ROUES
dues, qui prennent un éclat tout particulier quand les familles de chefs en sont les héros; il en est de même pour l'entrée en fonction d’un nouveau chef de village ou de tribu. D’autres festivités se rattachent à l’agriculture: début des plantations, récolte des premiers fruits de la terre etc., d’autres encore, très nombreuses aussi, ont pour cause des commémorations de décès.
Ces fêtes, appelées « pilou-pilou »
peuvent durer une semaine entière et elles sont à peine terminées dans un village, qu’un autre en annonce de nouvelles. Dans les grandes occasions, amis et connaissances viennent souvent de très loin etsont répartis par tribu dans des cases construites à cet effet. De copieux repas et des danses interminables forment le programme essentiel de ces festivités.
Nous avons eu l’occasion d’assister à l’une de ces fêtes dans un village voisin d'Oubatche, à Diaoué. Elle était donnée, nous ne savons trop en quel honneur, par un vieux Calédonien de cette tribu. La danse se déroula de la manière suivante: Deux jeunes gens, placés en face l’un de l’autre chantaient une mélopée monotone; debout, autour d’eux, des hommes et des garçons frappaient avec violence l’un contre l’autre, des battoirs faits d’écorce enroulée (fig.
21) et accompagnaient ce bruit assourdissant de sifflements aigus. En outre, Fig.23. Bourse avec chaîne un jeune homme, placé près d’eux, frap- de monnaie de coquillages.
: Oubatche. Longueur 17 cm.
pait la terre en cadence au moyen d’un long tube de bambou. Autour de cet orchestre infernal déambulaient les participants, rangés en cercle et avançant à petits pas, tantôt isolés, tantôt par groupes de deux ou trois. Les jambes un peu courbées, les genoux légèrement fléchis, ils se dandinaient en marchant, balançant leurs hanches et faisant entendre des siffle-
Fig 24. Pieux pour travaux agricoles, Kanala et Hienghène. Longueurs no een: