Examen critique de ce système
Ses principes fondamentaux sont inadmissibles.
Pour avoir relégué dans le domaine des chimères l'espace absolu Eintérieur aux corps et destiné à leur servir de réceptacle, pour avoir combattu avec non moins de vigueur la théorie qui identifie l'espace avec l'étendue abstraite ou concrétisée, M. Duncin s'est montré sans aucun doute bien inspiré.
Malheureusement, les bases de son système métaphysique, dont aucune ne résiste à l'épreuve des iaàts, devaient rendre éminemment caduc l'édifice qu'il voulait y asseoir. La conception monistique de l'univers, l'indivisibilité de l'étendue, l'affirmation que le réel cosmique est tout entier dans la sensation, — ce que M. Bergson appelle « l'erreur capiteJe de la psychologie moderne )), — ces trois thèses, en un mot, qui commandent toute la théorie spatiale de l'auteur, sont autant de défis au bons sens, au témoignage de la conscience, aux données immédiates de l'expérience.
soi l'univers tout entier sous forme de perceptions inaperçues et qui lui est adéquate, une sensation nouvelle prend d'elle-même immédiatement sa place; dans notre conscience empirique, elle n'en a aucune, jusqu'à ce que par déplacements, nous ayons pu obtenir ses rapports. »
(') DUNAN, La nature de l'espace (Revue de Métaphysique et de Morale, janvier 1913, p. 89).
(2) DuNAN, La nature de l'espace (Revue de Métaphysique et de Morale, janvier 1913, p. 86).
THÉORIES ULTRASUBJECTIVES Hl
Nous ne reviendrons plus sur ces différents postulats dont nous avons établi plus haut le mal fondé ; et puisque la théorie spatiale en découle, nous pourrions nous borner à cette critique générale.
Il est cependant certaines déductions qui méritent une attention spéciale.