Esmein. Contrats dans le {rès ancien droil, p
4. Sur les « traditions » primitives, cf. De Rozière, Recueil général des formules du V*° au VIe siècles ; Lefèvre, Cours d'histoire du droit français, Paris, 1909-1910, — Sous l'influence de l'Eglise, la législation des capitulaires débarrassa peu à peu les donations des formes qui leur étaient imposées, et spécialement de la nécessité du dessaisissement (Capitulaire de 803, ajouté à la loi Ripuaire, tit. VIII ; Capitulaire d'Anségise, n° 137), — Mais on vit apparaître presque aussitôt des formalités nouvelles : les clauses comminatoires (Marculf, Formu- Les, 1, 11, n° 4; cf. plus haut, p. 21), les « laudationes parentum » (Cartulaires de Cluny, de Saint-Pierre-de-Chartres). — Et de plus la règle théodosienne, qui exigeait la tradition, ne disparut pas (Marculf, L. IT, form. 3, 4, 6).
5. Conseil de Pierre de Fontaines, ch. XV, $ 13 (éd. Marnier,p. 114).
6. Pour le x et le xiu° siècles, cf. Glanville {VII 1); Abrégé des assises de la Haute cour, $ 194 ; Jean d'Ibelin, chap. 144 ; cour des Bourgeois, chap. 214 ; coutume de Champagne, rédigée en 1224 (a. 44 : « Donner et retenir ne vaut riens, »
On sait quel fut le sort de cette règle. A l’origine elle traduisait simplement le fait que la simple promesse ou la simple convention de donation ne sont pas obligatoires ; pour qu’elles produisent effet, il faut qu’il y ait dessaisissement. La règle fut appliquée sans doute d’une façon à peu près générale et constante (1). Mais l'idée de dessaisissement s’affaiblit peu à peu ;on vit se généraliser la pratique d’une tradition fictive (2). Et dès lors on voit combien est faible l’explication classique (3), qui justifie la règle par la préoccupation d’arrèter le donateur en lui imposant un sacrifice immédiat. Pourtant dans un certain nombre de coutumes (4) subsista la nécessité d’une tradition de fait. — A mesure que l’idée de dessaisissement s’effaçait, on voyait passer au premier plan l’idée de l’irrévocabilité de la donation ; à la fin de
notre ancien droit,elle seule avait une grandeimpor-