‹ La Notion De Force Dans Le Système D'AristoteChapitre 23 sur 30 · LE LIVRE IV DES € MÉTÉOROLOGIQUES · texte numérisé non relu

LE LIVRE IV DES € MÉTÉOROLOGIQUES

Qv' Aristote ne nous ait pas laissé sur les minéraux et les métaux ce qu'il nous avait promis, Méréor. III, 7. fin, c’est certain ; il n’en résulte pas, croyons-nous, que notre livre remplace une partie absente. Quel est, en effet, le contenu de Météor. III, 7 ? C’est une tentative pour ra rentrer les minéraux et les métaux dans l’explication générale des Météores par les deux exhalaisons (cf. 378 a 18 et 31). Qu'une telle explication soit trop rapide, c’est ce qu'il reconnaît lui-même (378 b 5), en disant qu’il convient de passer des considérations générales à l’examen des genres propres. Or, une grosse difficulté, que nous avons signalée en son lieu, attendait Aristote à ce passage : la théorie des exhalaisons, sortie d’une certaine détermination de l’action des éléments, ne suffisait plus ; il était nécessaire de préciser cette action par des modalités, nouvelles par rapport à Météor., mais prévues Gen. Corr.; notamment par l'étude du chaud et froid, non plus quant aux mouvements centri- pètes ou centrifuges auxquels ils sont liés, mais quant à leur action sur le sec et l’humide; par suite, il fallait reprendre, de haut, la question des éléments, et c’est le début du livre IV. Mais cette étude l’entraîne à des développements si compliqués et si spéciaux (c’est proprement de la chimie) que lorsqu'il en vient à parler des métaux (IV, 8, 384b 34; [2]), il rappelle très rapidement l’explication par les exhalaisons, à côté (re x b 33) des théories sur l’action et la passion des éléments les uns par rapport aux autres; la synthèse des deux points de vue n’est pas faite, et il oublie même à cet endroit le cas des minéraux.

Quant au programme posé au début des Météor., il faut admettre qu'il est incomplet et passe trop rapidement des Météores aux Animaux ; sinon il faut que Météor, III, 7 suive le même sort que Météor. IV (c’est d’ailleurs l’opinion d'Alexandre). D'ailleurs, on peut interpréter lé oxedov (339 a 8) comme étant une réserve touchant les métaux (c’est l’opinion de Philop. 8, 35 n. contre Olymp.). — Les textes que F. de Mély (Revue des Et. gr. 1894 p. 185) a tiré d’un manuscrit latin d’une version arabe des Météor. ont incontestablement un sens aristotélicien (p. ex. : « elementa mutantur ad invicem dum transeunt in dominans unde quod cadit in

salinas fit sal et quod in ignem fit ignis ; la vraie référence à citer ici est non pas, comme le fait I. H-G. p. 132, Gen. Corr. I, 10. 328 a 23, mais Il, 4. 331 à 23-b 4); mais, on ne saurait faire de ces fragments, plutôt géologiques, d’ailleurs, que minéralogiques, la suite du livre III.

S'il n’est pas facile de rattacher notre livre à l’œuvre qui le précède, peut-être commande-t-il plus clairement celle qui le suit ; la distinction des homœomères et des anhomœæomères qui le termine nous paraît une bonne transition, non pas avec Hist. an. qui est exotérique, mais avec Part. an., conformément au plan qui est indiqué dans ce dernier ouvrage II, 1. 646 a 20-24 (Ideler IT, 360-364). C’est même l’une des principales raisons qui empêche de : mettre notre livre IV à la suite du livre II de Gen. Corr. (Ideler IT, 356).

Reste l’argument le plus grave que l’on puisse faire valoir : Le livre IV des Météor. serait inspiré d’un esprit entièrement opposé à la philosophie d’Aristote, à savoir de l’esprit atomiste ; la preuve, dit-on, (I. H-J. pp. 113-123), c’est qu’il utilise l’action du chaud et du froid d’un point de vue mécaniste, sans faire agir les causes finales, et qu’il emploie les atomes (äyxo1, 8. 385 a 27) et les pores (cf. Ideler IT, Znd.), contrairement aux théories d’Aristote (Ammonius, ap. Olymp. 313, 18 St. rappelle Gen. Corr. I, 5). De ce dernier point, nous savons ce qu’il faut penser (voir n. 280) ; Aristote n’interdit pas d’utiliser la notion de pores, comme il fait lui-même Phys. IV, 7. 214 a 32-b 1 (précisément dans la critique du vide) ; il indique seulement qu’elle ne suffit pas à expliquer l’action. D'ailleurs, l'introduction d’une masse porteuse de feu pour expliquer la combustion n’est pas une explication vraiment mécaniste, mais la solution verbale d’un problème qui reste posé en termes dynamistes. L'utilisation des causes motrices et matérielles a été signalée depuis longternps dans le livre IV des Météor. (Cf. Rodier, Straton 124-127 ; Hamelin, Syst. 79, 259, 363). En conclure un caractère de non-authenticité, c’est d’abord faire bon marché du dernier chapitre, où, selon nous, non seulement la cause finale est affirmée pour les anhomoœæomères et les homæo-

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