CHAPITRE XIII
De Denver à Bridger's Pass, point culminant de la Sierra Madré, le sentier frayé par les trappeurs et les marchands ne semble pas trop roide; mais les ornières, les détours et les pierres rendent le trajet on ne peut plus pénible. Sous ce rapport, le voyageur ne trouve que peu de différence entre les montagnes et les prairies, qui ne sont aussi qu'une suite de
plateaux. Les prairies, entre Leavenworth et Denver, s'élèvent en effet à plus de quatre mille pieds au-dessus du niveau de la mer, c'est-à-dire qu'elles atteignent une hauteur égale â celle du Snowdon. Bridger's Pass est la ligne de démarcation tracée par les eaux à travers ce grand continent. A cet endroit, les neiges et la pluie s'écoulent du côté de l'Océan Atlantique par le versant de l'est, celles du versant occidental vont tomber dans l'Océan Atlantique.
Sur un parcours de quatre -vingt-dix milles, la route avance sans rencontrer d'obstacle, au nord de Denver ; elle court au pied d'une chaîne de montagnes peu élevées, connues sous le nom de Collines Noires, et aboutit définitivement à un passage qui troue la muraille de rochers et de neiges qui la domiue. A Stonewall, près de Virginia Dale, elle rencontre une gorge (ou canyon, pour employer le langage des indigènes), qui débouche dans un joli pays boisé, plein de sources et de ruisseaux où les truites s'ébattent en si grand nombre qu'il est facile de les prendre avec l'épervier. Cette région, malgré l'aspect bizarre qu'elle doit à sa conformation rocheuse et à l'éclat de sa couleur, n'a point de caractère imposant ou sauvage. Dès que vous pénétrez dans ces montagnes, vous comprenez d'où leur vient le nom de Colorado; les Espagnols l'ont appelé ainsi, parce que tout y est rouge, le sol, les roches, les feuillages, surtout à la fin de l'automne.
Entre Virginia Dale et Willow Springs, le paysage qui s'étend au sud de notre sentier est admirable. La route occupe une hauteur qui permet au regard d'embrasser de nombreuses vallées étincelantes de verdure, et où l'eau, par conséquent, ne manque pas. Des cols et des crêtes rompent la monotonie de ces vallées que divisent de vastes espaces sombres. La vue est couronnée dans le lointain par une chaîne de montagnes irrégulière et majestueuse. On se croirait en Suisse, les pentes étant couvertes de verdure et les sommets coiffés de neige. Le panorama plus célèbre de l'Oberland, tel qu'on le voit de Berne, ne présente pas un tableau plus ravissant.
A Laramie, nous perdons ce beau paysage de montagnes. Des buttes de terre et de sable, tapissées de sauge, peuplées de
chiens des prairies (1), de coyottes et de hiboux nous voilent les cîmes neigeuses.
Cà et là, le long du sentier, avant de descendre vers Sage- Creek et le bosquet des Pins, nous franchissons des hauteurs telles que l'Elan, Medecine-Bow, et la crête de la Platte du Nord, élévations auxquelles on peut accorder par courtoisie le nom de montagnes ; mais aucune aiguille n'apparaît. Point d'Alpes à gravir. Tout doucettement, en bons bourgeois, nous allons devant nous ; et le léger véhicule roule sur les pierres, sur l'herbe, sur le sable, à travers de petits ruisseaux, dans des ornières remplies d'eau; cela continue du matin au soir, chi soir au matin, avec une triste uniformité qui, — n'était la vive réaction produite par la crainte de voir surgir à chaque instant une bande de Cheyennes ou de Sioux, — mettrait sur les dents le voyageur le plus déterminé.
Voilà une traversée pénible dont les meilleurs quarts d'heure sont encore abominables. A peine deux repas dans les vingtquatre heures ; et quels repas ! mauvais aliments ; l'eau encore pire, la cuisine affreuse. Point de légumes. Rarement du thé, du lait, du beurre, du bœuf ou du mouton. Les lettres de recommandation des autorités de New-York ne servent plus de talisman sur ces hauteurs désolées, couvertes de sauge. S'il y avait des provisions, on nous les vendrait; mais il n'y en a pas.
