‹ La notion d'EspaceChapitre 63 sur 143 · Observation générale · texte numérisé non relu

Observation générale

DANS les deux chapitres qui précèdent nous avons rencontré deux coureuits d'idées radicalement opposés l'un à l'autre. Tandis que les absolutistes substantialisent l'espace, ou même le divinisent, les idéalistes ne lui accordent droit de cité que dans le monde purement idéal, ou le font jaillir de l'homme comme d'une source créatrice. Pour les uns, l'espace est une réalité complètement indépendante de nous et du monde des corps. Pour les autres, il tient de nous et uniquement de nous l'éphémère réalité qu'il possède en nous.

On comprend qu'entre ces théories extrêmes, il y ait place pour des opinions plus pondérées qui d'une part accordent à l'espace un caractère objectif et réel, et d'autre part cependant le mettent sous la dépendance du monde des corps.

Mais, entre le subjectivisme et l'ultraréalisme, que d'intermédiaires l'intelligence ne peut-elle pas découvrir ! Que de façons possibles de fusionner dans le concept d'espace l'élément idéal et l'élément réel, de concevoir la part d'intervention de l'intelligence et celle des choses ! Selon que l'on s'approche davantage de l'une ou de l'autre opinion extrême, n'y a-t-il pas danger ou de déprimer outre mesure l'être spatial ou de le douer de prérogatives qu'il ne comporte pas ?

En réalité, les théories à prétention réaliste modérée sont

nombreuses et les nuances qui les distinguent sont parfois si peu accentuées qu'il est difficile de les classer. Parfois aussi, leurs liens de parenté avec l'ultraréalisme ou le subjectivisme sont si étroits qu'on hésite à les placer peirmi les systèmes intermédiaires .

Dzms l'impossibilité de relater toutes les nuances et les divergences de vue secondaires nous prendrons pour base de notre classification les idées principales de ces multiples théories.

Article premier.

L'Espace absolu est un être de raison ayant son fondement dans le monde réel, une capacité vide, mais susceptible de contenir les corps. Les parties de cet espace occupées par les corps, comme aussi les « accidents localisateurs » inhérents à chaque corps, s'appellent « espaces réels ».

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