‹ La Notion De Donation En Droit Civil FrançaisChapitre 58 sur 122 · Tarbouriech. op. cil., p · texte numérisé non relu

Tarbouriech. op. cil., p

pas d'obligation, dit Favard (1), ou il faudrait admetire des effets sans cause ». Cette phrase n’a de sens que si l’on se place dans la conscience de celui qui s’oblige : la volonté de s’obliger ne peut avoir été engendrée, quandle motif qui l’aurait engendrée est inexistant. Son caractère illicite ou immoral le supprime aux yeux de la loi:c’est pourquoi la cause illicite est assimilée à absence de cause.

Il nous semble vraiment bien difficile de concevoir la cause des libéralités d’une façon abstraite, en l’opposant systémaliquement aux motifs. Revenant aux idées simples et claires de Domat, par delà les formules ambigues de Pothier et de Bigot-Préameneu, Toullier (2) définit la cause comme « le motif déterminant du contrat », disons de l’obligation, pour éviter une confusion. — Mais cette formule est rejetée par la plupart des auteurs, qui préfèrent une définition plus abstraite. La cause, dit Colmet de Santerre (3), est « le but immédiat et direct que le débiteur se propose d’atteindre en s’obligeant ». C’est, disent Aubry et Rau(4), « le motif juridiquement suffisant » ; et ils opposent la cause de l'obligation au mobile qui nous détermine à contracter. — Les auteurs contemporains analysent de façon minutieuse l’état d'âme du donateur : Je veux m’obliger, dit-on, voilà

le consentement ; je veux bien ne rien acquérir,

1. Recueil général.t. V, p. 130, 2. Tome VI, no 166, 3. Colmet de Santerre, t. V, $ 46 bis, 1,

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