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CHAPITRE XXXII

D'après quelle théorie doit-on procéder pour arriver à reconstruire solidement la République des États-Unis? Quel principe faut-il adopter? Sur quelle base faut-il asseoir la Nouvelle- Amérique? Tel est le grave problème dont chacun se préoccupe de ce côté de l'Atlantique. « Il s'agit d'abord de maintenir l'Union, » — tel est le mot d'ordre auquel paraissent obéir tous les partis.

Sous le dôme du Capitole moderne, les législateurs, qu'ils viennent du Nord ou du Sud, apportent une égale ardeur, une éloquence égale à défendre le drapeau menacé. Le même mot se retrouve dans la bouche de tous les orateurs, sous la plume de tous les écrivains. L'Union semble non-seulement constituer la religion politique des hommes du gouvernement, mais inspirer quiconque désire servir son pays. Nul autre cri n'a chance d'être écouté. On serait fort mal venu si l'on se permettait de criti-

quer le vœu populaire. Il y a tout au plus une heure qu'une dame de la Virginie me disait :

* Aujourd'hui, nous sommes en faveur de l'Union — de l'Union tell'e qu'elle existait avant la guerre, pour peu que cela soit possible. Nous ne demandons qu'à revenir à la position que nous occupions en 1861. »

A en juger par les conversations que j'ai entendues à Richmond, ces paroles sont l'expression d'un vœu général. Au nord du Potomac, on ne paraît pas moins désireux d'effacer le souvenir des troubles et des discordes des cinq dernières années.

Dans les nouvelles élections l'opinion publique a forcé les candidats à adopter bon gré mal gré, pour eux et pour leurs amis, la devise de la nation. Us ont même trouvé leur profit à traiter leurs adversaires de séparatistes. Dans l'état actuel des esprits une dénonciation de ce genre implique les pires trahisons, la pire corruption. Un séparatiste n'a jamais rien valu, ne saurait rien valoir ; il a l'àme et le corps aussi corrompus que ces réprouvés que les Hébreux qualifiaient de « sépulcres blanchis. » L'Union, au contraire, est un mot plein de grâce, de douceur et de charme ; chacun s'empresse de l'intercaler dans sa profession de foi, d'en revendiquer le monopole -pour lui et pour son parti. La Scission, mot qui résonnait si harmonieusement, il y a quelque trente mois, aux oreilles des citoyens de Richmond, de Raleigh, de la Nouvelle-Orléans, passe aujourd'hui pour un reproche, un stigmate ou un anathème. L'expression n'est plus à la mode. Les Républicains appellent leurs ennemis les Démocrates « séparatistes »; les Démocrates emploient la même injure en parlant de leurs adversaires politiques. Chaque parti inscrit le mot « union » sur son drapeau, et ce cri de ralliement, qui part à la fois des deux camps, est de nature à jeter un peu de trouble dans les idées de l'électeur libre et indépendant dont on réclame le bulletin.

Ici même, à Richmond, dans la capitale d'un parti orgueilleux et vaincu, dans ces rues où la poudre et l'incendie ont laissé tant de noires traces, dans cette \7ille autour de laquelle les champs, inondés de sang, ne sont pas encore devenus féconds

— à Richmond, les gens sages, modérés., confiants. dans l'avenir, n'aspirent qu'à l'union. Sans doute, il en est quelquesuns qui se rattachent avec une ardeur opiniâtre aux cruels souvenirs du passé ; mais chaque jour qui s'écoule éclaircit les rangs de ces martyrs volontaires. Les jeunes gens, qui sentent qu'il leur faut marcher droit devant eux et non retourner en arrière, envisagent les choses sous un aspect plus large et plus pratique déjà. Ils voient que la bataille a été perdue, que le prix de la lutte leur échappe. L'esclavage n'existe plus. Les droits des États n'existent plus. Il faut dire adieu au rêve d'une indépendance rebelle. Les hommes que les événements ont compromis sans retour, qui comprennent que les vainqueurs ne leur confieront plus désormais aucun pouvoir politique, peuvent prêcher à leurs frères les mérites et la vertu du désespoir; mais leurs frères moins âgés reconnaissent que les bouderies et la mauvaise humeur ne pourront pas neutraliser les victoires de Sherman, de Sheridan et de Grant. En face de cette libre et forte république, à qui la lutte récente a rendu la conscience de sa puissance colossale, peu de Sudistes (me dit-on) témoignent d'autres sentiments que la joie ou la fierté devant la perspective du rétablissement de l'union. Les exceptions ne se rencontrent guère que parmi les femmes, dont les raisonnements, si nobles et si généreux qu'ils soient, manquent de logique et d'esprit pratique.

