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III. Nature de l'espace

\° Un espace indéterminé, une capacité vide, toute prête à recevoir des corps, et dans lequel les corps auront à prendre leurs places, est une fiction, que cet espace et ces corps soient considérés comme existant absolument, ou qu'on en fasse des modes purement subjectifs de notre faculté représentative (^) ;

2° L'espace purement un, homogène, infini, non figuré ou simplement étendu en longueur, largeur et épaisseur, est un idéal, une idée pure (^) . L'espace n'est jeûnais pur, parce qu'il n'est pas isolable, même idéalement, du monde des corps (^) ;

3° L'espace n'est pas davantage l'ensemble des étendues de tous les corps. Dans ce cas, en effet, il serait purement multiple et privé de l'unité essentielle à sa nature;

4° On peut définir l'espace : « La loi idéale qui pose les étendues comme des conditions de la constitution des corps et qui n'en fait nullement par conséquent des choses antécédentes aux corps, ni une carrière préparée d'avance où les corps auraient à se mouvoir (^) )) ;

(*) DUNAN, La nature de l'espace (Revue de Métaphysique et de Morale, janvier 1913, pp. 93-94).

{*) DuNAN, Théorie psychologique de l'espace, p. 143. Paris. Alcan, 1895.

(^) DuNAN, Théorie psychologique de l'espace, p. 40. Paris, Alcan, 1895.

(*) DuNAN, La nature de l'espace (Revue de Métaphysique et de Morale, janvier 1913, p. 94).

(*) DuNAN, La nature de l'espace (Revue de Métaphysique et de Morale, janvier 1913. p. 90).

THÉORIES ULTRASUBJECTIVES 109

Le inonde des corps étant un et multiple, ses conditions d'existence exigent que l'espace jouisse d une unité trsuiscendante, et que la loi de l'unité de l'espace soit en même temps la loi de l'unité du monde des corps. Mais il faut aussi que cette même loi idéale du monde et de l'espace pose les étendues figurées comme conditions d'existence de la matière différenciée.

L'étendue, en tant qu'elle est véritablement une, ne possède qu'une unité idéale. « L'étendue, dit l'auteur, n'est elle-même qu'une forme, c'est-à-dire une loi purement intelligible de la représentation, dont il serait vain de vouloir trouver dans la représentation même une exhibition sensible (^) » ;

5° Selon M. Dunan, l'espace est donc tout à la fois un et multiple, absolu et relatif. L'unité transcendante de l'étendue implique la multiplicité des figures géométriques et des figures imparfaites que nos sens perçoivent dans le monde des corps. D'autre part, « l'absolu n'est qu'un autre nom de l'unité, le relatif un autre nom de la multiplicité (^) ».

« Tout dans la nature, dit encore l'auteur, est absolu et relatif à la fois, donc à la fois intelligible et sensible, mais dans l'union de l'intelligible et du sensible qui constitue le phénomène, union dans laquelle leur irréductibilité subsiste, l'un des deux est nécessairement premier, c'est l'intelligible, et dans l'espèce », c'est l'unité transcendante (^) .

De là cette conclusion : « ce qui est dans l'espace en tant que l'espace est un est aussi dans l'espace en tant qu'il est un

(M Dunan (Revue philosophique, t. 53, 1902, p. 5%).

{^) Dunan, La nature de l'espace (Revue de Métaphysique et de Morale, janvier 1913, p. 89).

(^) Dunan (Revue philosophique, t. 53. 1902, p. 583). a Dans la détermination par nos sens du lieu qui occupe une étendue particulière, dit l'auteur, il entre un élément que l'expérience ne nous fournit pas, et sans lequel cette détermination ne pourrait se faire. En d'autres termes, nous n'éprouvons jamais une sensation sans la localiser dans l'espace, mais nous la localisons d'abord sans savoir où. Dans notre conscience transcendantale qui porte en

et multiple, l'espace en tant qu'il est un et l'espace en tant qu'il est un et multiple étant un seul et même espace (^) . »

Ainsi en est-il du lieu relatif, a II n'y aurait même de lieu relatif ni pour nous ni en soi, s'il n'y avait detns la raison fondamentale des choses, et dans nos pensées mêmes, sous forme d'intuition transcendante, le lieu absolu qui est un et idéal et qui n'est autre chose que l'espace même (^) . »

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