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L'espace réel ou extramental

Quant à cette sorte d'espace. Spencer garde la prudente réserve commune à tous les partisans de l'agnosticisme. Il s'abstient de porter un jugement, soit sur la nature, soit sur le mode d'existence de cet inconnaissable.

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Est-ce une forme, est-ce une condition de l'existence absolue ? La raison se taît, dit-il, devant ce problème, encore qu'elle ne puisse admettre la réalité de nos impressions sensibles sans affirmer l'existence de leur cause, ou penser le relatif S2ins supposer la réalité de l'absolu.

Le défaut radical de cette conclusion se laisse aisément soupçonner.

Comme tant d'autres. Spencer fut la victime du faux principe du relativisme.

Pas de pensée, dit-il, sans objet connu.

Soit, mais s'ensuit-il que l'objet n'ait d'existence que dans la pensée, ou n'apparaisse dans le monde réel qu'au moment d'être connu ? Si la présence de l'objet conditionne la pensée, rien ne prouve que la pensée est ime condition nécessaire à l'existence réelle de l'objet.

De plus, il est faux que le terme de notre concept soit toujours une relation ; la connaissance de l'absolu, c'est-à-dire de la chose en elle-même, précède assurément celle du relatif, et la preuve en est que pour rapporter deux termes l'un à l'autre et les comparer, il faut d'abord les percevoir individuellement, isolément.

Sans doute, <( une chose absolue, c'est-à-dire une chose existante, sans rapport avec le sujet disposé à la connaître, est pour celui-ci un pur néant n. 11 faut donc que « la chose soit mise en relation avec la connaisscmce (^) ». De quel droit cependant prétendre identifier la condition de la connaissemce avec son objet, et cela malgré le témoignage éclatant de la conscience ? Celle-ci ne nous dit-elle pas en effet que nous percevons d'abord, non pas cette relation, mais l'objet représenté dans et par cette relation ?

D'ailleurs le fait que toute connaissance sensible et intellec-

(*) Cardinal MERCIER, Les origines de la psychologie contemporaine, p. 349, Louvain. 1908.

tuelle présuppose la mise en éveil de la puissance cognitive, par une influence dont nous ne sommes point la cause, le besoin inné et irrésistible d'extérioriser l'objet de nos connaissances, sont autcoit de preuves en faveur du réalisme.

L'espace réel n'est donc pas un inconnéiissable La raison a l'aptitude d'en prouver l'existence puisqu'elle en constate les effets; elle peut aussi en décrire la nature, puisque tout effet révèle, au moins dans une certaine mesure, les csuractères de sa cause.

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