En ce moment il ne règne pas une grande émotion à Richmond. Depuis que cette ville est tombée au pouvoir des nordistes, elle a gardé l'attitude d'une fîère et froide réserve ; l'approche des élections l'a tirée de sa torpeur, et le peu d'enthousiasme qu'elle témoigne se manifeste en faveur de l'ancien drapeau. A un banquet -donné l'autre jour dans cette ville, un orateur proposa de boire « au drapeau des vaincus. »

« Chut ! Messieurs ! dit un fils du général Lee. L'heure des toasts dé ce genre est passée. Nous n'avons aujourd'hui d'autre drapeau que le glorieux étendard des Etats-Unis. Je ne combattrai plus que pour celui-là, je ne boirai plus qu'à celui-là ! »

Le ton des discussions politiques que l'on entend à Richmond me porte à croire (contrairement à ce qu'affirment les feuilles

de New- York) que le patriotisme de la Virginie n'est dicté ni par la crainte, ni par l'astuce. A mon avis — que je donne pour ce qu'il vaut — aucun désastre, aucune privation n'aurait poussé ces fiers gentlemen de la Virginie à rétablir des relations amicales avec le Nord, si la raison d'État ne les y eût engagés. Le retour de ces soldats vaincus à des sentiments plus sages semble avoir été le résultat naturel des circonstances. L'existence qui s'ouvre devant eux est une existence nouvelle. L'esclavage a disparu, et les haines provoquées par l'esclavage sont en train de s'effacer. Les hommes sont obligés de regarder la fortune en face, et il est bon qu'ils s'y accoutument sans que leur vue soit faussée par les passions qui aveuglent souvent un parti vaincu. Comment les planteurs se maintiendront-ils à leur place, non-seulement dans la grande république, mais dans la Caroline et dans la Virginie? En ce moment, ils représentent une aristocratie^ sans serviteurs. Ils possèdent de vastes propriétés; mais ils manquent de capitaux, d'usines, de navires, d'ouvriers. D'énormes dettes les écrasent. Ils n'ont guère de rapports directs avec les nations étrangères. Bien plus, dans leurs champs et dans leurs maisons, ils se voient entourés d'une population qui appartient à une race inférieure. Faut-il beaucoup d'efforts pour reconnaître que l'aristocratie anglo-saxonne du Sud pourra trouver son profit à s'associer aux citoyens anglo-saxons du Nord, dussent ces derniers imposer à l'enfant prodigue les conditions que l'on peut attendre d'un frère qui pardonne ?

Les noirs ont l'avantage du nombre ; l'esprit de corps augmente leur force. Ils aiment l'argent et savent thésauriser aussi bien que travailler. Les empêcherez-vous de s'enrichir, d'envoyer leurs enfants s'instruire dans quelque bonne école? Les empêcherez-vous d'aspirer aux emplois publics et au pouvoir? Ils s'élèveront comme individus et comme race. Le jour n'est pas loin où, dans un Etat tel que l'Alabama ou la Caroline du Sud, le planteur blanc pourra trouver difficile de distancer son concurrent noir. Lorsque ce jour viendra, les blancs n'auront-ils pas à se féliciter de s'être assuré l'appui de leurs cousins du Nord?