On nous offre une sorte de mastic chaud, sous le nom de galette ; dur à broyer, difficile à digérer, surtout si vous n'êtes pas du pays et rompu à cet exercice, si vous avez été gâté par les cuisiniers de Pall Mail. Pas de bière, pas d'eau-de-vie, quelquefois pas de sel. Comme mets extraordinaire vous aurez du buffle et de l'élan marines dans la poudre à canon ; vous payerez un dollar et demi, quelquefois deux dollars, ces épouvantables friandises.
Si cette vie, que nous n'avons à supporter que pendant une douzaine de jours et de nuits, nous semble si dure, qu'est-ce donc pour le trappeur, l'émigrant et le conducteur? En dépit des
(1) On sait que ce nom a été donné à une espèce de marmote (arctomys ludoviciana) parce que l'on a trouvé que son cri ressemble à l'aboiement d'un petit chien.
(Note du traducteur.)
privations et des dangers qu'il faut affronter, la route fourmille de voyageurs entre la rivière et la ville du lac Salé. Des centaines d'hommes, des milliers de bœufs, de mules et de chevaux traversent ces contrées désolées. Des convois de légers chariots, construits tout exprès, transportent au loin les produits des champs et des cités de l'Est. Pommes vertes, blé, bœuf salé, farine, semoule, conserves de fruits ou de viande, thé, tabac, riz, sucre, café, vêtements, ustensiles de ménage, depuis la casquette et la chaussure jusqu'au linceul et aux plaques de cuivre destinées à orner le couvercle d'un cercueil. On va distribuer tout cela dans les mines du Colorado, à Utah, à Idaho, à Montana, où tout cela trouve un débit facile. Les gens qui escortent les convois se réunissent en bandes pour plus de sûreté. Les files de chariots que l'on rencontre entre Leavenworth et le lac Salé ressemblent, à beaucoup d'égards, aux grandes caravanes de la Syrie. Un spéculateur, soit d'Omaha dans le Nebraska, soit de Leavenworth dans le Kansas, apprend ou imagine que le thé, le coton, les fruits, la mélasse, le cuir tanné ou tout autre article vont manquer dans les montagnes et que bientôt on pourra y écouler avantageusement ces produits; aussitôt il fait de son mieux sa provision et court les chances de l'entreprise. A la denrée principale il a soin d'ajouter une douzaine d'autres marchandises. Par exemple, à un ballot de thé il joint un peu de quincaillerie, un peu de vin, un peu de quinquina et d'autres drogues, un grand nombre de couvertures, des bas, des gants, peut-être quelques milliers de bottes à revers. Il achète cinquante ou soixante chariots légers, attèle une douzaine de bœufs à chaque véhicule, engage un conducteur, loue une centaine de voituriers, emballe ses marchandises et expédie la caravane à travers les plaines. Aucune compagnie d'assurance ne garantirait l'arrivée de ce convoi à Denver, au lac Salé ou à la cité de Virginie. C'est une aventure que cette spéculation. Il faut que les conducteurs soient bien armés et bons tireurs ; on n'exige pas qu'ils défendent contre les Indiens les marchandises confiées à leur garde.
Si la bande de Peaux-Rouges larrons est considérable, il est bien entendu que nos hommes vont couper les traits, monter
les meilleures mules et fuir jusqu'au poste le plus voisin, laissant chariots, marchandises et attelages à la merci des assaillants. Être scalpé n'a rien de gracieux; et quand on a femme et enfants, peut-être à une grande distance, on aime à garder sa chevelure intacte. Après tout la meilleure caravane rencontre ses accidents ; et quelques ballots de thé ou quelques sacs de farine ne valent pas une tête d'Américain des prairies.
Quelquefois ces convois prennent des voj^ageurs, moyennant cinquante dollars seulement par tête; le tarif de la malleposte est de deux cents cinquante. On ne se charge pas de fournir des vivres aux passagers, qui s'arrangent avec les voituriers et préparent eux-mêmes leurs repas.
