‹ La Notion De Force Dans Le Système D'AristoteChapitre 21 sur 30 · PT ER TS · texte numérisé non relu

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lorsque de l’air est formé, il faut, pour que la somme de réalité soit constante, qu’une certaine quantité d’eau soit détruite quelque part ailleurs, mais que la destruction de l’eau est envisagée dans la direction inverse comme production d’air et qu’en conséquence, la somme de réalité reste constante ; c’est une application directe du principe quel’être ne vient pas du non-être absolu existant en soi, mais du non-être en puissance existant dans un être en acte(1108); ou plutôt étant un autre être en acte; ce n’est nullement une nécessité physique fondée sur la conservation de la matière (1109).

Les lois de communication, telles qu’elles dérivent, par exemple, de l'unité du ciel, de l’éternité du mouvement, restant purement qualitatives, le tout de l’univers garde un sens finaliste et l’unique communication des substances est assurée par la hiérarchie des formes (1110), telle qu’elle se trouve nettement affirmée dans V’intellect divin où elles se réunissent selon leur degré de détermination. Une telle conception est rationalisable, au moins si on la prend dans le sens de la déduction, ce qui, d’ailleurs, suppose

(1108) Cf. Gen. Corr. I, s. 320 b 17 : application au cas de l’accroissement, qui vient d’un être en acte, non en puissance. d

(1109) Par ex. 321 à 14: on ne peut même pas dire, dans le passage eau-air (qui est une génération), que le corps a été augmentè ; nous pouvons en tirer qu’à considérer le passage inverse, la somme totale de l’univers ne paraît pas s’être conservée (Philop. en faisant intervenir l'étendue pure à trois dimension, s'inspire de systèmes postérieurs, Gen. Corr. 94, 21). Aussi, le commentateur (Gen. Corr. 91, 34) n’a-t-il pas toit de trouver imaginaire l’hypothèse d’une répercussion à travers l’univers du changement effectué en un point, d’autant qu’il la considère comme transmise par l’air (91, 24), et, par suife, demandant une vitesse infinie (92, 15), il n’a pas vu que la compensation cherchée se faisait à chaque instant. On saisit par là combien il était loin de notre déterminisme moderne malgré sa théorie de la virtus impressa (voir n. 96), cf. 92, 15 : &vramkipwouc, Phys. 626, 17: avramédooi ; 624, 21 (un orepp&v); et la solution (Gen. Corr. 93, ) fondée sur les différents degrés de compression mutuelle par élasticité, d’après le fr. 236.

(1110) Robin, Arch. 155-162. Aristote nous en donne un exemple dans la hiérarchie des cieux.

universel, nécessaire et simple, donné intuitivement (1111); elle donne par la série de ses essences constituées de rapports de plus en plus complexes, une représentation intelligible de la réalité. Du moins semble-t-elle le pouvoir, car nous n’avons qu'un schéma purement formel. Toujours est-il qu’on ne saurait nier que ce ne soit là une préoccupation dominante d’Aristote et qu’en même temps il y résiste constamment.

Il nous 4 fait lui-même comprendre une des raisons de ce conflit : l’intellect divin, considéré dans sa transcendance, rend très difficilement compte du changement dans le monde sublunaire (1112). Si on le considère d’abord comme multiple en un sens, et on en a le droit malgré sa simplicité (1113), lintellect ne possède aucun principe proprement dynamique ; tout inspiré de la certitude mathématique et des classifications biologiques, il ne présente que des êtres complets, les intelligibles étant de vrais individus et concentrant en soi l’activité dont ils sont les sujets, non les termes. Le concept le plus clair qui permette de comprendre leur

liaison est celui de moyen-fin, encore n'est-il pas éclairci, ce qui

n’est pas étonnant puisqu'il contient le concept de force, et faut-il faire appel aux images.

L'image dominante est celle d’une administration bien réglée, ou, faudrait-il dire plutôt, du plan d’une administration dans l'esprit du chef. Cette dernière restriction nous montre, en effet, que la multiplicité de l’intellect est une hypothèse qui est difficilement conciliable avec la nature de l’intellect et le caractère analytique de notre raison: le passage de la possibilité à l’existence, en même temps que la division du simple se trouve réalisé par la présence de la matière jusque dans le ciel. Mais si le changement se trouve réintégré, ce n’est qu’au prix d’une supposition mythologique, dans laquelle se confondent la puissance dynamique propre à expliquer

(1111) Robin, Th. pl. n. 106.

(1112) C'est, au fond, la même difficulté qu’il trouve dans Platon, Cf. Robin, $ 54 sq.

(1113) Robin, Th. pl. 105 sq. Hamelin, Syst. 409.

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