Dans ces provinces semi-tropicales de la grande république, les blancs s'affaissent sous le soleil, tandis que le nègre conserve toute sa vigueur. Le climat d'une partie du Sud est donc une cause d'infériorité pour le planteur d'origine américaine. Pendant une douzaine d'années au moins, les noirs qui, hier encore, se courbaient sous le double fardeau de l'esclavage et de la misère, seront soumis à de rudes épreuves. Ils sont attachés à la glèbe; ils n'ont ni métier, ni profession; l'instruction leur manque, ils ont très-peu d'argent et ne trouvent guère d'amis. Devant eux s'ouvre un monde nouveau où ils restent libres de travailler et libres de mourir de faim. Il leur faudra commencer par servir comme domestiques ou comme laboureurs dans la maison ou sur les domaines de leurs anciens propriétaires. Cependant certains nègres ont déjà réussi à devenir planteurs pour leur propre compte.

Voyez, par exemple, mon ami Henry Pierman, qui a établi là-bas, à Fort-Harrison , sa hutte, construite au milieu des grands champs de bataille d'où s'exhale encore une odeur pestilentielle. Comme un blanc n'aurait jamais songé à affermer une pareille propriété, madame X..., plus pauvre et moins fîère qu'elle ne l'était autrefois, n'a pas demandé mieux que de louer à Henry une partie de la forêt. La hutte se compose d'une seule chambre, que notre fermier noir habite avec sa femme (une négresse fort avenante), ses quatre petits moricauds et une couvée de volailles. Henry avait vécu dans l'esclavage jusqu'au jour où Grant, se frayant un chemin à travers ces lignes formidables, a brisé les fers de la race asservie. Heureusement pour Henry, il avait servi chez une de ces riches familles virgïniennes où personne ne se croyait tenu de se soumettre aux lois. Une de ses jeunes maîtresses, par désœuvrement plutôt que par philanthropie, lui avait appris à lire. Fille du gouverneur de la Virginie, elle se moquait de la policé et des magistrats. Henry lut donc la Bible et embrassa les croyances de la secte protestante des Baptistes. Ainsi que la plupart de ses coreligionnaires, Henry professe des opinions fort exaltées; il croit aux rêves, aux avis qui viennent d'en haut. Il affirme avoir entendu, lorsqu'il était encore très-jeune et

vivait dans l'esclavage, une voix qui lui annonçait qu'il serait libre un jour, qu'il se marierait, qu'il aurait des enfants et exploiterait une ferme pour son propre compte, Il s'écoula bien des années avant que son rêve se réalisât; mais il pria et attendit avec patience. A la longue, Henry vit s'accomplir une promesse qui remontait presque aux jours de son enfance. Dès que l'armée des libérateurs eut pénétré dans Richmond, il quitta son maître, bien que celui-ci se fût toujours montré bon pour lui et offrît de le garder à son service en qualité de domestique. Mais la passion de la liberté parlait trop haut; il croyait entendre des voix mystérieuses qui l'appelaient à vivre dans les champs. Quoiqu'il eût déjà trois enfants à nourir, qu'il ne possédât ni capital, ni charrue, ni faux, ni semences, ni chevaux, ni matériel agricole d'aucune espèce, il n'hésita pas à s'établir en pleine forêt, sans autre aide que celui que pouvait lui prêter sa femme.

La première année de son apprentissage fut pour lui une année de dures fatigues ; mais il avait le cœur à la besogne et il se tira d'affaire. En travaillant du matin au soir, en s'imposant decruelles privations, il parvint à envoyer au marché des oignons et des tomates, un peu de blé et un peu de bois. Ce produit le mit à même d'acheter des outils et de payer son loyer en nature. A force de patience il traversa tant bien que mal les mois d'hiver. Dès la seconde année il exploita jusqu'à cent quarante arpents, et aujourd'hui il se fait aider par deux autres nègres dont l'un est le père de sa femme et qu'il a logés dans une hutte voisine. Un quart des récoltes sert à solder le loyer; le reste est partagé, en deux portions égales, entre le fermier et ses associés. Henry est intelligent, résolu et dévot; il a des visées ambitieuses, sinon pour son propre compte, du moins pour ses enfants. L'aîné ne tardera pas à fréquenter l'école ; en attendant, il travaille aux champs. Il m'a dit avec une foi naïve, qu'un ange lui avait recommandé en rêve d'élever ses enfants dans la crainte du Seigneur; — c'est pour cela qu'il veut commencer par leur apprendre à lire et à écrire.

