LES € QUESTIONS MÉCANIQUES
citation que l’auteur fait 10. 703 b 10 et qui semble renvoyer au ep nveüwoaroc, traité assurément postérieur à Aristote (cf. Bonitz, Ind. 103 a 42 et Jaeger p. $8 sq.). D'abord, comme le remarque Jaeger (p. 49), il serait étonnant que l’auteur, si aristotélicien, de An mot., eût songé à citer un traité de l’école de Praxagoras. Ensuite, la citation concerne sans doute Gen. An. Il, 2. 735 b37; 3. 736 b 37 (Brentano, cf. Rodier, de An. Il, 547) ou le xeoi rpooñe (Philop. An. mot. 127, 18; cf. Bonitz Ind. 100 a $2 et ici n. 405). Enfin, elle est peut-être inauthentique, car elle fait double emploi avec le passage de 703 a 16, où la question de la constance du rveüpa est renvoyée (Jaeger ajoute qu’elle brise le développement où elle paraît ; mais cet argument ne nous paraît pas bon ; la soudure de la glose avec le contexte n’est pas mauvaise). De toutes façons, la théorie du rveiue telle qu'elle est développée An. mot. 10 est en parfait accord avec les éléments d’une telle théorie qui sont épars Gen. An. et Part. an. (Jaeger, pp. 46-47).
Les Questions mécaniques sont citées sur la liste de Diogène de Laërte (n° 123 : Mnxawxüv mpo6nuéroy à), sur celle d'Hesychius (n° 114 : Mnxavixdv y à), sur celle de Ptolémée (n° 18 : Questiones ad artem spectantes [s. c. Mechanicae|, que les Arabes nommaient Michabrblimatam). Simplicius (Cat. 4, 25 sq. Kalb.) parle des yeometpuxd Te xai unyawxà (B6Xi ; en revanche Philop. Ho 66; cf. n. 25) ne les cite pas quand il le devrait.
D'autre part, aucun détail technique de cet ouvrage ne permet de le situer à une époque sensiblement postérieure au 1v° siècle, que l’on considère les bateaux (V, VI, VII), les balances (IL, HT, XI), les machines simples (IV, XIV, XVIII, XIX, XX, XXI, XXIIT, XXV, XXIX), les voitures (IX, X, XID), les projectiles (XIII, XXXII-XXXVI), les instruments de chirurgie (XXII), aucune date précise ne peut être acceptée ou éliminée ; il semble même, mise à part la description du moufle (XIX), que l’auteur ait eu
FRA FEV COMME SOON TE CE Lui
sous les yeux des instruments assez rudimentaires, antérieurs sans doute aux inventions d'Héron (Diels, 27) et d’origine difhcile à déterminer. (La conjecture de Tannery sur l’origine égyptienne des Mech. ne s'impose pas, voir n. 338. Sur tous ces points, cf. Daremberg et Saglio, articles triréme, balance, . machine, Diels, Antike Technik, p. 27, note).
Si nous considérons le style, nous n’avons rien de particulier à signaler ; la forme est celle des Problèmes en général, et le vocabulaire, notamment en ce qui touche les expressions, correspondant à notre mot force (cf. n. 60 et aussi n. 20, n. 88), ne marque aucun progrès, ni aucune différence sensible, sur l’usage courant d’Aristote.
Touchant les idées, nous aboutissons à la même conclusion. D'abord, on ne peut signaler de contradictions flagrantes entre Aristote et l’auteur des Mech. La principale, qui concernerait la doctrine de l'évremesorasie (Duhem, Syst. Monde,376) ne doit pas, à notre avis, être retenue (cf. n. 88 : quelle que soit l’interprétation que l’on donne de la seconde partie de la question XXXIV, la similitude d’expressions qui se retrouvent dans le de An., la Phys. et les Mech. est caractéristique).
Ensuite, il n’est pas douteux que l’une des principales questions des Mech. : la composition des mouvements, n’ait souvent préoccupé Aristote, particulièrement à propos du mouvement circulaire (Méta. À, 8; Gen. Corr. Il, 10), sans qu'il soit arrivé à une conception satisfaisante, ni même précise (cf. n. 22-37 et n. 600). En particulier, l’idée d’expliquer les propriétés du mouvement circulaire par la composition des mouvements est bien propre aux Mech. (sil est dit, Phys. VI, 10. début, qu’il y a, pour ainsi dire, plusieurs mouvements dans le circulaire, c’est en un tout autre sens, c’est pour montrer que les mouvements des parties sont autres selon que l’on prend les parties en elles-mêmes, ou selon les mouvements du tout).
On ne saurait donc tirer de la doctrine des Mech. aucune induc- .
tion solide contre leur authenticité ; à coup sûr cet ouvrage présente parfois le caractère d’une compilation et plusieurs questions étrangères à la composition primitive ont pu y être
Ê LES € QUESTIONS MÉCANIQUES » 267 intercalées postérieurement. On reconnaît par là un certain plan à l'ensemble de l'œuvre, qui, en effet, a pour but, comme l'indique
lintroduction, d’expliquer le merveilleux des machines par la
théorie du mouvement circulaire. Par là, encore, on peut expliquer les maladresses trop criantes de certaines démonstrations (par exemple, la démonstration géométrique de la seconde partie du ch. 1), mais il ne faut pas oublier que l'application du raisonnement mathématique à la Physique a été pour nous l’objet d’une remarque de portée générale (cf. Introduction III). | En résumé, nous pensons que la critique que donne Rosep. 192, de l'authenticité des Mech. (suivi par Zeller et Hamelin) est trop rigoureuse, et que s’il est difficile de faire de cet ouvrage l'un des brouvnuæruwxé dont parle Simplicius (cf. Zeller, 110, 2) il faut y voir un écrit de la première école, antérieur à notre sens, à Straton.
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