‹ La notion d'EspaceChapitre 13 sur 143 · Deuxième argument tiré de la réalité des distances · texte numérisé non relu

Deuxième argument tiré de la réalité des distances

Admettons, dit M. Miiller, que cet univers soit réellement limité. Rien ne nous empêche de supposer que bien au delà des dernières couches d'éther où finit notre monde, se trouve un autre univers avec lequel nous n'ayons aucune relation. Entre ces deux mondes placés à grande distance l'un de l'autre, qu'y a-t-il ? L'espace, dit-on, ou la possibilité d'y intercaler des êtres étendus. Mais le possible n'a d'existence que dans la pensée ou les choses réelles. Or par hypothèse, il n'y a dans l'intervalle supposé, ni corps, ni pensées. Il reste donc à douer d'existence le pur néant; ce qui est une absurdité.

Ou bien, il existe quelque chose dcins le milieu qui sépare les corps, ou bien il n'existe rien. Nul n'oserait défendre cette seconde supposition. Si l'on admet la première, il faut choisirentre deux alternatives : ou regarder l'espace comme une détermination, une affection de la matière — hypothèse condamnée par tous les philosophes dignes de ce nom — ou bien, lui attribuer un être substeintiel, indépendant (^) .

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