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Conception monisiique de l'univers

Un second csiractère de ce système est de se résoudre en un monisme universel.

A en croire M. Bergson, les qualités sensibles en lesquelles consiste toute la réalité du monde corporel constituent une étendue concrète, continue; elles ne comportent, malgré leur diversité, aucune interruption, aucune division, aucune multiplicité réelle. Notre corps lui-même n'est qu'un ensemble de qualités liées à la totalité des autres qualités corporelles, puisqu'il n'y a pas d'objet matériel qui ne doive ses qualités, son existence, ses déterminations à la place qu'il occupe dans l'ensemble de l'univers (') .

« Il n'y a pas de point matériel, dit-il, qui n'agisse sur n'importe quel autre point matériel. Si l'on remarque qu'une chose est véritablement là où elle agit, on sera conduit à dire

(1) Bei^GSON, L'évolution créatrice, pp. 3 et 4. Paris, Alcan, 1908.

(^) Bergson, L'évolution créatrice, p. 270.

(^) Bergson, Matière et mémoire, p. 245. « Ce qui est donné, ce qui est réel, dit l'auteur, c'est quelque chose d'intermédiaire entre l'étendue divisée et l'inétendu pur, c'est ce que nous avons appelé Vextensij », p. 274.

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que tous les atomes s 'entrepénètrent et que chacun d'eux remplit le monde. Dans une pareille hypothèse, !'« atome ou plus généralement le point matériel devient une simple vue de l'esprit (^) . »

D'autre part, entre l'homogène et l'hétérogène, la quantité et la qualité, l'étendu et l'inétendu, l'esprit et la matière, ne se rencontrent que des différences de degré. Un examen attentif de ces contrastes nous permet de les atténuer, de n'y voir que des nuances ou des points de vue divers d'ime même réalité commune, des manifestations d'un même élan primitif. Rien donc ne brise la continuité et l'unité réelle de ce grand tout qu'est l'univers. Il n'existe en lui aucun corps isolé, aucune individualité indépendante; ni même un groupe de phénomènes qui ne soit inséré au reste du monde.

En un mot, l'univers est marqué au coin d'une unité parfaite et cette unité se concrétise en un vaste mouvement évolutif, en une création incessante, en un flux universel, en un perpétuel jaillissement, en un élan unique se perpétuant sous les modalités toujours nouvelles de la matière et de l'esprit.

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