Conclusion
Pour avoir banni l'étendue réelle du monde de la matière, Leibniz se vit logiquement forcé de souscrire à une conception idéaliste de l'espace que condamnent le témoignage des sens et les multiples feiits mentionnés plus haut.
(^) DuNAN, De la nature de l'espace (Revue de Métaphysique et de Morale, novembre 1912, p. 795 et janvier 1913, p. 61 ,, — Cf. Van BiÉMA. L'espace et le temps chez Leibniz et Kant, pp. 198 et suiv. Paris, Alcan, 1908.
THÉORIES ULTRASUBJECTIVES 127
Bien plus, comme la continuité de l'espace ne se conçoit pas sans étendue réelle ou possible, il dut refuser à l'espace cette note essentielle, ce qui le rendait inintelligible même dans le monde idéal.
Ce n'est pas que nous voulions condamner sans réserve le système de Leibniz. Encore que la définition qui le résume soit équivoque à plus d'un titre, cependant, si l'on tient compte des commentaires qui en fixent le sens, il faut reconnaître au système leibnizien un réel mérite, celui de mettre en relief un des éléments les plus fondamentaux du concept d'espace : la notion d'intervalle ou la relation de distance C) . Nous consacrerons plus tard à cette question un article spécial.