‹ La notion d'EspaceChapitre 58 sur 143 · Conclusions relatives à la théorie spatiale · texte numérisé non relu

Conclusions relatives à la théorie spatiale

En résumé, cette courte sinalyse nous conduit aux conclusions suivantes :

1" S'il est vrai que l'espace idéalement conçu se présente à nous comme un symbole de fixité et d'immobilité, de divisibilité à l'infini, d'homogénéité et de quantité, de multitude et de nombre, il est aussi indéniable que l'espace idéal n'est pas seul à revendiquer ces mêmes propriétés;

2° La matière réelle les possède toutes seins exception, indépendcimment de toute représentation spatieJe, et nous en offre de multiples exemples ;

3° L'hypothèse du schème idéeJ inventée de toutes pièces pour en rendre compte doit prendre place parmi les hypothèses gratuites et inutiles;

4° Bien plus, alors même que ces propriétés seraient l'apanage exclusif de l'espace idéal et ne découleraient pas du sein même de la nature matérielle, leur existence réelle dans la matière, constatée pai notre expérience journalière, mise en relief par chacune de nos activités réelles, cette existence, disons-nous, resterait une énigme. Nulle intelligence ne saurait se résoudre à voir dans une figuration S5nmbolique idécJe l'origine ou la raison suffisante des caractères du réel ;

5° En déclarant ces propriétés illusoires, en les rejetant toutes dans le moule du schème idéal, M. Bergson a logiquement condamné l'ime des théories qui lui tiennent le plus à cœur. Adversaire convaincu du subjectivisme, l'auteur français croit à la réalité du monde extérieur. Rien ne lui semble plus évident que l'existence des qualités sensibles. Or toutes

les données spatiales attribuées à la figuration symbolique imprègnent tellement ces qualités matérielles qu'elles leur sont inséparablement unies dans toutes nos perceptions. Il faut donc rejeter les unes et les autres dans le domaine des illusions ou leur accorder une même objectivité.

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