De la rivière on arrive au lac Salé en quatre-vingt-dix jours, quand on arrive. La distance à franchir est de plus de douze cents milles. On se repose à Denver, qui se trouve à six cents milles du point de départ. En moyenne, on fait de quatorze à quinze milles par jour; quelquefois vingt milles; et c'est un grand effort.
On s'arrête quatre ou cinq heures, vers le milieu de la journée, afin de se reposer, de laisser paître les bestiaux et d'apprêter le repas. Quand la nuit tombe, on campe près d'une source d'eau douce et, si on le peut, près de quelque petit bois. On improvise un corral de chariots; c'est-à-dire que l'on campe dans un enclos elliptique, ouvert à l'une des extrémités seulement ; pour plus de sûreté, chaque voiture est enclavée dans le véhicule voisin qu'elle surplombe d'un tiers de sa longueur, comme les écailles d'une armure. La vieille expérience des guerres de frontière a prouvé que c'est là le meilleur retranchement d'où l'on puisse braver, les assauts des Peaux-Rouges; ceux qui pnt trafiqué avec le Mexique ne l'ignorent pas.
Après avoir ainsi disposé les chariots et lâché les bœufs dans le pâturage, les hommes se mettent à couper et à ramasser du bois ; les femmes et les enfants (s'il y en a) allument les feux, courent chercher de l'eau à la source la plus proche, remplissent les chaudrons et font cuire le pain du soir,
Les jeunes gens les plus habiles à manier leur rifle explorent les ravines et les criques à la recherche de pluviers, de chiens
des prairies et de poules. Si le sort les favorise, les chasseurs rapportent parfois un élan ou un antilope ; alors la soirée se termine par un festin. D'autres poursuivent les serpents à sonnettes et les détruisent, ainsi que les coyottes et les loups que la faim pousse vers le camp. Un énorme loup vint rôder près d'un chariot sans roues, dans lequel dormait un petit enfant; — on le tua sous mes yeux.
Le souper terminé, quand les bœufs ont eu leur provende, on les enferme dans le corral des chariots, précaution nécessaire; sans cela l'aurore les retrouverait à quelques dix mille du camp, chez les Indiens.
Une chanson, un conte, parfois la danse vient clore une journée de fatigue. A l'époque des chaleurs, les gens de l'escorte dorment dans les chariots, afin d'échapper aux serpents à sonnettes et aux loups. Quand la neige profonde s'amoncelle dans le ravin, quand le vent glacé siffle, la voiture posée sur ses roues devient un lit par trop froid ; alors on s'étend à terre sur une couverture, avec une bouteille de whisky pour oreiller. On est debout et à l'œuvre avant l'aube, harnachant les mules, disposant les chariots pour le départ; on dépêche à la hâte le repas matinal. Le soleil en se levant trouve tout le monde sur la route.
Quelquefois le spéculateur accompagne lui-même ses marchandises, mais il ne s'y décide qu'assez rarement. Le loss ou chef chargé de guider le convoi gouverne ces voituriers indisciplinés, ivrognes, querelleurs, mieux que ne saurait le faire le propriétaire en personne. Si les vivres viennent à manquer, si le whisky est mauvais, si les chariots versent, le capitaine peut joindre sa voix à celle des mécontents qui éclatent en imprécations contre le maître absent. On dit qu'une explosion d'injures soulage beaucoup ces hommes, et le propriétaire qui ne se trouve pas là pour entendre les compliments qu'on lui adresse ne s'en porte pas plus mal. Le maître est-il présent, chaque individu de l'escorte a une plainte à formuler, de sorte que l'on perd trop de temps en route, et un esprit de révolte s'empare du camp. Si quelque chose va de travers — et, dans un pays pareil, les choses vont nécessairement de travers, au
moins une fois par jour, — le boss, en l'absence du patron, n'a qu'à déclarer que cela n'est pas sa faute à lui, qu'il n'y peut rien, qu'ils sont tous de la même bande, et qu'il faut faire contre fortune bon cœur. De cette façon, tout en jurant, buvant et se battant, on finit par franchir les gorges. L'escorte se console de ses quatre-vingt-dix jours de rudes privations par une semaine de débauche, soit dans les bouges de la cité du lac Salé, soit dans quelque rancho isolé au milieu des montagnes.
