Monisme psychique
Enfin, le monisme bergsonien est un monisme psychique, un panpsychisme.
Le physique, pour lui, est simplement du « psychique inverti (") . »
L'élan vital, dit-il, peut marcher dans deux sens opposés. Tantôt il suit sa direction naturelle, et se manifeste sous forme d'instinct et d'intelligence; c'est alors le progrès... la création continue.
Tantôt il l'invertit, et cette inversion, poussée jusqu'au bout.
(*) Bergson, L'évolation créatrice, p. 221.
(-) Bergson, oao cit., p. 220.
mènerait à V extension. « Cette puissance de création... n'a qu'à se distraire d'elle-même pour se détendre, à se détendre pour s'étendre, à s'étendre pour que l'ordre mathématique qui préside à la disposition des éléments ainsi distingués, et le déterminisme inflexible qui les lie, manifestent l'interruption de l'acte créateur... La matière est un relâchement de l'inextensif en extensif (^) . »
Quel est, dit-il encore, le principe qui n'a qu'à se détendre pour s'étendre, l'interruption de la cause équivalant ici à un renversement de l'effet ? Faute d'un meilleur mot, nous l'avons appelé conscience (^) . »
{( Un processus identique, ajoute-t-il enfin, a dû tailler en même temps matière et intelligence dans une étoffe qui les contenait toutes deux... » Intellectualité et matérialité étant de même nature, se produisent de la même manière (^) . (( L'univers matériel lui-même défini comme la totalité des images, est une espèce de conscience, une conscience où tout se compense et se neutralise ("*) . >» Rien donc d'étonnant que l'auteur découvre déjà une ébauche de mémoire dans un simple mouvement corporel capable de prolonger son peissé dans son présent ('') .
Telle est, d'après le philosophe français, la constitution vraie de l'univers.