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Snini Tlioinas ot ses coinmf»ntatcurs parUigcm l.i j)ieiirnM'(^ opinion, et avec raison, croyons-nous.
l'ji ctU'i, ronsidch'cz ini être à cet instant où I)i«;ii vient (\r le réalisiT ; il existe, et la cause fonnell** cl ;iclé([uatc do son actualité n*est autre que son acte (rcxistcncc. Supposez que, pendant queUpn* temps, cotte même existence ne soit pas détruite. Elle deviendra nécessairement une existen'»* persistante que nous appellerons durée. Or, pour ([u'elle échappe à cette destruction, est -il nécessaire qu'on lui ajoute quelque chose? ne suHit-il i»as quel'inthix divin qui lui a donné naissance, et dont elle dépend toujours intiinscqucment, ne soit pas supprimé, reste ce qu'il était au premier instant ^ En vertu de son existence propre, et sans ajoute (l'aucun genre, cet être durera aussi longtemps que Dieu ne détruit pas son œuvre, et que les causes secondes, s'il s'agit de substances corporelles, ne viennent pas décomposer letre en ses parties substantielles.
L'action créatrice, dit l'Ange de l'Ecole, ne diffère pas de l'action conservatrice, car 1 être des choses dont l'existence est permanente n'est divisible qu'accidentellement, c'est-à-dire, dans la mesure où elles sont soumises au mouvement. Considérée en elle-même, cette existence est instantanée. Partant, la même opération divine qui
constitue le principe de Icxislence des êtres, en détermine aussi la persistance. (1)
Cajetan, dans ses Commentaires sur la Somme théologique ne s'exprime pas avec moins de netteté : " La durée, dit-il, n'appartient aux choses qu'à raison même de leur être.
» L'unique raison de la durée, c'est la conservation même de l'existence. ?î (2)
Examen de quelques difficultés.
Cette oi)inion qui identifie la durée avec l'existence, a soulevé certaines difficultés que nous ne pouvons passer î^ous silence.
La créature, dil-on, est essentiellement contingente ; partant, non seulement elle dépend de la cause première pour passer à l'existence, mais elle en reste essentiellement dépendante à chacun des instants qui suivent cet acte créateur. Si la création a pour terme l'existence substantielle, la conservation a pour terme la durée de cette même existence. Ces deux actes son! distincts, et l'existence nous apparaît ainsi comme une réalité distincte de la persistance ou de la durée.
Le fait allégué est indéniable : une dépendance
(1) De potentiel. Q. V. a. 1 ad Simi.
(2) Coni. Caj. in Snw. Q. X. a. 2.
H.iis<'niicll(' allecie la créature à legard de son juiteur, au premier instant d<3 sa naissance, comme pendant toute la durée de son existence. Mai« ^uit-il de la (luc l'action créatrice difti-re n^ellement de l'action conservatrice, du moins quant à son terme i Nous ne voyons aucune raison de .Taflirmer. vSi l'existence conservée et continuée -est identique à l'existence créée, sa dépendance intrinsé(iue vis-à-vis de Dieu sera toujours la jiieme, a quelque moment qu'on l'envisage, et ne nécessitera de la pari de Dieu d'autre inllux que l'inllux primitif qui, dans la conservation de l'être, sera (.considéré comme non détruit. En d'autres termes,s'il ne se passe aucun changement, ni dans l'intlux primitif de la création, ni dans son terme ol^jectif qui est l'existence, l'être continuera d'exister, sans ajoute d'aucun genre, avec la même dépendance essentielle à l'égard de son auteur.
Dès lors, il n'y aura, entre la conservation et la création, qu'une distinction logique : dans la conservation, l'être créé nous apparaît simplement comme non détruit.
Le second reproche que l'on fait à l'opinion ihomisle revient a dire qu'elle supprime en partie la contingence des êtres créés. En effet, dit-on, si les êtres créés tirent du fait de leur existence la raison de leur persistance, ne sont-ils pas
nécessairement impérissables, indestructibles, ne doivent -ils pas durer toujours ?
Une simple distinction suffit à résoudre cette difficulté.
Nous affirmons, il est vrai, que l'existence créée, aussi longtemps qu'elle n'est pas détruite, dure et même qu'elle dure nécessairement ; mais, qui donc affirme que cette condition lui soit essentielle ?
L'existence qui persiste, étant la même qui fut reçue au premier instant, persiste avec tous les caractères qui la distinguaient à son origine. Intrinsèquement dépendante de l'inHux divin à son début, elle y reste soumise pendant toute sa durée. Dieu peut donc, quand il lui plaît, l'annihilei' en supprimant l'influx divin qui la conserve. Que les êtres durent, par cela même que leur première existence n'est pas détruite, ou grâce à une réalité surajoutée, ils restent, au même titre, contingents et soumis au souverain domaine de Dieu.
Nous rencontrons enfin un troisième argument dont semblent faire grand état les partisans de la théorie adverse : une créature, quelle qu'elle soit, peut indifféremment exister à n'importe quel moment du temps. Dès lors, pour qu'elle existe en réalité à tel ou tel moment déterminé, et partant, pour qu'elle continue à exister pendant tel temps déterminé, il faut qu'elle reçoive une déter-