Notre spéculateur voyage dans la malle-poste plus vite, sinon plus agréablement que ses serviteurs, et gagne Denver, la ville du Lac-Salé ou la cité de Virginie assez tôt pour recevoir ses marchandises. Là, si bon lui semble, il vend le convoi — thé, drogues, bonneterie, chariots et bœufs, — soit en bloc, soit divisé en plusieurs lots.
Il y a deux classes de rancheros.
La première se compose d'hommes entreprenants qui viennent s'établir sur ces hauteurs à peu près comme les fermiers de l'Est dans les forêts, pour défricher le sol, semer un peu de blé et élever des bestiaux. Ils ont à lutte>, d'un côté contre la nature rebelle, de l'autre contre les Peaux-Rouges. Ils se résignent à manger une mauvaise nourriture, à boire une eau plus mauvaise encore, dans l'espoir de s'approprier un terrain inoccupé et de laisser une fortune à leurs fils et petits-fils.
La seconde classe se recrute parmi des gens plus aventureux, qui construisent une hutte en bois aux abords de la grande route, à portée du voiturier et de l'émigrant, avec l'intention de vendre du whisky aux voyageurs ou même aux Cheyennes et auxSioux, toujours prêts à «'enivrer. Ceux-là s'enrichissent en peu de temps.
Ces deux classes se condamnent à des dangers et à des privations sans nombre ; leur vie ne tient qu'à un fil; ils courent plus de risques que les voituriers et les émigrants eux-mêmes. Les vauriens qui voyagent sur cette route portent à leur ceinture un couteau-poignard et un revolver : ils ont l'esprit aussi querelleur, la main aussi prompte que les gars de l'Ouest, et il leur arrive trop souvent de vouloir se gorger de whisky sans un dollar en poche.
Mais le plus grand danger qui menace les rancheros vient des Indiens, surtout quand une tribu puissante, comme celle des Sioux ou des Pawnees, s'engage sur le sentier de la guerre, Le Peau-Rouge aime le whisky bien plus que sa femme ou son enfant. En temps de paix, il n'est rien qu'il ne vende pour se procurer son poison chéri, — il cédera volontiers sa compagne, ses petits ou même son prisonnier. Mais dès qu'un Sioux s'est maquillé de rouge — couleur belliqueuse — dès qu'il a suspendu à son côté le couteau à scalper, il n'achète plus, il prend aux blancs, il s'abat sur le rancho, pille ce qui lui convient et n'épargne pas toujours la vie du vendeur.
Cependant notre homme, tenté par le gain, rebâtit sa hutte incendiée et remplace les provisions volées. S'il réussit à débiter du whisky et du tabac pendant deux ou trois saisons, sans avoir été pillé, sa fortune est faite. Paddy Blake, irlandais, de la cité de Virginia, tient un rancho près du sommet de Bridger's Pass, dans un endroit le plus désolé du monde. Il habite le fort Laramie, où il est cantinier; mais il trouve plus avantageux de vendre de mauvais spiritueux, à trois dollars la bouteille, et du tabac à chiquer à six dollars la livre, que de fournir des denrées plus honnêtes aux soldats ou aux bourgeois du fort. Une petite hutte construite de bûches contient sa provision de poisons que, durant environ quatre mois de l'année, lorsque la route reste ouverte et que la neige ne couvre pas le sol, il offre aux passants, y compris les Utes et les Cheyennes; il accepte en paiement ou les peaux de buffle et de castor que lui apportent les sauvages, ou les dollars et objets, trop souvent volés, que lui présentent les blancs.