Le champ que pourraient exploiter des Noirs tels que Henry Pierman est vaste. Les deux tiers du sol de la Virginie

ne sont pas encore défrichés. On trouve partout, dans cette belle province, — un des plus anciens États de l'Amérique, — des mines, des cours d'eau, des forêts, des houillères, dont un peuple chevaleresque et insouciant ne s'est pas avisé de tirer parti. Chaque année verra s'augmenter le nombre des fermiers noirs qui s'établiront sur ces terrains abandonnés; et lorsque les noirs se seront enrichis, lorsqu'il se seront instruits; sous quel prétexte leur refusera-t-on leur part de puissance sociale et politique? Dans quelques États ils sont très-nombreux; dans la Caroline du Sud, ils représentent plus de la moitié de la population; de sorte que cette province, isolée des autres et gouvernée par le suffrage universel, ne nommerait que des législateurs noirs, peut-être même se donnerait -elle un gouverneurafricain.En Amérique, la race noire s'accroît plus vite que la race blanche; elle finira par posséder des navires,, des mines, des maisons de banque; alors, quand elle aura accumulé l'argent et les votes, comment leurs adversaires parviendront-ils à conserver, sous un climat si énervant pour eux, leur ancienne suprématie? A moins qu'ils ne s'unissent avec leurs frères du Nord, cette suprématie, que rien ne semblait menacer naguère, ne leur échappera-t-elle pas?

Sans doute, au moment où toutes les espérances et toutes les craintes poussent le Nord et le Sud à rétablir l'union, chaque parti voudrait reconstruire la Nouvelle Amérique dans des conditions avantageuses pour lui. Privés de leurs esclaves, écrasés par leurs dettes personnelles et par la dette publique, les planteurs du Sud désirent rentrer dans l'ancienne ligue sur un pied d'égalité, sinon en maintenant leur supériorité d'autrefois. Sous l'ancienne constitution, ils étaient plus que les égaux des Nordistes, puisqu'ils votaient non-seulement pour eux-mêmes, mais pour leurs esclaves. C'est là un droit qu'ils tiendraient beaucoup à garder.

Mais les hommes d'État du Nord, enivrés par leurs récentes victoires, ne songent nullement à remettre l'épée au fourreau avant d'avoir atteint le but pour lequel ils ont combattu. Entre autres prétentions, ils ont celle de vouloir empêcher un planteur de Charleston d'obtenir à l'avenir dans les Chambres re-

présentatives plus de puissance qu'un manufacturier de Boston ou un banquier de New-York. En effet la constitution assurait au planteur de Charleston un pouvoir proportionnel au nombre des nègres qu'il possédait. La représentation législative étant fondée sur la population, cinq nègres comptaient pour trois hommes libres, et les maîtres votaient non-seulement pour eux-mêmes, mais pour leurs esclaves. Aujourd'hui, c'est à propos de ce privilège que se livre le combat politique.

Les deux partis modérés, qui rempliront les principaux rôles dans la lutte future sont le parti républicain et le parti démocratique. Les Républicains, puissants dans le Nord, ne figurent qu'en nombre inférieur dans les Etats du Sud; les Démocrates, au contraire, faibles dans les provinces du Nord, l'emportent dans le Sud; mais chaque parti a une organisation et des défenseurs sur tous les points de la République. Ils diffèrent d'avis surplus d'une question; mais leur désaccord actuel porte essentiellement sur les -garanties à exiger des États rebelles, avant de leur permettre de rentrer au congrès et d'aspirer de nouveau au pouvoir.

