LIVRE PREMIER LA NOTION DE « LEX » DANS LA COUTUME SALIENNE
Jusqu'au moment où les Germains entrent en contact avec la civilisation romaine et chrétienne, le droit germanique est purement coutumier et non écrit. Avec les invasions, la situation tendit à se modifier : les divers peuples germaniques s’avisèrent, eux aussi, d'avoir comme les Gallo-Romains leur droit écrit. Alors apparurent successivement ces constatations écrites de droit coutumier que nous appelons leges barbarorum.
De toutes ces leges, la lex salica est celle qui, lors de sa mise par écrit, a le moins subi l'influence chrétienne ou l’empreinte romaine . C'est la coutume
1 Brunner (Deutsche Rechtsgeschichte, L, Leipzig, 1906, p. 438, n° 43) soutient que la Lex salica aurait été influencée par l’imitation des fragments de Paris (code wisigothique d'Euric). Mais les similitudes relevées par Brunner sont trop superficielles et trop peu nombreuses pour être probantes. De plus, l'attribution à Euric, de ces fragments de Paris et, par conséquent, l’antériorité de ces fragments par rapport à la lex salica Sont loin d’être établies. — Tardif (Histoire des sources du droit français, origines romaines) est un des auteurs qui ont le plus énergiquement Soutenu que la lex salica est en réalité une œuvre romaine. Brissaud (Æxtrait des Mémoires de l’'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, % série, tome III, année 1891) a réfuté cette opinion en insistant sur les