Sur toute cette route on ne parle nuit et jour que des sauvages ; c'est le seul objet de conversation parmi les rudes charretiers, les émigrants et les voyageurs. L'un des agents les plus actifs de la compagnie, nommé Spottiswood, me disait avoir avoir vu les Sioux tirer un voyageur de sa voiture et le brûler sur une pile de quartiers de lard.
Le fameux chasseur d'antilopes de Virginia Dale a été massacré il y a peu de temps. Entre Elk Mountain (la montagne de l'élan) et Sulphur Springs (les sources de soufre) un convoi a
été arrêté par une bande de Cheyennes, qui ont tué ou mutilé hommes, femmes et enfants. Deux jeunes filles, enlevées ettrèsmaltraitées parles vainqueurs, furent échangées contre des sacs de farine, tirés des magasins du fort Laramie.
Sur la crête delà première gorge on voit une station isolée, qui doit son nom de Bosquet des Pins à une fiction tout-à-fait légitime. Là vivent deux hommes, dont l'un, Jesse Ewing, est le héros d'une histoire, qui certes vaut tous les exploits militaires.
Au printemps de 1866, une troupe de Sioux armés en guerre envahit la bicoque où Jesse se trouvait seul. Selon leur habitude ils s'emparèrent de tout, se régalèrent de pain, d'élan salé, de lard fumé et de café. Dès qu'ils se sentirent rassasiés, ils ordonnèrent à Jesse d'allumer un bon feu, attendu qu'ils voulaient le brûler vif.
C'est là un des divertissements ordinaires des Sioux, qui infligent ce supplice non-seulement à leurs prisonniers Pawnies, mais aux Swaps ou faces pâles. Jesse avait réussi à tenir son couteau et son revolver cachés sous ses vêtements; les sauvages qui n'avaient vu ni l'une ni l'autre de ces armes, s'imaginèrent que le malheureux restait à leur merci. Celui-ci refusa d'abord de préparer un bûcher, sachant que ses hôtes exécuteraient leur menace. Les sauvages lui dirent que leurs femmes se chargeraient de l'écorcher vif s'il n'obéissait; il répliqua qu'il ne pouvait allumer de feu qu'après avoir été chercher de la paille et des fagots dans l'écurie. On ne trouva rien à objecter à un argument aussi logique, et deux Indiens sortirent avec lui pour surveiller l'opération ; l'un d'eux suivit la victime dans l'écurie, tandis que l'autre montait la garde à la porte. En, un clin d'œil le couteau de Jesse s'enfonça dans la poitrine du Peau-Rouge qui se tenait à côté de lui, et une seconde après, une balle se logeait dans le cerveau de la sentinelle. A ce bruit toute la bande arriva en hurlant; Jesse, agile comme l'antilope, saute dans une crique, se tapit sous un amas de pierres et d'arbres, abri qu'il connaissait, et il reste immobile. Les Sioux furieux continuèrent à rôder pendant des heures entières autour de la cachette, glapissant leur horrible cri de guerre : yep l yep !
Le froid était intense, il n'avait ni souliers, ni habits; pour
l'achever, la neige se met à tomber à gros flocons et, s'il sort de sa cachette, il laissera des traces qui vont le trahir. Fort heureusement pour lui, la neige mouille et engourdit les pieds d'un indien tout aussi vite que ceux d'un blanc. Jesse entendit les Sioux se récrier contre le froid ; au bout de quelques heures, il reconnut que ses adversaires reprenaient le chemin de l'est. • Le bruit des pas et des voix se perdit lentement au loin, — les Indiens s'éloignaient par le sentier qui mène à Sage-Creek. Rassuré par le silence, notre homme sort de sa tanière et court jusqu'à la station de Sulphur-Springs, où il n'arrive qu'au point du jour ; là, ses camarades lui donnent les secours et les aliments dont il a si grand besoin.
Le brave Jesse est revenu à son poste, et je crains bien que les Peaux-Rouges, qui n'oublient pas leurs ennemis, n'accourent en foule et ne fassent de lui un terrible exemple.