Conclusion
Nombreux sont les ouvrages d'inspiration moniste ou psuithéiste oii se trouve ciffirmée l'infinitude de l'univers. Mais lorsqu'on parcourt ces travaux à l'effet de soumettre à la critique les raisons qui ont pu déterminer les convictions des auteurs, on est amené parfois à des constatations étonneuites : ou bien, au mépris de toute preuve contraire et même sans essai de démonstration, l'hypothèse est mise au rang de faits
(^) L'hypothèse de l'éternité de l'univers, chère à tous les monistes, rencontre une difficulté sérieuse dans la découverte d'une loi physique appelée « loi de l'entropie ». D'après cette découverte, l'énergie utilisable va sans cesse en diminuant au profit d'un état cosmique où tous les êtres seront figés dans une immobilité complète. La réalisation de cet état n'entraînera point l'anécintisseinent de la matière, mais toute transformation étant à tout jamais bannie de son sein, l'univers entier se trouvera dans un état de mort.
Or, à supposer le monde étemel, on ne s'explique plus pourquoi ces prévisions scientifiques ne se sont pas depuis longtemps réalisées. Le moyen le plus efficace de se soustraire à ces conséquences, est d'admettre que la quantité d'énergie est inépuisable ou infinie, ce qui revient à doter l'espace réel d'une extension sans limites. Ainsi se comprennent les vives sympathies* de plusieurs savants pour l'hypothèse de l'infini spatial. Telle fut aussi la grande préoccupation de cet auteur.
scientifiques dont on aurait mauvaise grâce de douter ; ou bien elle est présentée comme un dogme devant lequel la raison doit s'incliner au nom de systèmes philosophiques les plus discutables.
A notre avis, la seule conclusion qui se dégage d'une étude impeurtiale de ce problème est la suivante: jusqu'ici, ni la métaphysique, ni les sciences ne sont parvenues à établir avec certitude, ni même avec ime certaine probabilité que l'univers actuel est doué d'une extension sans limites.
Bien plus, il n'y a pas lieu d'espérer qu'un jour le succès vienne couronner les efforts de ceux que tenterait pareille entreprise. En voici la raison. L'infinitude de l'espace ne rentre psis dans cette catégorie de faits qui peuvent tomber sous les prises de l'observation directe. Notre nature imposera toujours à notre champ visuel des horizons plus ou moins mobiles sans doute, mais fatalem.ent limités.
D'autre part les sciences astronomiques et notamment l'étude des lois qui président aux mouvements et aux évolutions du monde céleste nous révéleront encore, selon toute probabilité, des effets et des causes insoupçonnés. Mais l'interprétation de ces facteurs nouveaux n'exigera jeûnais comme postulat indispensable l'existence d'une multitude infinie de causes peirtielles ou d'une cause unique illimitée. Parce que finis, tous ces effets ne peuvent relever que d'une causalité finie.
Si donc l'extension de l'univers ne connaît point de limites, ni l'observation, ni l'induction n'en établiront le fait.
163. — Partisans de la limitation de l'espace réel. Argument d'Aristote tiré du lieu naturel.
Bien que partisan décidé de l'infini dans le temps, Aristote fut toujours un adversaire convaincu de l'infini dams l'espace. A l'entendre, au delà de la sphère étoilée qui borne notre
monde, il n'y a et il ne peut y avoir aucune portion de matière. La raison en est, qu'en dehors des limites de notre univers, aucun corps ne saurait trouver son lieu naturel, et partcuit aucun corps ne saurait y être maintenu par violence, puisqu'un corps n'est par violence dans un lieu que si ce lieu convient naturellement à un autre corps (^) .
La théorie du lieu naturel, l'une des assises fondamentales de la physique éiristotélicienne, n'est plus aujourd'hui qu'un souvenir. Battue en brèche par les immortelles découvertes de Kepler et de Newton, elle entraîna dans sa chute l'unique raison invoquée par Aristote en faveur de la limitation du monde.
D'une manière générale, on peut classer en trois catégories les essais de preuve tentés par les finitistes plus récents.
Les uns font surtout appel à la métaphysique ; ils cherchent à découvrir la contradiction au sein même de la multitude infinie que doit naturellement comporter un espace illimité; de l'impossibilité d'un fait découle nécessairement sa nonexistence.
Nous avons examiné plus haut le vaste appareil métaphysique mis en oeuvre dans ce but et conclu à l'insuffisance de pareilles preuves.
D'autres suivent une voie purement empirique ; c'est la voie choisie et spécialement recommcuidée par l'astronome Charlier.
D'autres enfin font appel à l'expérience, mais ils la complètent par le raisonnement et le calcul.