions et les mélanges prescrits? qui saurait conserver, entretenir ces médicaments que le temps détériore et qui deviennent inefficaces et même nuisibles, s'ils ne sont renouvelés?
Un pharmacien, seul, serait propre à remplir un tel office, et l'on peut juger ce que coûterait un fonctionnaire dans cette condition, qui n'aurait à s'occuper que de la pharmacie des indigents d'une circonscription cantonale.
Ce qui convient en pareil cas, c'est toujours de s'adresser au pharmacien le plus proche du bureau de bienfaisance.
16. — Convient-il de faciliter, par des conditions spéciales, la délivrance des remèdes dans^des pharmacies attachées à des établissements charitables ?
On ne le pense pas.
17^ — Doit-on confier aux conseils généraux V organisation et la surveillance des services médicaux et pharmaceutiques dans les divers cantons de leur département?
D'après les solutions qui précèdent, il ne doit pas y avoir d'organisation, proprement dite, des services médicaux et pharmaceutiques. En tous cas, les services de ce genre sont choses étrangères à l'œuvre des conseils généraux.
18. Convient-il cV organiser, dans chaque département, une inspection spéciale des services médicaux et phar-
. maceutiques de l'assistance?
S'il n'y a pas de service spécial organisé, s'occuper de son inspection serait oiseux.
Mais en supposant qu'il y eût quelque chose à inspecter, par suite de la création de bureaux dans toutes les communes, il ne serait pas nécessaire de chercher de nouveaux inspecteurs. Qu'on utilise les conseils de salubrité qui, dans beaucoup de localités, fonctionnent si rarement, surtout dans ks arrondissements, qu'à peine on sait s'ils existent.