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L'idée maîtresse de la théorie spatiale

D'après les points de vue où l'on se place, l'espace se prête à des définitions très diverses en apparence, mais identiques en réalité.

Si l'on en considère l'élément formel ou la distauice, on l'appelle de préférence une capacité, une possibilité d'étendue, un vide défini ou circonscrit. Telle est même l'acception la plus communément reçue.

Veut-on désigner, au contraire, l'élément matériel, c'està-dire les limites réelles qui par leurs situations respectives déterminent la distance et l'individualisent, l'espare porte alors le nom de réceptacle, de récipient, de contensmt, etc. Ainsi conçu, il s'identifie avec le lieu externe des scolcistiques, sauf toutefois cette différence que l'espace réel, comme tel, n'éveille pas nécessairement l'idée d'immobilité, propriété qu'Aristote et saint Thomas regsu-daient comme essentielle au lieu externe.

En réalité, ces définitions se ramènent à l'idée fondamentale de disteuice, d'intervalle entre deux ou plusieurs termes concrets. C'est aussi cette idée essentielle, nous le montrerons bientôt, que l'on retrouve dans toutes les acceptions de l'espace, soit qu'elles appartiennent à l'ordre réel, soit qu'elles revêtent la forme idéale.

Envisagée du point de vue physique, cette définition peut assurément suffire. Mais le métaphysicien, à bon droit, cherche à pousser plus loin l'analyse et se demande quels sont, à parler rigoureusement, dans les corps concrets et éten-

dus qui limitent la relation de disteince ou circonscrivent l'intervcdle spaticd, les véritables points d'appui de la relation. En faut, à première vue du moins, divers éléments semblent pouvoir remplir ce rôle, par exemple la substance même des corps-limites, leur surface, leur position.

Un examen attentif de chacun de ces éléments nous force à conclure que la réalité des relations spatiales, leur constance et leur variation n'admettent qu'une seule explication possible ; attribuer comme fondement à ces relations l'existence d'un accident localisateur inhérent aux corps-limites, déterminant par sa présence la réalité et l'individualité du lieu interne.

La définition métaphysique complète de l'espace concret peut donc s'exprimer en la formule suivante : l'espace concret est une relation de distance, à triple dimension, dont les fondements réels sont constitués par les accidents local isateurs qui donnent aux corps-limites leur situation respective.

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