LE &DE ANIMALIUM INCESSU
mères (l’expression qéois n &\An vis aitia 390 b 14 correspond assez bien à l’ambiguïté qu’Aristote a laissée à sa théorie des rapports de la nature à l’âme ; remarquer aussi, 390 b 18, un mouvement analogue à Phys. IL, 2. 194 b tr; cf. Part. an. I, 1. 641 a 30; Méta. 2, 11. 1037 a 16 [le physicien ne connaît pas de la forme absolument]), mais encore une telle recherche est indiquée comme très difficile, donc (cf. n. 417) admissible (bien loin d’être impossible : IL. H-J. écrit : Schwierig die Zwecke zù finden, au lieu, sans doute de « Zwecke zù finden » p. 123). C’est ensuite, par une conception bien simpliste de la pensée, s’imaginer qu’une philosophie à tendances logiques et à méthode conceptuelle est incompatible avec l’esprit expérimental. C’est enfin méconnaître le vrai caractère de la théorie aristotélicienne de la cause efficiente. La distinction de la cause nécessaire et de la cause finale n’aboutit pas, nous l’avons vu, à la constitution d’un dynamisme indépendant de toute considération de fin ou de nature, les séries mécaniques considérées n'étant dénuées de finalité que relativement aux systèmes téléologiques supérieurs que sont les êtres vivants et avec lesquels elles sont mises en rapport, mais en elles-mêmes n'étant pas détachées de la « causalité du concept ». Aussi l’hypothèse que le livre IV est de Straton, et que le disciple, par ses qualités d’observateur, aurait exercé une influence empiriste sur son maître (I. H-J. 125), indépendamment de ses difficultés internes, nous paraît au moins inutile.
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L’authenticité du An. Inc. (cité dans le catalogue de Ptolémée n° 45 Rose) est généralement admise ; ce traité cite An. Hist. et An. Part. (Bonitz, Ind 100 a $5); il est cité (Bonitz, Ind 103 b 3), sous des titres légèrement différents, il est vrai, (cf. Zeller, p. 97, n. 2), par Part. An. et de Coelo. Le plan (si l’on néglige quelques répétitions), la suite logique des idées, la précision des observations y sont remarquables.
Quant à sa place dans l’ensemble de l’œuvre, elle est fort difficile à déterminer. Les phrases du début (704 a 4) et de la conclusion (714 b 20) le rattachent à Part. An., ou du moins à l’avant-dernière phrase (697 b 29) de ce traité, dont la dernière annonce Gen. An. Si l'on néglige celle-ci, voici selon Jaeger (p. 39) la suite véritable des traités : 1° Part. An. et An. Inc. (études anatomiques). 2° (cf. An. Inc. 714 b 22) de An. (étude de lPâme dans ses Guvéuex et ses udox). 3° Les Parva Naturalia (études sur les rapports de l’âme et du ‘corps) auxquels il faut joindre An. mot. 4° Gen. An. (cf. An. mot. 704 a 2). Ce tableau à l'avantage de mettre en lumière la notion de psychologie physiologique (cf de Sens. 436 a 15 de An. I,Nr00435 +20) et distinction de l'anatomie et de la physiologie (ou, comme dit Jaeger en ce qui concerne le mouvement des animaux, de la mécanique et de la dynamique). Il partage le défaut de tous les tableaux de ce genre, en ce qu’il présente d’une manière arbitrairement schématique un ordre qu’Aristote n’a pas, semble-t-il, conçu d’une façon aussi systématique et sur lequel nous ne connaissons pas son dernier mot. Il serait, notamment, très dangereux de déduire de ce tableau une théorie de la filiation historique des traités (sur l’entrecroisement des références dans les œuvres publiées d’Aristote, voir Hamelin, Syst. 57).
Bien que le tableau ci-dessus soit schématique, en y faisant une place à An. mot., on accorde à ce traité, cité dans le catalogue d'Hesychius (n° 156 [Rose]) et de Ptolémée (n° 41 [Rose] où il figure avec le de Sectione) un brevet d’authenticité. Or, deux de ses passages semblent légitimer cette localisation. C’est d’abord le début, où l’on renvoie (698 a 1) à An. Inc. en en distinguant le présent ouvrage qui étudiera le principe moteur des animaux, indépendamment de leurs variétés spécifiques. C’est ensuite la conclusion 11. 704 a 3 où notre traité est situé entre les Parva naturalia et Gen. An. Philopon (An. Mot. 103, 13) semble adopter cette interprétation.
D'autre part, les références de ce traité aux autres œuvres sont nombreuses et importantes. Considérons d’abord celles qu'il cite.