Caractères de l'espace absolu
LORSQUE, par la pensée, nous éliminons de l'univers actuel tous les êtres matériels qu'il contient, il nous reste une image plus ou moins vague de l'immense réceptacle dans lequel les corps se trouvent localisés. Il nous semble même que ce réceptacle possède encore toutes les propriétés dont il paraissciit jouir avant la disparition de son contenu.
Nous y découvrons, d'abord, la triple dimension que nous offrait tantôt le monde réel.
De plus, libre à nous de reculer les horizons mobiles où s'arrête momenteinément notre imagination; nous sentons que, malgré tous nos efforts, nous nous retrouverons toujours devant un au-delà incommensurable, illimité.
Enfin, pour être rentrés deois le néant, les corps n'ont point cependeoît entraîné avec eux le théâtre de leurs évolutions. Celui-ci continue de s'offrir à nous avec la même immobilité.
Réceptacle universel de la matière, antérieur, au moins logiquement, à l'existence des corps, capable de survivre à
leur dispeirition, immobile, exempt de tout changement, illimité en extension, voilà bien les ceiractères dont se revêt à nos yeux cette immense capacité.
Cette représentation a donné lieu à la célèbre théorie de l'espace absolu.
Pour tous les adeptes de cette opinion, l'espace, dont nous venons de décrire les propriétés, doit être posé comme une réalité subsistant d'elle-même, douée d'un être propre, dominant la matière qu'elle abrite sans en partager les vicissitudes.