‹ La notion philosophique de la Trinité chez Saint AugustinChapitre 12 sur 36 · DO · texte numérisé non relu

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au moins des dans fort tte dans le as compeniaire. « Après avoir admiré le monde sensible, en considé- rant sa grandeur et sa beauté, la régularité éternelle: de son mouvement, les dieux visibles ou cachés, les animaux et les d plantes qu il renferme, qu’on s’élève à l'Archétype de ce monde, à un monde plus vrai; qu’on y contemple tous les intelligibles, qui sont éternels comme lui, et qui y subsistent au sein de la science et de la vie parfaite. Là se trouve le vrai royaume de Saturne, qui n’est autre chose que l’Intelligence pure. Celle-ci embrasse, en effet, toute essence immortelle, toute intelligence, toute divinité, toute âme, et tout y est éternel et immuable. Pourquoi l’Intelligence changerait-elle, puisque son état est heureux ? A quoi aspirerait-elle, puisqu’elle a tout en elle-même ? Pourquoi voudrait-elle se développer, puisqu’elle est infiniment parfaite ? Sa perfection est d'autant plus complète qu’elle ne renferme que des choses qui sont parfaites, et qu’elle les pense ; et elle les pense, non parce qu’elle cherche à les connaître, mais parce qu’elle les possède. La félicité n’a rien de contingent : l’Intelligence possède tout dès l'éternité ; elle est elle-même Véternité véritable, dont le Temps offre la mobile image dans la sphère de l’âme. » (Trad. Bouillet, t. III, pp. 9-10. — Enn., V,

nec 4)

Mais, comment l’Intelligence est-elle la lumière et la VE ds Suivons à nouveau la pensée de Plotin : elle est éminemment suggestive. « Nous devons, dit-il, attribuer à l’Intelligence véritable la possession intime de toutes les essences. C’est à

cette condition seulement que l'intelligence pourra connaître, et connaître véritablement, sans être exposée à oublier, ni à chercher autour d’elle ; qu’elle sera le lieu où habitera la vérité, où subsisteront les essences ; qu’elle aura la vie et la pensée, toutes choses qui doivent appartenir à cette nature bienheureuse. Sans quoi, on ne saurait trouver nulle part quelque chose qui méritât notre estime et notre respect. C’est à cette condition, enfin, que l'intelligence n’aura besoin ni de foi, ni de démons- tration pour croire aux réalités : car elle est ces réalités mêmes,

un sens qu’on ne retrouvera plus dans tout le reste de l'Évangile. » Au - surplus, il importe peu à notre objet.

et elle a d’elle-même une conscience claire ; elle voit quel est

son principe ; elle voit également ce qui est au-dessous d’elle et qu’elle engendre ; elle sait que, pour sa propre nature, elle ne doit ajouter foi à nul autre témoignage qu’au sien propre ; qu’elle est essentiellement la réalité intelligible. Elle est donc la Vérité même, dont l'essence est d’être conforme, non à un objet étranger, mais à elle-même. En elle, l’être et ce qui en affirme lPexistence ne font qu’un ; la réalité s’y affirme elle-même. » Bref, « l’Intelligence, par cela même qu’elle est réellement, pense les êtres et les fait exister. Les intelligibles doivent exister antérieurement au monde, n'être pas des images des choses sensibles, être au contraire leurs archétypes et constituer l'essence de l’Intelligence. » Cf. Enn., V, lib. IX, c. 5.

Le parallélisme s’accentue jusqu’à l'identité dans ce passage de la Cité de Dieu (1), où saint Augustin expose le sentiment de Plotin « commentant Platon », sur l’illumination de l’intelligence (2). « Ce grand platonicien, dit-il, pense donc que... l’âme

CLR. EX x CH.

(2) « .… Quel besoin de la mémoire pour le sage, qui voit tout devant lui des yeux intérieurs de l’intelligence, c’est-à-dire qui voit, d’un regard fixe et immobile, Dieu lui-même, et, avec Dieu, tout ce que l’intelligence voit et possède ?.… Je pense, reprit Licentius, que le sage n’a pas la moindre chose à confier à la mémoire, puisqu'il est toujours étroitement attaché à Dieu, qu’il garde le silence, ou qu’il converse avec les hommes ; mais la mémoire, comme un serviteur bien formé, garde soigneusement ce qu’elle

doit rappeler à son maître pour le besoin de la discussion, pour s’acquitter

ainsi fidèlement de ses devoirs envers un maître aussi juste, sous la dépendance duquel elle voit qu’elle est appelée à vivre. Elle agit ainsi, non par raisonnement, mais en obéissant à cette loi supérieure et à cet ordre suprême, qui lui en fait une obligation. » {De Ordine, lib. II, c. 2, n° 7.) — « Vous cherchez ce qu’il n’est donné de voir qu’à l’esprit le plus pur, et ce dont vous êtes encore peu capable de soutenir la vue. Aussi, ne faisons-nous , maintenant, par ces longs circuits, autre chose qu’exercer votre esprit pour le rendre capable de contempler cette vérité... Pourquoi done (l’esprit) juge-t-il, si toutefois il est bien instruit, qu’une sphère véritable, quelque grande qu’elle soit, ne peut être touchée qu’en un seul point par une surface véritablement plane ? L’œil a-t-il jamais vu, peut-il voir jamais rien de pareil, puisque l’imagination même ne pourrait se le représenter ?.. Puisque lPimagination est incapable de se figurer rien de semblable, et se déclare plus impuissante que les yeux mêmes, — car, c’est par le moyen des yeux qu’elle se produit dans l’âme, — il est évident qu’elle est bien différente de la vérité, et que les produits de l’imagination ne sont pas l’expression de la vérité. « Nous expliquerons cela avec plus de soin et de détail, lorsque nous com-

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