‹ La Notion de "Lex" dans la Coutume Salienne et Ses Transformations dans les CapituliersChapitre 29 sur 50 · LVIII · texte numérisé non relu

LVIII

* Cette coexistence de décisions contradictoires est la preuve formelle que la leæ salica n'a pas vu le jour à une date déterminée, mais s’est constituée pièce par pièce, à la manière de l'édit du préteur. |

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tout système jurisprudentiel, la lex salica ne constitue pas un système juridique complet. Ses dispositions fragmentaires laissent de côté des cas de droit qui, semble-t-il, auraient pu se poser d’un instant à l’autre, étant donné la relation intime de ces cas avec ceux qui étaient déjà sanctionnés. Ainsi le cas du maître défaillant et responsable d'un délit commis par son esclave est prévu, alors qu’on ne dit rien du délit de l'homme libre en état de contumace !. On vise le cas du défaillant qui refuse d'aller au mallum et on ne se soucie pas de l'individu qui, après avoir comparu au Mmallum, refuse de se conformer à la sentence du roi?. On punit le meurtre d’un esclave et on omet de dire ce qu'on fera de celui qui à tué le roi5. Le fait de presser la main ou le bras d’une femme libre est réprimé, alors que les faits ignominieux, déjà flétris par Tacite, sont laissés de côté f. Le vol commis par un ingénu hors de l'habitation est puni, celui qui est commis à l’intérieur de la maison n'est pas mentionné 5. Voler une vache pleine est un fait prévu : le vol d’une autre vache est resté hors des prévisions f.

Ces constatations peuvent nous étonner, nous, modernes, si l’on considère la lex salica comme une loi; elles sont cependant tout à fait naturelles dans un

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