Les Républicains soutiennent que tous les hommes blancs des Etats-Unis, c'est-à-dire tous les électeurs, doivent être égaux devant l'urne électorale; que chacun d'eux, qu'il vienne du Nord ou du Sud, ne doit voter qu'une seule fois et en son propre nom. Quant aux nègres, ils n'en tiennent pas compte; à leurs yeux, les noirs sont des mineurs, des femmes — ils n'ont ni le droit de voter ni le droit de faire les lois. Or on ne saurait effectuer un changement de ce genre qu'après avoir d'abord amendé la constitution qui a fondé la puissance représentative sur le chiffre de la population. Les noirs font partie de la population ; et leur présence dans le Sud a donné un avantage politique à leurs maîtres. Il se peut que, dans la vieille Amérique, les planteurs aient convenablement représenté l'esprit des nègres, si toutefois les nègres avaient des opinions et des passions politiques; mais cette vieille Amérique ayant disparu sans retour, le planteur ne peut plus répondre pour son esclave, et le droit que lui donnait l'ancienne loi de voter au nom du nègre doit être aboli. Désormais, tous les blancs devront rester

égaux devant le scrutin; à cet effet, les républicains ont rédigé un projet de loi qui amende la constitution en tant que les élections au congrès s'appuyeront dorénavant sur le chiffre des citoyens qui prennent part au vote, non sur le chiffre de la population. La majorité du nouveau Congrès acceptera certes ce projet de loi.

Les Démocrates, de leur côté, déclarent que tout amendement à la constitution est une mesure illégale, révolutionnaire et inutile. Ils disent — et ils ont raison en théorie — que la représentation doit être fondée sur le chiffre de la population, sur un fait positif, facile à vérifier, et non sur un caprice, sur une convenance passagère, sur une loi locale que l'on peut promulguer aujourd'hui et abroger demain. Ils acceptent la doctrine proclamée par les républicains modérés, doctrine qui établit que le nègre, dans l'état d'ignorance où il se trouve, n'est pas encore capable de voter. Mais ils ajoutent que, puisque le noir n'a pas le droit de présenter son bulletin, on doit permettre à ses voisins plus libéraux et plus éclairés de le remplacer, ainsi que cela se pratique dans certains pays de l'Europe. Les Démocrates grâce à cet argument paraissent s'appuyer sur la constitution; mais il est facile de voir que leurs raisonnments contre le projet de loi sont vicieux et erronés. Le président Johnson et les membres du cabinet de Washington sont opposés à l'amendement.

Chacun des deux partis trouve jusqu'à un certain point des adhésions dans le camp opposé. Par exemple, les radicaux du Nord regardent tout changement apporté à la constitution comme illégal et inutile; ils déclarent, avec les Démocrates, que la représentation nationale doit avoir. pour base le chiffre réel de la population et non celui des votants; ils s'accordent avec les républicains pour affirmer que tous les blancs sont égaux devant le scrutin ; mais ils vont à l'encontre des deux partis en soutenant que le noir doit voter aussi bien que les blancs. De même, les modérés du Sud, tout en défendant beaucoup de doctrines que le Nord repousse, ne semblent pas éloignés d'accepter l'égalité de droits proposée par les Républicains. Dans les provinces du Sud les amis de la paix sont peut-

être les plus nombreux; mais le président Johnson et ses agents ont si bien encouragé les ennemis fanatiques de tout compromis, que les classes qui possédaient autrefois le pouvoir écou» tent avec impatience les conseils calmes et raisonnables.

Il ne faut pas trop se hâter de juger ces partis, car on risquerait de se montrer injuste envers eux. Il est tout simple que le Sud, après avoir perdu tant de monde sur les champs de bataille, se croie le droit d'exiger beaucoup et de profiter de la division qui règne dans les conseils de ses ennemis.

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